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jeudi 8 novembre 2018

Présidentielle 2019 - Onze prétendants thiessois sur la ligne Départ : La main de Macky Sall soupçonnée derrière certaines candidatures

Présidentielle 2019 - Onze prétendants thiessois sur la ligne Départ : La main de Macky Sall soupçonnée derrière certaines candidatures
Onze « potentiels » prétendants à la succession du Président Macky Sall !

C’est le record battu par la ville de Thiès. Des candidats à la candidature pour la présidentielle de 2019, présentés par le 3e vice-président de l’Assemblée nationale, Abdou Mbow, comme étant des « chasseurs de voix » et tous issus de la circonscription électorale et base naturelle de l’ancien Premier ministre et leader du parti Rewmi, M. Idrissa Seck.

Déjà, dans la ville aux-deux-gares, la compétition fait rage. Une compétition dans laquelle beaucoup de Thiessois entrevoient une « grosse farce », tout en soupçonnant certains candidats d’« être à la solde du tenant actuel pouvoir dont tout le rêve est de conquérir l’espace politique de la cité du rail ». Ce, afin de « réussir là  son prédécesseur, Me Abdoulaye Wade, a échoué, à savoir humilier Idrissa Seck dans sa ville ».

L’ancien Premier ministre et ancien maire de la ville est naturellement le premier challenger du Président Macky Sall après deux tentatives infructueuses contre son « père putatif », l’ancien président Abdoulaye Wade.

Il s’aligne pour la troisième fois sur la ligne de départ d’une élection présidentielle. Présenté comme le principal adversaire du candidat Macky Sall, le rewmiste en chef devra cependant batailler ferme pour conserver et consolider sa posture hégémonique dans sa base naturelle, Thiès, avant de penser à un sacre qui lui ouvrirait les portes du Palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor.

Une ville où le président de Rewmi, perçu comme « l’homme le plus craint du pouvoir actuel », bénéficie toujours d’une grande popularité. Le concepteur des célèbres « marches bleues » ayant abouti à la victoire de Me Abdoulaye Wade, en 2000, draine toujours un monde fou à chaque fois qu’il se déplace dans la ville dont il fut le premier magistrat. Il galvanise les foules thiessoises, qui lui conseillent de ne pas faire attention aux « manœuvres d’intimidation » du pouvoir.

Des Thiessois qui n’ont pas de mots assez durs pour fustiger ceux-là qui « usent de tous les moyens de pression dont ils disposent, dans une logique d’écarter définitivement de sérieux rivaux  de la course à la présidentielle ». En tout état de cause, partout où il passe, dans tous les coins et recoins de la cité aux-deuxgares, « « Ngorsi » est accueilli en « héros » par des populations plus que jamais engagées à ses cotés. Des Thiessois qui entendent par là, faire savoir à leur ancien maire qu’ils sont  « insensibles » aux « manœuvres d’intimidation » de Macky Sall qui chercherait à « atteindre Idrissa Seck ».

Idrissa Seck face à la pléthore de candidats

Ce, pour dire toute la lourdeur de la tâche qui est celle du patron de Rewmi face à la  pléthore de candidats qui, à juste titre, disent avoir les mêmes droits que lui dans la capitale du Rail.

Incontestablement, le plus sérieux des rivaux de « Mara », c’est son deuxième successeur au poste de Premier ministre, Cheikh Adjibou Soumaré. L’ancien président de la Commission de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), même s’il dément être le plan B du Parti Démocratique Sénégalais (Pds), a su à tisser sa toile dans ladite formation politique du temps de son séjour à la Primature. Ce, à travers un mouvement de soutien au président Wade, que le leader de la coalition Démocratie et République/Adjibou 2019 va certainement remettre en service pour en faire son point d’ancrage dans sa base naturelle.

Ce, avant de travailler à l’élargissement et la massification de cette dernière sur le territoire national et au-delà.

Un travail qui, selon nombre d’observateurs de la scène politique à Thiès, pourrait « s’avérer quelque peu aisé si le Pds n’arrive pas  à imposer la candidature de son leader Karim Meïssa Wade». Certains de ses partisans soutiennent même que, tout comme Idrissa Seck, Cheikh Adjibou Soumaré serait en droit de se réclamer comme un héritier légitime de Me Abdoulaye Wade. 

Thierno Alassane Sall dans la course

Un autre candidat thiessois, héritier de l’ex-président de la République libéral, c’est Omar Badiane, ancien responsable de la Cellule initiatives et stratégies (Cis) du Pds et actuelle tête de pont du Parti alternatives sénégalaises. Il est, lui aussi, un des prétendants d’origine thiessoise qui se sont abreuvés à la source du "Wadisme" et n’entend pas céder le moindre pouce de terrain à Idrissa Seck, qui se considère comme l’actionnaire principal du Pds, encore moins à Macky Sall, actuel tenant du pouvoir. Et que dire de « l’agitation » de Mamadou Dieng, ancien proche collaborateur de l’ex-président de l’Assemblée nationale, du Sénat et maire de Dakar, M. Pape Diop, leader de Bok Gis-Gis.

