Aux premières heures de l’annonce de son décès, le lundi 15 juillet dernier, plongeant le Sénégal dans un choc certain, l’on avait presque annoncé dans la foulée que l’ex Secrétaire général du parti socialiste sera enterré à Nguéniène. Le doute ne s’est jamais installé. Il n’était pas permis. Tant l’homme a toujours revendiqué son attachement à cette terre qu’il chérissait tant.
Tanor Dieng et Nguéniène : de l’attachement viscéral d’un homme à son terroir
Nguéniène fait donc désormais partie de coins les plus connus du Sénégal. Disons même, les plus célèbres, depuis que Ousmane Tanor Dieng y repose, il y a une semaine.
Mais le nom de ce patelin, presque perdu entre Thiadiaye et Joal Fadiouth, résonnait dans nos oreilles, bien avant ce jour fatidique où Ousmane Tanor Dieng a été accompagné par la République à sa dernière demeure.

Sur Ousmane Tanor Dieng, l’on pourra épiloguer pendant longtemps. Sa fameuse mise en selle par l’ex-chef de l’Etat Abdou Diouf et ancien patron des Verts, à la tête du parti socialiste, en 1996, lors du fameux congrès sans débat, est incontestablement un pan de l’histoire politique du Sénégal. Il aura déclenché, en effet, l’une des crises, les plus aigües du Ps, avec les départs de feu Djibo Ka et de l’actuel président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse. Une intronisation presque ‘‘forcée’’, qui, quelque part, a dénié à Tanor une certaine légitimité à la tête du PS.

Le fossé s’est creusé avec la perte du pouvoir en 2000, avec les départs d’autres ténors comme Robert Sagna ou encore Souty Touré.

De Tanor Dieng, l’on retiendra aussi, cette seconde convulsion dans les rangs du Ps avec le fameux communiqué anonyme, qui exclura la bande à Khalifa Sall, Aïssata Tall Sall, Barthélémy Dias, Bamba Fall et les autres, pour s’être opposés à cette nouvelle ligne directrice de leur Secrétaire général. Qui avait ainsi décidé de se ranger derrière Macky Sall et sa coalition Benno Bokk Yakaar, après avoir été battu à deux élections présidentielles, en 2007 et en 2012.

L’histoire sans doute cruelle, retiendra que Khalifa Sall maintenu en prison, n’a pas pu assister aux obsèques de son ancien frère de parti, dont il fut, du reste, le chargé des élections en 2012.

Mais Tanor a mené sa barque. Celle que lui avait confiée le président Abdou Diouf et a assumé ses responsabilités jusqu’au bout.

De Tanor Dieng donc, l’on retiendra cette constance dans les positions, malgré les divergences d’idées, les antagonismes.

Mais de l’ex-ministre d’Etat, chargé des affaires présidentielles sous Diouf, l’on retiendra certainement cette qualité d’homme d’Etat, unanimement saluée. Celui qui a toujours gardé une posture responsable et mesurée, dans le discours et dans le ton. Un homme qui a servi la République, sans jamais la trahir.

Mais, disions-nous, de Tanor nous retiendrons, surtout, l’attachement d’un homme à sa terre. Même perché au plus haut sommet de la République.

Une affection qui ne s’est pas limitée dans le verbe. Puisque l’ex-maire de Nguénière a œuvré à sortir son village de la ruralité.

Nous nous garderons d’énumérer les réalisations qui portent son nom dans son village natal. Mais gageons que la terre de Nguéniène saura reconnaître son fils.

Car, dans l’histoire de la République du Sénégal, il nous a rarement été donné, de voir un homme de pouvoirs et du pouvoir, réclamer avec autant de ferveur, son appartenance à son lointain village.

De Nguéniène donc, Tanor Dieng n’a jamais été séparé. A Nguéniène, il est à jamais retourné !





Bachir Seck



from Leral.net - S'informer en temps réel https://ift.tt/2Yb2U79
via gqrds
Share To:

ThiesActu

Post A Comment:

0 comments so far,add yours