Ousmane Sonko, l’irrésistible ascension d’un néo-politique
L’irrésistible ascension d’Ousmane Sonko est celle d’un homme remarqué pour son intelligence et son courage à dire ce qu’il pense. Sa popularité repose en grande partie sur le fait qu’il maîtrise avec aisance les questions énergétiques, notamment celles liées au pétrole et le gaz. L’ancien secrétaire général du Syndicat autonome (des travailleurs) des Impôts et Domaines (Said), est connu pour avoir révélé l’implication du frère du Président dans l’attribution nébuleuse de certains blocs de pétrole.
 
Avant ça, ce qui l’avait rendu célèbre, c’était aussi d’avoir révélé que les députés sénégalais ne payaient pas d’impôts. Il a dénoncé les conditions d’octroi des permis de recherche d’hydrocarbures concernant les puits Saint Louis Offshore Profond et Cayar Offshore Profond à PETRO-TIM Limited, de même que leur transmission à TIMIS-Corporation. Bref, c’est un trouble-fête en même temps qu’un empêcheur de magouiller en rond !
 
Ousmane Sonko est né le 15 juillet 1974 à Thiès, de parents fonctionnaires. Il grandit principalement en Casamance puis a fait ses études supérieures à l’Université de Saint-Louis, où il a obtenu une maîtrise en droit public en 1999. Il est entré ensuite comme major à l’Ecole nationale d’administration (Ena). A sa sortie de l’Ena en 2000, il est affecté au Centre des services fiscaux de Pikine. Trois ans après, il a créé le Said dont il est le secrétaire général d’avril 2005 à juin 2012. En janvier 2018, il sort le livre « Pétrole et gaz au Sénégal », qui est la chronique d’une spoliation, où il dénonce toute la mafia qui gravite autour de nos ressources énergétiques.
 
 Une mafia dont les parrains ne seraient autres que le Président et sa camarilla. Le 16 septembre 2018, il a publié un ouvrage intitulé « Solutions », dans lequel il livre un diagnostic des problèmes sociaux et économiques du Sénégal et décline sa vision du développement de notre pays.

Faire la politique autrement

Son projet est de révolutionner la manière de faire la politique. Pour cela, il faut, estime-t-il, sortir des sentiers battus et proposer des choses nouvelles pour ne pas dire révolutionnaires. Sa cote de popularité auprès des jeunes (garçons et filles) et chez d’autres catégories de la population, est très élevée.
 
Il est le chouchou de cette catégorie d’électeurs qui voient en lui un rédempteur. Il est le seul politique qui se déplace et qui organise des rencontres et meetings aux frais et à la charge de ses électeurs. Redoutable orateur, talentueux, sympathique et bretteur, le leader de Pastef a le don d’électriser les foules dans ses apparitions publiques.

Visage sec, regard acéré, sourire carnassier, ce ferrailleur hors-pair horrifie le pouvoir et embarrasse souvent l’opposition dans ses sorties retentissantes. Radié de la fonction publique le 29 août 2016 par décret n°22016-1239, le leader de Pastef est élu député le 30 juillet 2017. Une sorte de réhabilitation populaire. Accusé d’être un salafiste, Sonko n’a jamais commis l’imprudence d’assaisonner ses discours de versets coraniques, comme le faisait si bien Idrissa Seck pour courtiser une partie de l’électorat musulman.
 
Il sait en effet que la référence systématique aux versets coraniques dans ses discours, donnerait du grain à moudre à ses contempteurs du pouvoir qui cherchent à lui coller l’étiquette de candidat des salafistes. Malgré son talent oratoire et son éloquence et sa courte trajectoire politique non maculée, Ousmane Sonko est sous le feu des critiques acerbes de l’APR depuis qu’il a accusé Mamour Diallo, Directeur général des Impôts et Domaines, d’un détournement de 94 milliards de francs CFA.

Ceux qui parlaient de Sonko-bulle médiatique qui exploserait au contact de la réalité du terrain politique, ceux qui parlaient de Sonko-météore politique avec une existence éphémère doivent déchanter puisque, au bout d’un peu plus d’un an à peine, son ascension fulgurante inquiète en haut lieu.
 
Ce n’est pas pour rien que le pouvoir a mobilisé ses journalistes, politiciens, et godillots (peut-être demain ses magistrats), pour crucifier le leader du Pastef sur l’autel des calomnies et autres accusations tendancieuses. Mais, comme une braise allumée par le divin, le challenger de Macky Sall continue d’illuminer le chemin des Patriotes, en espérant faire face au Président-candidat au second tour de la prochaine présidentielle avant de l’envoyer chez Ardo. C’est en tout cas le plus grand souhait de ses innombrables sympathisants.





 
Serigne Saliou GUEYE (Le Témoin)



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