Ce, avec son « moribond » mouvement de soutien « Arc-enciel » qui a soutenu le président Wade durant tout son magistère et qui aujourd’hui, est tout décidé, semble-t-il, à faire face, sous sa propre bannière, à l’actuel régime. Surtout, il ne faut pas oublier dans cette même liste de Thiessois candidats à la candidature de la présidentielle, l’ancien ministre de l’Energie qui y figure en bonne place.

Thierno Alassane Sall, après sa démission de ses fonctions ministérielles, n’a pas perdu du temps pour mettre en place la « République des Valeurs » qui lui a assuré une survie politique, tout en lui donnant l’opportunité d’en découdre avec son ex-mentor. Dans sa ville natale, le fils de Djakaay Toucouleur compte tout mettre tout en œuvre pour récupérer une bonne partie de la masse militante qu’il avait mobilisée lors qu’il était le coordonnateur communal de l’APR à Thiès. Une masse qu’il tentera surtout de retourner contre son parti d’origine.

Dans le registre anecdotique figure la candidature de l’ancienne épouse du candidat Me Madické Niang, Mme Sokhna Ndèye Mbacké qui, à la tête d’une coalition dénommée Bissa Ngui Nieuw, avait battu campagne pour la coalition Benno Bokk Yakaar lors des dernières législatives. 

Ngouda Fall Kane, juge Ibrahima Deme…

Tout le contraire de la candidature de M. Ngouda Fall Kane, ancien président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), portée par son parti « Diam Ak Khéwal ».

Ce candidat, depuis son engagement dans la course à la présidentielle, multiplie les sorties contre le régime en place, allant jusqu’à proposer un « changement de paradigmes de gestion » tout en dénonçant vigoureusement le « blanchiment d’argent et la corruption qui prennent de plus en plus d’ampleur dans ce pays ».

Autre candidature encore, celle du militaire à la retraite et président de « l’Alliance Patriotique Diambar pour la République » (Apdr), Abdoulaye Fall Mao, un « blessé de guerre » et auteur du livre « Visa pour l’Enfer ». L’ancien homme de tenue se présente comme un « sérieux prétendant ».

Quant au juge Ibrahima Hamidou Dème, son engagement politique date de sa récente démission de la magistrature, qui avait fait couler beaucoup d’encre et de salive au point d’ajouter à sa renommée. Lui aussi, en tant que candidat indépendant, semble décidé à en découdre avec le régime du président Macky Sall. Il fait partie des candidats thiessois les plus connus au niveau national.

Le dernier candidat déclaré, l’aviateur Abdoulaye Ndiaye Mady, natif de la ville aux-deux-gares, leader du mouvement « Les 3 A », dit être venu pour « partager mon projet et ma vision de faire du Sénégal un pays moderne une fois élu à la tête de la magistrature suprême ».
Le secrétaire général de l’Organisation européenne de l’aviation civile, qui mise sur le transfert technologique, dit détenir donne les « clés » du développement du Sénégal une fois élu président de la République en 2019. « Je suis le candidat du transfert technologique, de l’acquisition technologique, de l’industrialisation du Sénégal ».

"Je ne crois pas à un Sénégal qui sera toujours derrière"

« Moi, qui dirige des Européens depuis plus de 30 ans, je ne crois pas à une Afrique qui est derrière et qui continue d’être derrière », laisse-t-il croire. Dénonçant un « problème de leadership du Sénégal », il soutient que « les 1200 milliards FCFA invertis dans le Train express régional (TER) sont une erreur monumentale du pouvoir. C’est 1200 milliards FCFA que nous avons donnés à Alsthom ».

Pléthore de candidats, les Thiessois parle « d’une grosse farce »

Face à cette pléthore de candidats, nous l’avons dit, de nombreux Thiessois parlent d’une « grosse farce » pour qualifier la démarche de certains candidats à la candidature à la présidentielle de février 2019.

Des candidats dont la plupart sont accusés d’être à la solde du Président Macky Sall, obnubilé par le rêve de battre Idrissa Seck à Thiès. Ils considèrent que « ce sont là des candidatures peu sérieuses, avec des discours qui ne sont que de la poudre aux yeux des Sénégalais ». Dans les quartiers de la cité du rail, beaucoup d’électeurs soupçonnent, à travers cette multitude de candidats, des « manœuvres apéristes orchestrées depuis le Palais présidentiel, à travers une opération ‘’weur ndomb’’ déroulée contre Idrissa Seck ». Selon la plupart de nos interlocuteurs, cet énième stratagème du pouvoir en place serait voué à l’échec tout comme la multitude de plans mis en œuvre par le président Abdoulaye Wade pour déboulonner « Ngorsi » dans son bastion thiessois… 



Cheikh CAMARA, Correspondant permanent à Thiès Le Temoin 

 



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