Les Nouvelles

mercredi 26 juillet 2017

Interview avec Sandjiri


Au détour d’une ruelle jouxtant la route nationale à hauteur du Lycée Malick Sy, ThièsActu voit garer deux véhicules avec des haut-parleurs sur l’un et sur lesquels sont postés des affiches. Votre serviteur s’avança et interpella les trois messieurs qui semblaient être sur le point d’investir la ville. Après les samalecs d’usage, nous demandons sur quelle coalition sommes-nous tombés. Que non ! Il s’agit plutôt de la société civile, répondirent nos interlocuteurs, en chœur. Et pour parler de leur organisation, ils pointèrent un vieux, la soixante révolue, sur l’autre côté de la ruelle. Lui se nomme Baye Sandjiri Mbodj, un des organisateurs du programme MA CARTE, MA VOIX. Il se montra très disponible et s’excusa auprès de son ami avec qui il discutait pour « justement cinq minutes ». Entretien éclair !

Vous êtes de quelle société civile et que faites-vous concrètement?

Nous sommes un groupe de personnes, de société d’organisations recrutées pour faire un travail de sensibilisation financé par le PAPES. Le PAPES est un Projet d’Appui au Processus Electoral au Sénégal supporté pratiquement par l’Union Européenne

Ce projet PAPES est financé à hauteur de combien ?

Non ! Là ce sont  des choses sur lesquelles je n’interviens pas. Donc ici notre projet est très simple. Dans un premier temps, notre mission est d’amener les populations à aller s’inscrire dans les commissions pour avoir leurs cartes d’identité et d’électeur. C’est la première phase. Après le 26 Mai, nous sommes sur la deuxième phase qui consiste à demander aux inscrits d’aller retirer leurs cartes pour pouvoir voter. Nous sommes présentement sur cette phase qui doit se terminer le 30 Juillet, le jour du scrutin. Nous devons faire ce travail de sensibilisation car jusqu’au jour du vote, il est autorisé aux populations de retirer leurs cartes et d’aller voter.

Et le rythme de retrait des cartes, le jugez-vous satisfaisant ? L’on a constaté beaucoup de lenteurs dans la distribution.

C’est selon les départements. Et c’est très intéressant. Par exemple, on a été à Kayar et là-bas il ne restait que 500 cartes en souffrance au niveau des commissions. A Thiès il y a un peu de lenteur, c’est vrai. Nous y menons un vaste travail de sensibilisation pour que les populations aillent retirer leurs cartes. Là, nous entrons dans notre quatrième mois de sensibilisation citoyenne. Nous travaillons en collaboration avec les préfectures et les sous-préfectures. A chaque étape, elles nous font l’état des lieux et nous les retournons des recommandations au besoin.

Vous intervenez partout dans le pays ou uniquement à Thiés ?

Nous intervenons uniquement dans la région de Thiès et dans tous ses trois départements. Et je puis vous dire qu’il y a une collaboration parfaite entre l’administration et nous et avec les commissions également. La collaboration se passe bien. Et nous sommes interpellés de partout par les populations qui veulent qu’on leur dise où se trouvent leurs cartes. Et sur cet aspect précis, deux situations se sont posées. Pour la première, il y a les cartes qui ne sont pas encore retirées et qui sont bien disponibles dans les commissions de retrait. Et la deuxième concerne celles qui ne sont pas du tout acheminées dans lesdites commissions. Là, nous constatons quelques lenteurs. Mais nous pouvons rassurer les citoyens en leur disant que leurs cartes seront disponibles au plus tard le jour du scrutin. Au moment où je vous parle, les cartes viennent avec un rythme assez intéressant. Sans donner l’impression de défendre l’administration. Soyons très clairs. Je ne la défends pas. Je pense justement qu’il faille lui faire confiance, d’être un peu plus patients et de ne point se décourager.

Vous parlez d’administration. Quel commentaire vous inspire l’affaire des jeunes sur qui l’on a trouvé des cartes d’identité biométriques ?

Non sur cette question-là je ne me prononce pas. Je ne suis assez informé pour le faire. Et donc, comprenez que je ne puisse faire de l’interpellation. Mais ce que je peux dire est qu’il est possible qu’il y ait eu des couacs. En tout cas, que les gens règlent leurs problèmes. Ici à Thiès, nous sommes dans la sensibilisation. (…)

Avez-vous, dans le cadre de ce projet que vous dites dérouler, eu à gérer des cas de difficultés de retrait de cartes auxquels vous avez pu régler, ici à Thiés par exemple?

Ce n’est pas spécifiquement notre travail. Nous sensibilisons et demandons aux gens d’être patients et compréhensifs. Nous attirons aussi l’attention des populations thiéssoises sur la nécessité de voter dans la paix et dans le calme. Qu’elles s’habillent bien le jour du vote, et qu’elles aillent voter tout en respectant les queues devant les bureaux de vote et éviter de se laisser entrainer par les politiques. Il ne faudrait pas que les politiciens les divertissent…

Un mot sur la presse locale. Comment voyez-vous son travail, et plus particulièrement celle en ligne ?

La presse locale a sa place dans ce processus. C’est un cadre d’informations.  Cependant, elle doit éviter les glissements. Qu’elle comprenne que la situation est très sensible. Si elle se limite à informer juste et vrai comme on dit, c’est bon. Qu’elle évite vraiment d’entretenir la tension car elle est déjà très tendue ! Si le pays s’embrase, tous, nous allons en pâtir.

Réalisé par Ndiaga NDIAYE
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