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jeudi 1 novembre 2018

Plaidoyer pour que le leader du Pastef, M. Ousmane Sonko renonce à son projet de voyage au Qatar ( Par Djily Mbaye FALL )

Plaidoyer pour que le leader du Pastef, M. Ousmane Sonko renonce à son projet de voyage au Qatar ( Par Djily Mbaye FALL )
L’axe diplomatique Dakar-Doha, jadis l’un des plus dynamiques de la coopération Afro-Arabe, connaît, dans ses derniers développements, un froid. En effet, malgré un réchauffement né du choix de Dakar pour marquer la première étape de la tournée ouest africaine de l’Emir, il y a moins d’un an, et qui a débouché sur la signature d’importants accords entre les deux pays dans les domaines de la Jeunesse, de la Culture et des Sports, la coopération Sénégalo-Qatarie subit les vicissitudes de la vie politique endogène après avoir survécu heureusement à celle exogène.

Cette tension récente serait due au fait que M. Ousmane Sonko, candidat à la présidentielle de 2019, ait annoncé publiquement sa prochaine visite à Doha pour rencontrer l’ancien Président Abdoulaye Wade. Ce qui aurait irrité Dakar qui, semble-t-il, menace de rompre ses relations diplomatiques avec Doha, si le Qatar continue de paraître le site d’hébergement de l’opposition.

A défaut de pouvoir influer sur cette décision annoncée du pouvoir et sachant pertinemment que M. Ousmane Sonko que je ne connais que de loin, uniquement à travers la presse, a le droit le plus absolu d’aller où bon lui semble en tant que citoyen libre de tous ses mouvements, je me résous à faire appel à son sens de la citoyenneté et surtout à son sens du patriotisme, slogan de son parti politique, pour lui demander de préférer sauvegarder la coopération sénégalo-qatarie, un meilleur choix.

D’autant plus qu’à l’ère de la mondialisation, il n’est pas nécessaire de se déplacer d’un point A à un point B pour communiquer. Le téléphone, le fax, le mail, la video conférence, whattsap etc sont autant d’outils, connus de tous, qui facilitent la correspondance.

Partant du fait que la délivrance de visa est du seul ressort de l’autorité diplomatique, il est évident que si M. Ousmane Sonko en fait la demande, l’ambassadeur du Qatar pourrait bien lui délivrer le sésame, non pas à cause de la lourdeur ou de la légèreté de son poids électoral mais pour ne pas donner au régime, l’impression qu’il peut empiéter sur son domaine réservé. Ce qui est légitime en tant que représentant d’un pays souverain.

Face à cela, le Chef de l’Etat Macky Sall pourrait tout bonnement rompre les relations diplomatiques avec le Qatar pour que la République, qu’il aurait engagée par sa parole, ne perde pas la face.

Le Qatar, avec un PIB par habitant le plus élevé au monde, devant même le Luxembourg, sous commandement d’un officier supérieur de l’armée formé à la prestigieuse académie royale militaire de Sandhurst au Royaume-Uni, est un Etat résilient qui peut se passer de la coopération avec le Sénégal, si l’on s’en tient uniquement au boycott des pays les plus puissants du monde arabo-islamique à son encontre et qui, loin de l’avoir tué, l’a rendu plus fort.

Le Sénégal qui est très digne, peut aussi se passer du partenariat avec le Qatar. Cependant, le fait que le Qatar détienne le plus grand gisement de gaz naturel au monde  (North Dome), accueille sur son sol le siège du Gas Exporting Countries Forum (GECF) dont il assure aussi le secrétariat permanent et que deux de ses ressortissants Dr. Mohammed Bin Saleh Al Saada et Ali Mohamed Jaidah aient été, pour le premier, Président de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole, organisation surnommée « le cartel » par les altermondialistes, et le Secrétaire Général pour le second, doivent faire réfléchir à deux reprises un homme politique, de surcroît candidat à la présidentielle d’un pays, sous peu exportateur d’hydrocarbures, quant à l’opportunité d’un voyage susceptible d’entrainer une rupture des relations diplomatiques entre l’Etat dont il aspire présider aux destinées dans quatre mois et un émirat aussi stratégique que le Qatar.

Je sais que le Sénégal, basculant prochainement dans l’exportation d’hydrocarbures dont l’environnement est qualifié de conflictogéne par les experts, aura besoin de soutiens pour ne pas être lésé lors des variations du prix du baril de pétrole. Aussi, pour mieux défendre ses intérêts au sein du « cartel » lors des négociations débouchant sur la fixation du prix des produits dérivés, notre cher pays, débutant dans ce milieu, aura besoin d’alliés expérimentés comme le Qatar, membre de l’OPEP depuis 1961, soit un an après la création de cette organisation.

Donc par réalisme face à tous ces enjeux géostratégiques qui auront des liens directs avec la gestion vertueuse des ressources naturelles dont certains membres de l’opposition ont fait leurs principaux axes de communication et compte tenu du fait que le pétrole et le gaz découverts réorienteront forcement la politique étrangère du Sénégal définie par Président de la République, poste qu’ils briguent, je demande solennellement à M. Ousmane Sonko que je n’ai jamais rencontré ainsi qu’aux autres candidats à la présidentielle qui projettent de se rendre à Doha, de renoncer à leur voyage au Qatar.

Etat qui est au cœur de la géopolitique du pétrole et du gaz. Au-delà des considérations précitées, je fais ce plaidoyer au nom de l’amitié pure et sincère entre deux peuples frères, membre de la Oummah Islamique et de la Francophonie, ceci pour encourager la préservation du bien commun qu’est la coopération sénégalo-qatarie.

Je saisis cette occasion pour demander à tous les acteurs de la société civile diplomatique, principalement à M. Benoît Ngom, fondateur de l’Académie Diplomatique Africaine (ADA) et à M. Babacar Socrate Diallo, DG du Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques (CEDS), Président de l’Institut Africain de Géopolitique (IAGEO), de bien vouloir porter ce plaidoyer, au bénéfice des générations futures.

Ainsi, par cette sensibilisation des hommes politiques, je me suis acquitté, devant l’histoire, du rôle qui, parmi quinze millions de Sénégalais, m’incombe en premier, puisque dépositaire de la charge de Président de l’association « Cercle d’Amitié Sénégalo-Qatari », fonction que j’essaie d’assumer dans sa plénitude.



Par Djily Mbaye FALL, Active Global Citizen.
Directeur du Think Tank « Observatoire de la Coopération Sénégalo-Qatarie »
djilymbayefall@gmail.com



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