Adresse à la nation du président de Mohamed Dia Consulting Group ( par Mohamed Dia )
« Mes chers Compatriotes, 
Au seuil du nouvel an, je suis heureux de m’adresser à vous pour vous présenter mes vœux. Je voudrais d’abord, en pareille circonstance, prier avec vous pour que nos chers disparus reposent en paix. Aux malades, j’adresse mes souhaits de prompt rétablissement. Je pense à tous ceux et à toutes celles qui, face aux épreuves de la vie, méritent notre soutien agissant et solidaire…
». Macky Sall.

Combien de fois avons-nous entendu cette adresse ? Plein de fois. Nous continuons chaque année à entendre le même discours. Il est temps que nous exigions plus de notre gouvernement, car nous les élisons, nous leur donnons les moyens de leur politique, nous les entretenons, eux et leur famille, donc je pense que le minimum soit que nous puissions dénoncer ce qui ne va pas si tel est le cas.

Je me demande comment on peut faire une liste des réalisations avec fierté quand on vous donne les moyens d’en faire. Nous ne voulons pas de bilan sauf si c’est un bilan économique, car même le pire des présidents de la République du monde a un bilan à présenter, car il dispose un budget. Ce que nous voulons du Sénégal, c’est sortir de la pauvreté, développer le secteur agricole, le secteur primaire en général, créer des industries pour arrêter l’exportation de nos matières premières. Qu’on ne nous parle pas de croissance endogène quand on ne s’est pas lancé dans ce sens ! Voilà ci-dessous certaines des réalisations faites par le gouvernement en place et ce que nous en pensons.

Une croissance entre 6,9 % et 7,1 % au minimum ou le PSE sera un Plan Sénégal en Eclipse
La croissance entre 6,9 % et 7,1 % sera bien entendu annoncée dans le discours de fin d’année. Même si seul le gouvernement détient les chiffres exacts pour calculer cela, nous allons croire à ces chiffres. La raison est qu’à cause des investissements, même s’ils sont mauvais, la croissance est obligée d’être forte cependant, elle chutera, car les investisseurs privés ne vont pas avoir confiance à cause de la manière dont les ressources ont été allouées. On assiste toujours à un manque d’infrastructures nécessaires pour accueillir les investisseurs privés.
 

La note du Sénégal par l’agence Standard and Poor’s (S&P)
Le 15 juin 2018, l’agence de notation Standard and Poor’s (S&P), relève la note du Sénégal qui passe de B+ avec une perspective stable, à B+ avec une perspective positive.

Oui absolument, mais cependant "l’avis de S & P est basé sur la consolidation de la croissance au Sénégal qui devrait rester forte sur la période 2018-2021 et sur les efforts du gouvernement pour réduire le déficit budgétaire et le déficit du compte courant". Quand les investissements ralentiront, nous traverserons une période de récession au Sénégal, car nous avons mal alloué les ressources pour pouvoir attirer les investissements privés.

Quelles entreprises voyez-vous qui oseraient prendre des milliards pour investir au Sénégal dans le but de créer des emplois au Sénégal pour les Sénégalais ? La plupart du temps, si ces entreprises emploient des Sénégalais, elles finissent par en tirer plus profit à cause des exonérations fiscales, ce qui finit par peser sur nos recettes fiscales.

 
Le Train Express Régional & le BRT pour un coût global de plus ou moins 1000 milliards
Pour le TER, la représentation de l’institution Bretton Woods nous dit : « On ne peut pas faire un tel investissement alors qu’on a des zones enclavées. C’est une question qui serait difficile à gérer ».

La Banque mondiale qui a accordé la majorité du prêt du BRT, nous dit : « Le chemin de fer Dakar-Rufisque est exploité par le « Petit Train de Banlieue ” (1 % de l'achalandage). La compagnie de bus appartenant à l’Etat (DDD) exploite 23 lignes et représente 10 % des trajets quotidiens. AFTU (opérateurs indépendants organisés en 14 groupes d’intérêt économique et regroupés dans une association appelée AFTU) exploite 56 itinéraires de minibus agréé par le Conseil exécutif des transports urbains de Dakar (CETUD) et représente 50 % du voyage.

