Lorsque j’étais actif dans l’arène politique, comme membre de l’Opposition, président du Mouvement citoyen «Jubanti Sénégal», ma virulence contre le Gouvernement était inégalable. J’étais allergique à la peur, à la compromission, et ma place était toujours en tête de peloton, lorsque les troupes menaient des combats au front. Ce courage légendaire et cette ténacité inflexible avaient séduit mes alliés, qui avaient fait de moi le porte-parole de l’Opposition sénégalaise, au terme d’une réunion suivie d’une conférence de presse. Mamadou Mouth BANE avec leral.net
S’attaquer à Marième, c’est se tromper de cible
Je n’ai jamais été un opposant de salon ou de réseaux sociaux. Toutefois, j’avais toujours fait la part des choses entre le président de la République, Macky Sall, et son épouse, Marième Faye Sall. Cette dernière n’est pas dans le jeu politique. Lorsque j’ai démissionné de la scène politique, pour reprendre ma profession de journaliste, je me suis évertué à rester neutre dans le traitement de l’information, indépendant et équidistant vis-à-vis des groupes en compétition politique.

Je ne suis ni de l’Opposition, ni du Pouvoir. Je me suis affranchi de toute forme de sentiment partisan. En tant que Directeur de publication de DakarTimes, je n’attends rien du Pouvoir pour payer mes charges mensuelles : salaires, loyer, téléphone, carburant, frais d’impression. Si j’avais accepté qu’une autorité étatique prenne en charge ces charges liées au fonctionnement de mon journal, DakarTimes serait un organe au service de l’APR.

Mais, également, accepter qu’un opposant finance mon journal, c’est faire de ce canard un outil de combat politique pour l’Opposition. Ainsi, nous perdrions toute notre crédibilité, aux yeux de l’opinion. C’est le lieu de révéler, alors, qu’aucun opposant n’a jamais octroyé un sou à DakarTimes, le Pouvoir non plus.

En effet, nous avons choisi l’indépendance pour avoir la liberté d’informer juste, sans influence de ces deux camps qui s’affrontent sur le terrain politique. DakarTimes ne sera jamais un journal partisan. Nous n’avons aucun compte à rendre à qui que ce soit, si ce n’est notre conscience professionnelle, l’éthique et la déontologie. N’en déplaise aux mauvais esprits partisans et égocentriques.

Il est donc facile de comprendre pourquoi, après avoir dénoncé le Gouvernement, le lundi, DakarTimes applaudit des deux mains, lorsque Macky Sall enregistre de bons résultats, le mardi. Notre liberté nous inspire, également, des critiques contre l’Opposition, lorsqu’elle fait fausse route. Nous avons choisi l’indépendance, parce que nous sommes jaloux de notre liberté. Nos seuls maîtres demeurent ces Sénégalais apolitiques et non partisans.

Ne lisez pas DakarTimes, si vous êtes politiquement colorés. Nous n’en souffrirons point.
Cette liberté si précieuse et fondamentale pour tout journaliste, nous amène à décrier, de la manière la plus ferme, les agissements d’un groupuscule de Sénégalais, contre la première Dame Marième Faye Sall, aux États-Unis. Voilà, malheureusement, ce comportement irresponsable et cette indiscipline que ces quelques opposants proposent aux Sénégalais comme alternatif. Heureusement, tous les opposants n’acceptent pas de descendre dans les caniveaux, par respect à leur personne, d’abord, et au peuple, ensuite.

Lorsqu’on n’a pas les moyens d’atteindre le chef de famille, on s’en prend maladroitement à ses enfants ou à ses proches. Qu’est-ce que Marième Faye Sall a commis comme faute, pour que ce groupe tente de s’en prendre à elle ? Qu’est-ce qui peut justifier cette méchanceté étouffante, qui gonfle le cœur de ces activistes haineux ? Quelle est la responsabilité de Marième Faye Sall dans la gestion de l’État ?

Chacun est libre de manifester et d’afficher ses sentiments sur la marche du Sénégal, mais soyons juste. La satisfaction n’est jamais générale, car lorsqu’une partie applaudit, l’autre désapprouve. C’est de la sorte que s’exprime la liberté individuelle pour chaque citoyen. La Première Dame n’a aucun rôle dans le fonctionnement de l’État. En plus, on n’a pas besoin d’exposer ses divergences politiques contre son époux en terre américaine; cela ne produira aucun remède efficace.

S’attaquer à Marième, c’est se tromper de cible. Car, comme toute bonne épouse, elle accompagne et aide son conjoint dans la mission que lui a confiée le peuple sénégalais, en 2012, et renouvelée en 2019. Marième Faye incarne la femme sénégalaise dans toute sa grandeur et sa noblesse. C’est une femme relaxe, naturelle, dont l’image renvoie à celle de nos sœurs, de nos femmes aux foyers, de nos mamans.

Dans les rues de Dakar, dans les marchés et lors les cérémonies familiales, elle est adulée par les populations qui se bousculent pour lui serrer la main. Les agissements malveillants de cette petite horde de mécontents ne pourront jamais entacher son honorabilité, ni corroder l’estime que les Sénégalaises et les Sénégalais nourrissent à son égard.

