Les Nouvelles

jeudi 8 novembre 2018

Les dessous de l'affaire Sde-Suez: Comment la Sde s’est noyée dans ses calculs

La polémique sur les résultats provisoires de l’appel d’offres international enfle. A y regarder de près, elle est, à n’en point douter, la résultante du refus du pouvoir actuel de proroger une nouvelle fois le contrat d’affermage qui lie la Sénégalaise des Eaux (Sde) à l’Etat du Sénégal.
Les dessous de l'affaire Sde-Suez: Comment la Sde s’est noyée dans ses calculs
Une prolongation du contrat d’affermage  qui a eu ses farouches défenseurs. Sensite.sn a d’ailleurs appris qu’un intense lobbying a été mené  pour faire rempiler la SDE sans appel d’offres !  Et ce, il y a trois ans au moyen d'un Memorandum of Understanding (MOU) ou plus prosaïquement, Mémorandum d’Entente. Un  accord bilatéral sur une action commune. Ce texte peut faire office de contrat.

« Seulement, ce protocole exclut le principe de la libre concurrence » nous apprend-on. En clair, si les pouvoirs publics avaient suivi la SDE, nous n’aurions pas connu cette présente situation tout simplement parce qu’il n’y aurait pas eu d’appel d’offres. Et naturellement, la Sde aurait le champ libre sans concurrent.

Le faux argument du contexte…
Les autorités de cette société ont voulu mettre en avant le contexte politique « très peu favorable ».  Ce qui est un argument remis au goût du jour par les promoteurs « d’une entente avec l’exploitant dit historique. »

En 2006, le contrat d’affermage de dix ans prenait fin. Un appel d’offres devait être lancé. Cela n’a jamais été le cas. Le contexte pré-électoral a été évoqué pour proposer à l’Etat une prolongation du contrat pour une durée de cinq ans. Le pouvoir de Me Wade a préféré cette reconduction qui, selon ses « promoteurs », lui garantissait une stabilité. Remettre en cause le contrat d’affermage devenait une cause de fragilité pour le secteur. L’eau étant une ressource très de grande nécessité, le pouvoir a été très sensible à l’argumentaire de la stabilité. Les mêmes arguments ont produit les mêmes résultats en 2011.

En 2018, le désaveu
En 2018, le Sénégal se retrouve dans le même contexte préélectoral : l’élection présidentielle de février 2019. Pis, il y a eu les dysfonctionnements en matière d’alimentation en eau potable dans la période mai-juillet 2018. La fin des travaux de renforcement du système de protection de l’Usine Keur Momar Sarr et la mise en service du nouveau pôle de production de Bayakh ont beaucoup soulagé le régime.

Durant ces perturbations, la question de l’eau a alimenté le débat politique.  Ils étaient nombreux à  prédire la fin du régime à cause de la pénurie.  Ils étaient nombreux les lobbyistes à  chercher à amener le Président de la République à poursuivre la collaboration avec la SDE au nom de la stabilité de son régime.

Macky inflexible
Macky Sall n’a pas été convaincu: « Un appel d’offres et rien d’autre ! », martèle-t-il.  Et le processus est enclenché. Un dossier d’une  complexité telle qu’il a connu des demandes d’informations du Comité Technique d’Evaluation aux candidats d’une part et, d’autre part, de la Direction Centrale des Marchés Publics (DCMP) au Comité Technique.

La sortie de trop…
La sortie du Conseil d’administration de la SDE sur la longue attente est perçue par certains comme un élément ayant accéléré la publication de l’attribution provisoire. Pour d’autres, sachant la décision imminente, la CA a voulu exercer une pression sur les pouvoirs publics, pour simplement annuler la procédure qui ne lui était pas favorable. 

C’était peine perdue. Suez est dans la place. Maintenant, l’enjeu pour les Sénégalais, c’est de préserver les acquis et l’existant tout en apportant de nettes améliorations dans la distribution de l’eau. Sans hausse du prix. En préservant le personnel de désillusions.





Sensite
 



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