Les 40 % restants sont couverts par le mode de transport public informel « Cars rapides » et « Ndiaga Ndiaye » exploité par des opérateurs indépendants. Comme la plupart des transports publics informels en Afrique subsaharienne, leur niveau de service est médiocre et, par une concurrence déloyale, ils faussent le marché
». Cela étant dit, qu’est-ce qui arrivera à ces pères de famille, mères de famille, soutiens de famille qui travaillent dans ce secteur informel ?   
 
« Délégation générale à l’Entrepreneuriat rapide des Jeunes et des Femmes (DER), 30 milliards par an »
Entrepreneuriat rapide ?


« Indemnité de logement allouée à tous les enseignants du pays, de 60.000 CFA à 85.000 CFA ; soit une augmentation de 25.000 CFA, dont 15.000 payables à compter du 1er octobre 2018, et 10.000 à compter du 1er janvier 2019 ». 
Quelle est l’indemnité d’un député sans qualification qui dort et applaudit à l’Assemblée nationale ? Doit-on mentionner la Toyota Fortuner de 25 millions, le carburant, le crédit téléphonique, le salaire de 1.300.000 ? Encourage-t-on la population à faire de la politique, un métier ?
 

« 16 commissariats de police seront construits en 2018-2019, 10 nouvelles brigades de gendarmerie »
Dans un rapport intitulé « Étude sur la perception de la corruption au Sénégal »,  l’Ofnac a désigné la police, la gendarmerie, la santé et l’éducation comme les secteurs les plus touchés. N’est-il pas temps que le gouvernement les mette dans de meilleures conditions pour combattre la corruption au lieu de distribuer l’argent du contribuable tel un guichet automatique bancaire ?


« 113 kilomètres Ila Touba, 195 kilomètres Dakar-Saint-Louis, 100 kilomètres Mbour-Fatick-Kaolack (2019) »
Nous n’avons pas de problème avec le développement ni les routes, mais nous avons un problème avec le coût des prêts, la priorité sur les routes à réaliser. Que le Sénégal possède 32 kilomètres d’autoroutes en 52 ans, n’est pas relevant, car il y a toujours des choses qui manquent au Sénégal depuis l’indépendance.


PUDC, PUMA, Promovilles, Bourses Familiales…
Le Sénégal est en crise, les caisses de l’Etat sont vides. Si le gouvernement avait honnêtement étudié ces programmes, il serait en mesure de savoir que nous n’en sommes pas capables et essayer de trouver de l’argent d’abord. Le gouvernement fait plutôt ce qu’on appelle au Sénégal « Soul bouki Souli bouki ». La plupart de ces programmes ont des fins électoralistes, faisant qu’il y a des arriérés de paiement en ce moment sur presque tous les secteurs. 

La mise en place de la CMU pour un montant de 32,3 milliards est une chose urgente dont le Sénégal a besoin, mais parallèlement, il n’y a pas de programmes en place pour arrêter cette subvention. L’Etat ne doit pas dépenser de l’argent dont il ne dispose pas sans programme en place. Les hôpitaux n’arrivent pas à fonctionner normalement à cause de la dette qui leur est due. Si le PSE avait tout pris en compte, pourquoi alors tant de programmes d’urgence sans calamités ?

« Projet formation-école entreprise financé à hauteur de 5 430 000 000 FCFA, l’Etat soutiendra la formation de 10 000 jeunes, en versant une allocation mensuelle de 40 000 F à chaque apprenant »
Comment un Etat qui n'est pas en mesure d’être à jour sur le paiement des bourses des étudiants, causant même la mort d’un étudiant (le président Macky Sall avait promis une enquête rapide ), veuille prendre en charge 400 000 000 FCFA par mois soit 4 800 000 000 par année ?

9.538 salles de classe, 333 écoles élémentaires, 162 collèges de proximité, 21 lycées et 20 blocs scientifiques et technologiques pour 132,6 milliards de francs CFA
Et pourtant, pendant que nous faisions des dépenses somptuaires, nous avions toujours des abris provisoires. Si toutes les dépenses faites étaient prioritaires, nul n’allait mentionner ces abris provisoires, mais le fait que nous avions tendance à ne pas connaître nos priorités puis de parler de croissance endogène est écœurant.

