Les Nouvelles

mercredi 5 décembre 2018

Merci Sidy ! (Par Charles Faye)

Merci Sidy ! (Par Charles Faye)
TEMOIGNAGE – Les témoignages tombent. Les uns plus poignants que les autres. S’accordant tous sur une même constante. Le combat pour la démocratie de Sidy Lamine Niasse. Le président directeur général du groupe Walfadjri, disparu brutalement, mardi 4 décembre 2018, à l’âge de 68 ans.
 
Que pouvons-nous dire que ne sachent déjà les Sénégalais de ce monument qui vient de s’effondrer, pardon de se coucher, pour un repos tranquille, mérité, quand bien que nous serions transpercés de part en part, par la mauvaise nouvelle ?

Oui, que pouvons-nous dire qui ne peut être mieux dit par nos chers aînés et anciens collègues de l’école de journalisme du Mollah de Sacré-Cœur. Les Tidiane Kassé, Abdourahmane Camara, Jean Meissa Diop, Ousseynou Guèye, Ass Mademba Ndiaye, Mame Less Camara, Babacar Noël Ndoye, Saada Ndiaye, Seydou Sall, Abou Abel Thiam, Souleymane Jules Diop, Ansouma Sambou, Malick Ndao, Pape Samba Diarra, Mamoudou Ibra Kane, Alassane Samba Diop, Ismaila Aïdara, Aliou Ndiaye…

On en perd des noms.

Que Sidy Lamine Niasse était un homme de principe ! Un soldat de la démocratie ! Toujours prêt à la défendre, quitte à en perdre sa vie ! Qu’il était un militant de la liberté d’expression ! Du droit ! Afin que tout s’exprime simplement, sans chichi au nom de la liberté et du respect.

Ou alors dire ce que nous avons appris auprès de lui et géants de son école, où l’enseignement dispensait le courage d’assumer ses opinions, en second, quand on avait fini, en premier, de ne pas trahir et travestir, jamais, le factuel. Quoiqu’il en coûte.

De cette maison Walf et de ses traditions, (- faire par exemple les trois normaux à l’époque pour les bleus, un passage obligatoire – ) que nous avons eues la chance de connaître et partager un peu plus tard, avec plus ou moins de réussite, dans d’autres rédactions, nous retenons que jamais, Sidy Lamine Niasse, tout propriétaire qu’il était, n’était venu nous dire comment écrire un «papier», encore moins contre qui le «diriger».
 
Combattant dès ses premières heures adultes, l’intellectuel arabophone qui a toujours manifesté un respect pour l’autre intellectuel formé à une autre école, aimait échanger, aller à la rencontre des idées «étrangères», se «frotter» a elles, sans complexe, passionnément, intelligemment.
 
Incroyablement concerné par les causes perdues, jamais battu d’avance, Sidy Lamine Niasse, acteur essentiel de l’avènement de la première alternance politique au Sénégal, grâce à ses fameux téléphones Alcatel mis à la disposition des journalistes et étudiants, joue tout aussi bien un rôle important dans la deuxième alternance.

Le général Obasanjo, ancien président du Nigeria, appelé par Me Wade pour «vendre» aux Sénégalais l’idée du «report» de la présidentielle de 2012, n’oubliera pas de sitôt la conférence de presse convoquée par le Mollah de Sacré-Coeur. Le Nigérian prenait son avion dans les heures qui suivirent, sans demander son reste. Ce n’est pas à Sidy Lamine qu’Obasanjo allait parler de démocratie.
 
On ne la lui racontait pas au Mollah. Tout comme au cours de la fameuse rencontre à la Primature en 2005, entre éditeurs et Macky Sall alors Premier ministre. Coordonnateur du collectif des patrons de presse, Sidy Lamine Niasse s’entendait dire par liaison téléphonique et par Me Wade, absent du territoire et convaincu être donné pour mort par la presse locale, que les journalistes sénégalais étaient inconséquents, inconscients.

C’était mal connaître le Mollah : «Mais Président, jamais la presse n’a dit une telle chose. Nous sommes des responsables président et, on vous souhaite tous ici une longue vie».
Me Wade avait été mal informé.

Le Mollah de Sacré Cœur, convaincu que Me Wade interviendrait au cours de la réunion et évoquerait sa «mort» annoncée par la presse, avait prévenu.

Fin jusqu’au bout des ongles.

Des anecdotes et faits de guerre, on pourrait en dire, à noircir du papier, tant ni la gratitude ni la reconnaissance ne manquent en ce moment douloureux, qui nous rappelle ô combien nous sommes fragiles, que tout a une fin, qu’il nous faut surtout savoir donner un sens à notre vie, afin qu’elle soit utile pour les nôtres, une cause, le pays. C’était ton cas cher Sidy.

Puisse Allah te pardonner et te faire miséricorde. Qu’Il t’accorde le salut et l’indulgence, te préserve du châtiment et te fasse entrer dans le paradis
Merci. Merci pour tout !




Charles FAYE



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