Lettre Ouverte au Président Macky Sall sur les propos de Moustapha Cissé Lô ( par Bourama Badji)
Dakar, le 29 janvier, 2019
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A Monsieur Macky Sall
Président de la République
du SENEGAL
Objet : Lettre Ouverte au Président Macky Sall

C’est avec un cœur meurtri que je me permets, avec déférence et courtoisie, de vous interpeller sur un sujet délicat parce que chargé d’histoires, d’émotions fortes et d’appréhensions. Monsieur le Président, considérez également que je m’adresse à vous en tant que citoyen sénégalais épris de paix et jaloux de notre idéal du commun vouloir de vie commune dans le respect mutuel et la vérité. Autant je suis farouchement attaché à la préservation de notre unité nationale, autant je m’évertuerai viscéralement à dénoncer, m’opposer et combattre tout ce qui et ceux qui, par incurie, arrogance ou mépris, implicitement ou expressément, condescendent à une hiérarchisation ethnique ou territoriale de notre peuple, de nos terroirs.

Monsieur le Président, depuis quelques temps des citoyens membres de la mouvance que vous dirigez s’emploient à la faveur du contexte pré-campagne électorale à proférer et diffuser des messages stigmatisant la communauté ethnique diola et la région casamançaise à travers une insinuation leur taxant de rebelle. Qu’un citoyen lambda l’ait dit peut à peine passer ; mais lorsque le député, Moustapha Cissé Lo, vice-président de l’Assemblée Nationale s’y met de façon aussi fracassante et spectaculaire, cela devient dangereux et révoltant. Dangereux parce que le caractère pernicieux du propos et sa généralisation aveugle constitue une menace à l’unité nationale gage de consolidation de notre devise : un peuple, un but, une foi. Dangereux parce que la posture du sieur dans l’architecture institutionnelle de notre république pourrait laisser penser qu’il s’agit de discours construit par le régime. Ce n’est malheureusement pas tout, ce discours est révoltant à tout point de vue.

Il y a longtemps, Monsieur le Président, Tété Diédhiou dut essuyer la même accusation lorsqu’il osa briguer la Mairie des Parcelles Assainies. Puis, le candidat à la présidentielle, Robert Sagna (aujourd’hui votre allié), paya les frais de sa témérité de lèse-majesté. A ces époques l’échelle de dissémination des propos était moindre du fait du développement circonscrit des TIC. Maintenant c’est à Ousmane Sonko qu’il échoit de porter ce boulet. L’intelligence et la sagesse auraient voulu qu’on ne s’aventurât à persister sur cette fibre à ce moment. Finalement, je suis tenté de m’interroger si la situation de statu quo qui prévaut serait sciemment entretenu par votre régime pour servir d’épée de Damoclès contre les filles et fils de la Casamance. Dites-moi, Monsieur le Président, le Sénégal serait-il une république où les casamançais appartiendraient à une classe de citoyen à part ? Pourquoi devraient-ils se résoudre à toujours se ranger derrière et étouffer en eux toute ambition de diriger en tant que candidat national et non de la Casamance ?

Je me refuse à croire que le message de Moustapha Cissé Lo relève d’une vile stratégie de campagne de dénigrement massivement maléfique visant à blesser toute une région et ses populations, tout comme, je me refuse à croire que vous n’ayez ouï des réflexions du genre. Que vous en soyez aphone m’intrigue et me déconcerte. A la vérité, cela me met en colère… contre vous. Il serait avenant d’encourager une candidature pareille pour servir de message aux rebelles qu’ils comprennent que le vrai combat ce n’est pas avec les armes à feu que nous le livrerons, mais plutôt sur le terrain des idées et au service du développement de notre nation, le Sénégal.

Monsieur le Président, si vos amis et vos conseillers ne vous y exhortent, je vous invite humblement à vous désolidariser publiquement des propos de Moustapha Cissé Lo et de tout autre discours similaire. La masse silencieuse et non militante de partis politiques à laquelle je me réclame vous observe et vous écoute. Demain, quand tout sera terminé, je vous souhaite de bons souvenirs. Oui, Monsieur le Président, de bons souvenirs. Le pasteur américain, Martin Luther King ne disait-il pas : « A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis. »

Puisse Allah (SWT) vous épargner du remord des souvenirs de silences ! Amen !

Respectueusement,

Bourama Badji

BP 26331, Parcelles Assainies
Dakar, SENEGAL
Tel. : 77 645 0477 (Mobile)
E-mail : pbbadji@hotmail.com
Skype : pape.bourama



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