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samedi 10 novembre 2018

DÉVELOPPEMENT ECONOMIQUE - Le fiscalisme utopique d’Ousmane Sonko

DÉVELOPPEMENT ECONOMIQUE - Le fiscalisme utopique d’Ousmane Sonko
L'objectif poursuivi par toute société est d’atteindre le développement, c’est-à-dire la recherche du mieux savoir, du mieux valoir et du mieux être de tous ses membres, pour ne pas dire, à l’image de Senghor‘’le développement de l’homme, et de tous les hommes‘’.

C’est à ce titre que tous les économistes et hommes politiques véritables, en dehors des nihilistes politiciens critico-utopistes à l’image d’Ousmane Sonko, prônent la croissance économique ou l’accroissement des richesses comme l’unique moyen d’atteindre le développement. Plusieurs études sur la fiscalité, notamment celles de la banque mondiale, confirment  le rapport qui existe entre la pression fiscale et la croissance économique, au sens où une pression fiscale faible est sensée stimuler la production en  augmentant les incitations à épargner, à investir ; à travailler et à innover. En effet, les pays faiblement industrialisés (l’épargne intérieure étant faible et les capitaux rares) qui ont le meilleur environne- ment des affaires, imposant notamment la charge fiscale effective moyenne la plus faible aux entreprises, aux ménages et sur les marchandises importées, ont enregistré un taux de croissance réel du PNB nettement supérieur à celui des pays plus lourdement imposés. Il est clair, s’agissant du cas du Sénégal dans le contexte mondial actuel, que le relèvement du pouvoir d’achat des consommateurs par une baisse de l’impôt sur les revenus des travailleurs avec l’arrivée du président Macky Sall au pouvoir en 2012, la baisse des prix sur l’énergie notamment, occasionnant un taux d’inflation presque nulle sur la période, le tout combiné à l’attractivité progressive de l’économie par des réformes sur l’environnement des affaires qui a favorisé l’afflux de capitaux importants dans notre pays pour le développement des infrastructures et la création de parcs industriels et technologiques, ainsi que la détaxation sur le matériel et les intrants agricoles, a indubitablement permis une croissance économique régulière et progressive atteignant 7% en 2017 avec de bonnes perspectives d’une viabilité indéniable de la dette et de résilience aux chocs exogènes. C’est pourquoi, en dépit du renchérissement de l’or noir dans le marché mondial et des nombreux défis à relever, le Sénégal est parvenu à stabiliser les prix intérieurs ; nonobstant une conjoncture inflationniste internationale difficile. Cette orientation à travers le PSE qui est un cadre de cohérence des politiques publiques, basé sur un modèle dynamique et adossé à la réalité et ses possibilités d’évolutions, vise la transformation structurelle de l’économie réelle par l’augmentation des richesses au moyen de l’investissement productif et de la maitrise de l’inflation. Il faut  faire remarquer que la démarche facile critico-utopique contre le PSE prôné par Ousmane Sonko, s’indexe dans le sens inverse, (il prend toujours le contre-pied), c’est-à-dire, sur l’aggravation de la pression fiscale avec le relèvement des taux d’imposition (comme si nous étions dans une économie autarcique alors que nous sommes insérés dans des zones économiques communes), sur la suppression des exonérations et des subventions,obérant la propension des agents économiques à exister, à produire, à transformer, à consommer et à exporter. Au demeurant, les productions agricoles record enregistrées en 2018 de plus de 50% de la moyenne des cinq dernières années et attestées par la FAOetle CILSS, démontrent, si besoin en était encore, que la situation économique progresse fortement avec plus de trois millions de tonnes de céréales et un million cinq cent milles tonnes d’arachide, augmentant sensiblement la contribution du secteur primaire à la formation du PIB.

C’est dire que l’approche du développement économique d’Ousmane est totalement utopiste avec ses solutions imaginaires hors contexte, irréalistes, pour ne pas dire populistes ou démagogiques, se basant non pas sur une analyse approfondie, mais, sur la stigmatisation pour susciter l’émotion, la peur en utilisant la rhétorique simpliste et essentialisante pour s’exprimer.

