C’est officiel depuis jeudi dernier, le Conseil constitutionnel a confirmé la réélection du Président Macky Sall avec plus de 58% des voix. Au moment d’entamer ce nouveau bail, l’on évoque les attentes et les contours que devrait prendre le prochain quinquennat. Le temps de rappeler une promesse vieille de 7 ans : la rupture.
Les axes d’un quinquennat : la rupture toujours attendue
C’étaient l’un des grands axes qui devaient sous-tendre le mandat de Macky Sall quand il prenait les rênes du pays en 2012. La rupture dans la gouvernance. Sept ans plus tard et au moment de prendre un nouveau départ, la gouvernance de Macky Sall est toujours mise à l’index. Ses souteneurs ont mis en avant son bilan pendant la dernière campagne électorale, citant les réalisations déjà visibles dans le cadre du PSE. Du Ter, à l’autoroute Ila Touba, en passant par le PUDC ou la CMU, les programmes de Macky Sall ont été plusieurs fois vantés et applaudis par son camp. A raison, très certainement.
Toutefois, nombreux sont les analystes et experts de la chose politique à avoir pointé du doigt la gouvernance de Macky Sall. Un domaine dans lequel l’ancien Premier Ministre annonçait pourtant une nette rupture, relativement à ses prédécesseurs, au moment de prendre les rênes du pays en 2012. Mais nombreux sont les sénégalais à rester sur leur faim.
Au chapitre des griefs, l’indépendance de la Justice a été sans cesse ressassée, avec en toile de fond, les incarcérations de Khalifa Sall et de Karim Wade, tous deux écartés de la dernière élection présidentielle. Le fils de l’ancien chef de l’Etat rattrapé par la fameuse Traque des biens mal acquis et qui vit, depuis, un exil à Doha, dont on n’a jamais cerné les contours. Mais une traque qui, de l’avis de plus d’un sénégalais, semble s’être arrêtée en la personne de Karim Wade, tout au plus aux caciques de l’ancien régime qui n’avaient pas regagné assez vite les rangs de la mouvance présidentielle. Car ceux qui avaient eu le flair de larguer les amarres à temps semblent avoir été épargnés du glaive.
Passons sur la taille du gouvernement que l’actuel chef de l’Etat avait promis de restreindre au maximum et qui n’a pas cessé de s’allonger comme le mufle de Pinocchio. Ou encore sur la polémique de ce premier mandat finalement bouclé après 7 ans. Passons également sur les scandales financiers sur fond d’impunité, mettant en scène des membres du régime, ou sur cette nomination de Aliou Sall, le frère du Président à la Caisse de dépôts et consignations, qui a soulevé de grosses vagues. Et ce sentiment bizarre qui donne l’impression que les hommes qu’il faut ne sont pas encore aux places qu’il faut.
Macky Sall lui-même relevait que 42% de nos compatriotes n’ont pas voté pour lui lors de cette dernière élection présidentielle. Nul doute que le chef de l’Etat saura en faire la lecture qui sied. Revoir le mode de gouvernance pourrait être un premier jalon fédérateur de tous les sénégalais. Une réhabilitation de Khalifa Sall et de Karim Wade, pourrait également contribuer à décrisper durablement l’espace politique.
D’autant plus que, pour la première fois dans l’histoire politique du Sénégal, Macky Sall sera en position d’organiser, en 2024, des élections auxquelles il ne participera pas, pour léguer le pouvoir à un successeur que les sénégalais choisirons. Une belle occasion de sortir par la grande porte, que l’histoire retiendra forcément. Surtout si les ruptures annoncées de longue date, sont enfin opérées dans un package de bonne gouvernance.

Bachir Seck



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