« Ah non, surtout pas. Je voudrai en faire un professeur et sa mère, un politicien», c’est ainsi que tout en sourire, Senghor répondait au journaliste. Ce dernier, lors d’un entretien au palais, parlant de son fils Philipe, lui posait la question que voici : « voulez-vous en faire un homme politique ? »
Cette leçon de Senghor que Wade et Macky n’ont pas retenue
Son successeur, Abdou Diouf, était dans le même état d’esprit. Cheikh Makhtar Diouf, voilà un nom qui n’est pas familier à plus d’un. Né « Makhtar » et élevé en rang de « Cheikh » par Serigne Saliou Mbacké, ce fils de l’ancien président Diouf pourrait se balader dans les rues sans attirer la moindre foule de curieux. Il est ce que Senghor aurait souhaité que devienne son défunt Philipe Maguilène : un homme effacé, voire inexistant dans le champ politique.

Et, cette tradition qui consiste à tenir sa famille proche, loin de la scène politique va être rompue par le Président Abdoulaye Wade. Karim Wade, ce nom est connu de tous. Mille murs portent son portrait. A une époque, il est même devenu ce fils providentiel qui a toutes les compétences et toute la confiance du père pour occuper plus d’une fonction dans la chapelle gouvernementale. Un fils multidimentionnel que les médias aimaient à caricaturer en lui donnant le surnom de « ministre du ciel, de la terre et de la mer.» C’est avec lui, d’ailleurs, que le concept de « dévolution monarchique du pouvoir » s’est le plus répandu au Sénégal. En 2012, on soupçonnait Wade père de vouloir transférer le pouvoir à Wade fils.

Arrive enfin Macky Sall, lui qui n’a pas hésité à aller puiser dans la famille de la première dame sa femme, des personnes à placer par-ci, par-là. Il faut voir combien les Sénégalais se sont à un moment révoltés contre Maître Wade, non pas parce qu’ils ne l’aimaient pas, mais parce qu’ils ne pouvaient supporter qu’il imposât Karim. Et, voir maintenant comment la présence de Aliou Sall pèse sur son frangin, le Président Macky pour comprendre la réponse spontanée de Senghor au journaliste.



« Ah non, surtout pas » ! Était-ce une manière pour Senghor de dire aux futurs présidents du Sénégal : ne mêlez pas votre famille à vos affaires politiques, la sphère familiale n’est pas à confondre avec celle politique ? Peu importe la réponse, car il semble que seul le Président Abdou Diouf ait su retenir cette leçon. Indubitablement, il avait assez de finesse d’esprit pour comprendre ce cours poétique du sens de la mesure que Senghor enseignait au cours de son interview. Ce sens de la mesure qui aurait manqué à Wade et Sall, dont la présence de la famille dans le gouvernement leur a causé plus de mal que de bien, si bien même il y a eu.





Moussa Seck – laviesenegalaise.com



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