Nous vivons dans une époque de pleine mondialisation et le Sénégal, avec ses quatre millions de travailleurs émigrés dont la contribution au PNB dépasse aujourd’hui la moitié de notre budget national, a, de tout temps, depuis le commerce transsaharien de la gomme arabique, été une économie ouverte,d’autant que nos situations de micro états dans un marché intérieur étriqués et non porteur, nous commandent a avoir des politiques intégratrices dans le cadre sous régional, régional, continental et mondial. Nous pensions qu’Oumane Sonko pouvait se tromper lourdement de bonne foi, du fait de son inexpérience politique pour n’avoir pas fréquenté les écoles de parti politique, consécutive- ment sa formation de chasseur d’impôt qui lui a inculqué une déformation professionnelle ‘’du tout impôt’’ qui tue l’économie.

Mais, lorsque le politicien en position de conquête est tout tendu vers un agir sur l’autre à des fins d’adhésion en piétinant l’éthos de crédibilité et en privilégiant l’éthos d’identification par un jeu sur l’ignorance des populations, de sorte que le citoyen adhère, non pas en toute connaissance de cause,mais,par enthousiasme, il en résulte que la vérité se trouve piégée et la manipulation de l’opinion devient une méthode. Nous nous apercevons de l’existence d’une pensée dans laquelle sont transposées des représentations imaginaires qui relèvent de l’improvisation et du romantisme.

A ce titre, la préoccupation fondamentale de l’homme qui se croit «surhumain» restera toujours de tenter de démontrer une position dominante dans l’action collective qui le place devant une posture permanente à la marge des réalités. Si bien que, la volonté politique qui en résulte s’écarte de l’ambition de réaliser des sauts qualitatifs pour dériver vers un culte de la personnalité,traduisant bien une faculté chez eux, que tout ce dont ils ne sont pas les auteurs n’est point pertinent, ou, à tout le moins, insuffisant. En effet, le mode opératoire consécutif à cette forme de pensée à la base d’un style particulier de l’homme politique, s’articule à travers l’existence d’un reflexe primaire nihiliste qui se traduit par la remise en cause systématique de réalisations accomplies par les autres, sans la matérialité d’une alternative crédible de substitution.

Jacques Attali disait que ‘’l’histoire moderne a montré que les approches critico-utopistes avec des solutions irréalistes et irréalisables, sont mères de toutes les dictatures’’ pour ne pas dire du totalitarisme et leurs auteurs apparaissent comme des messies ou sauveurs issus d’une génération spontanée en se servant du nihilisme,de la désinformation et de la victimisation, alors qu’ils sont les prototypes même de la réaction et de la surenchère, comme disait Lénine à l’endroit de Trotskien avertissant l’opinion de se méfier des beaux parleurs. Comment peut-on aujourd’hui, sur des bases imaginaires, dans ce jeune Etat du Sénégal, après avoir été le produit de l’école publique sénégalaise, tirer sur les pères fondateurs qui ont lutté contre la balkanisation de l’Afrique, l’indépendance de nos Etats, la construction nationale, le développement économique et l’intégration africaine (UEMOA, CDEAO, OMVS, OMVG, CILSS etc.) ?

Comment peut-on souiller gratuitement la mémoire de Senghor,de Mamadou Dia qui était très lié à Senghor contrairement à ce que dit l’homme de la rue et invectiver Abdou Diouf et Macky Sall.C’est rien comprendre du mode logique l’histoire et de la relativité du temps par le sur-dimensionnement de son égo sur des présupposés invraisemblables d’auteurs, la plupart du temps, issus d’une génération spontanée sans un cursus honorable et qui profitent de la misère actuelle de la pensée,de la crise de la démocratie avec les excès de liberté d’opinion, d’expression et de la prégnance des réseaux sociaux pour développer un discours politique basé sur l’intolérance, le nihilisme, la désinformation, l’irrespect, la haine et la victimisation.

Même Abdoulaye Wade doté d’un cursus politique et intellectuel formidables qui avait voulu réinventer la roue, en a fait les frais, à fortiori des débutants en politique pressés d’arriver au pouvoir suprême, sans un cursus véritable. Il faut être véritablement d’une époque antique ou d’une malhonnêteté intellectuelle à nulle autre pareil pour prôner l’autarcie économique, le nationalisme et le protectionnisme pour nos micros Etats à faible revenu et à forte croissance démographique dans un monde de plus en plus transfrontalier comme l’annonçait d’ailleurs le président Senghor au siècle dernier,dans négritude et civilisation de l’universelle (...)

Kadialy Gassama Economiste
Liberation



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