« Quatre nouveaux hôpitaux à Matam, Fatick, Dalal Jamm et Ziguinchor, 10 nouveaux centres de santé à Maka Coulibantang, Saraya, Dianké Makha, Médina Gounass, Kidira, Koumpentoum, Pété, Samine, Goudomp et Niakhar. Huit (8) nouveaux centres de dialyse ont été construits en cinq ans pour assurer une prise en charge déconcentrée des insuffisants rénaux. Seize (16) scanners, 14 appareils de mammographie, 35 tables de radiologie numérique, 50 appareils d’échographie, 10 générateurs de production en oxygène et 3 appareils de radiothérapie ont été acquis et mis en service à travers tous les districts sanitaires du pays. »

Gouverner, c’est prévoir, le secteur de la santé au Sénégal est malade. Comment se fait-il que le Sénégal ne disposât que d’un seul appareil de radiothérapie qui d’ailleurs, était tombé en panne ? Même si nous en disposons maintenant, où est-ce que le Sénégalais lambda trouvera les moyens de se soigner s’il n’y a pas d’emplois de qualité ? Nous savons tous que la CMU ne couvre pas toutes les pathologies. Doit-on juste prier de ne pas aller « droit au mur » comme c’est le cas actuel avec l’économie du Sénégal ? Il faut une réforme du secteur de la santé, car rien ne marche dans ce secteur. Saviez-vous que le budget de la santé est de 169 milliards pendant que l’intérêt que nous payons pour le service de la dette, est de 221 milliards ?

« Le second programme d’action prioritaires du PSE, le PAP 2019-2024 : la construction de 267 postes de santé additionnels, de 22 centres de santé, de 3 hôpitaux de niveau 2 à Kaffrine, Sédhiou et Kédougou, d’un hôpital de niveau 3 à Touba, d’un centre national d’oncologie pour un montant de 48 milliards de francs CFA et d’un centre de traitement des brulés à l’hôpital de Fann à Dakar ».
Comment peut-on construire sur une mauvaise fondation ? Tout risque de s’écrouler. Nous ne soignons pas la maladie, mais les symptômes faisant que quoiqu’on fasse, on a tendance à voir que rien n’avance. Il faut reformer ce secteur avant de construire toutes ces infrastructures qui, après quelques années, ne seront plus fonctionnelles. Inaugurer, c’est bien, mais maintenir ces centres de santé et hôpitaux ouverts avec des spécialistes, est encore mieux.
 

Divers
Pour les cartes d’égalité des chances, le programme avait prévu l’impression et la distribution de 50 000 cartes en 2017, mais il s’est heurté à des contraintes et n’a pas été un succès, même si je pense qu’une intégration des personnes handicapées au lieu de ces cartes, aurait été préférable, surtout sur le plan psychologique.

Entre Dakar Aréna, l’arène nationale, le centre Omnisports et le Centre de conférence Abdou Diouf, combien de milliards ont été dépensés à des fins électoralistes ?  

Plus de 145 milliards ont été dépensés pour l’assainissement du territoire, mais on se demande si l’argent a été mis là où il fallait.

L’augmentation du budget des forces de défense et de sécurité de 93 % en 5 ans nous dit-on, mais la violence galopante au Sénégal dément cela.

Bien que l’Etat ait dépensé 65,5 milliards en bourses de sécurité familiale, 10,2 milliards pour le programme des domaines agricoles communautaires et 104, 2 milliards pour les programmes en faveur de l’emploi des jeunes et des femmes, il n’y a toujours pas d’autosuffisance alimentaire, le taux de chômage est de 47 %.  

Bien qu’il y ait eu une augmentation de 32,4 % du budget de la santé et de la prévention, le budget de la santé est toujours inférieur à l’intérêt que nous payons pour le service de la dette (169 milliards pour le budget de la santé contre 221 milliards pour les intérêts payés).

Quelle conclusion faut-il en tirer ? Le PSE n’est pas un programme économique raison pour laquelle en cours de mandat, le président a créé des programmes d’urgence non liés à des désastres naturels. Cela montre que le PSE n’a pas pris en compte ce que tous ces programmes prennent en compte. Cela démontre les limites du PSE et de ce gouvernement.

Bonne année et Dewenati.

 

Mohamed Dia, Consultant bancaire

President & CEO of Mohamed Dia Consulting Group





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