Le statut de Première Dame est une Institution, incarnée jadis par Colette Senghor, puis par Elisabeth Diouf, ensuite Viviane Wade et, aujourd’hui, par Marième Faye Sall. Nous lui devons respect, comme nous souhaitons être respectés. Seuls les esprits aveuglés par la haine s’en prennent aux femmes avec une violence mal placée et une méchanceté suffocante.

C’est avec la même fermeté que je défendrai la Première Dame, qu’elle s’appelle Mme Ndèye Penda Tall Seck (Idrissa Seck), Mme Adji Soukèye Niang (Madické Niang), Mme Anna Diamanka (Ousmane Sonko), Mme Bilo Wane Mbaye (Abdoul Mbaye) etc. Pourquoi devrait-on s’attaquer aux épouses de ces opposants qui sont hors du jeu politique. Vous avez tort de vouloir mêler Marième Faye dans vos histoires politiques. Je le dis tout haut.

La maladresse de l’acte posé par ce groupe de Sénégalais contre Marième Faye Sall est un signe de faiblesse, une preuve d’impuissance politique et une incapacité grandissante face à son mari Macky Sall, qui semble imperturbable. C’est cela la vérité, car le débat politique ne peut pas et ne doit pas se nourrir de haine, ni d’agressivité. Mais, la part de certains, c’est d’insulter, faute d’avoir des d’arguments solides à apporter dans le débat national.

Les acteurs politiques sénégalais doivent tous retourner à l’Ecole du Parti pour se former, car la majeure partie est incapable d’entretenir un véritable débat de fond autour des questions de développement économique et social.

Avec ses «Questekki», Mamadou Lamine Diallo se démarque du lot en posant des questions économiques pertinentes. Le reste de la troupe se dispute le trophée du meilleur insulteur, sur les plateaux radios, télévisions et dans les réseaux sociaux. En dehors des invectives, quelle est la réponse concrète que proposent certains opposants, face aux choix économiques de Macky Sall ?

Critiquez-le dans son programme, ses réalisations, c’est votre droit. Mais proposez au moins aux Sénégalais un programme alternatif meilleur que le PSE. Véritablement, cette classe politique sénégalaise n’a pas la maturité de cette population qu’elle prétend vouloir diriger.
Aujourd’hui, le débat politique devrait porter sur les dernières conclusions du FMI, le bilan du Gouvernement actuel, la situation dans le monde rural, les inondations et les mesures prises par le Gouvernement pour assister les populations, la sécurité dans le Sahel, l’emploi des jeunes, l’utilisation des retombées du pétrole et du gaz, le contenu local, la transparence dans la gestion des affaires publiques, la justice sociale, la planification économique etc.

Mais, malheureusement, nous vivons dans un pays où le coefficient intellectuel rase le sol. Plus grave encore, la régression intellectuelle constitue la véritable menace pour le devenir de ce pays, du fait qu’elle freine l’initiative et propulse des incompétents au-devant de la scène.

Il n’y a plus de sérénité dans les rapports entre Pouvoir et Opposition. Ils se regardent en chiens de faïence. Chacun prie pour l’échec de l’autre. Or, si le président de la République échoue, c’est le tout le pays qui sombre.

Nos acteurs politiques ne discutent jamais de programme politique, parce qu’ils savent que le niveau intellectuel trop bas des populations ne permet pas de leur exiger des débats de fond sur leurs choix stratégiques. Ils font du saupoudrage politique. La critique et les injures sont devenues des armes dans cette jungle. Ne faudrait-il pas donner raison à celui qui disait que «nous n’avons que la classe politique que nous méritons» ?

Affrontez-vous autour de vos offres programmatiques, des idées. Nous avons assez souffert de vos querelles inutiles. L’immaturité de cette classe politique constitue un frein au développement de ce pays. Ce n’est pas en offensant Marième Faye Sall que les Sénégalais vont vous accorder leur confiance. Non, c’est par la pertinence de vos programmes que vous arriverez à séduire les électeurs.

L’histoire a montré qu’à chaque fois que l’Opposition exporte la bataille politique à l’extérieur, c’est parce qu’elle est dominée à l’intérieur. L’on aura constaté qu’elle n’a pas muri depuis les huées contre Abdou Diouf, devant l’Assemblée nationale française. Elle l’avait répété contre Me Abdoulaye Wade, aux États-Unis, lors d’une Assemblée générale des Nations-Unies et, aujourd’hui, avec Macky Sall. C’est illusoire de vouloir masquer sa faiblesse électorale par des actes de violence.

Marième Faye n’est pas le problème du Sénégal. Non ! Ce pays souffre de l’immaturité et de l’inconséquence de sa classe politique, incarnée par des hommes inconscients de leur responsabilité face à l’histoire. Nous avons perdu trop de temps. Le Sénégal est indépendant depuis 59 ans et l’époux de Marième Faye n’a fait que 7 ans à la tête du pays. Il est injuste de vouloir lui imputer l’échec de l’ensemble des politiques publiques, depuis 59 ans.

Pensez-vous qu’on peut développer ce pays dans ces conditions, avec ces contradictions internes trop profondes qu’aucun pays au monde ne pourrait supporter ? Dans ces conditions, ce serait un miracle de voir ce pays décoller. Ils ne sont plus dans l’adversité politique sereine et positive, puisqu’ils se regardent en ennemis. Or, la haine n’a pas sa place dans une œuvre de construction nationale.

Le Sénégal a besoin de l’ensemble de ses fils. Tant qu'on ne se mettra pas autour d'une table pour se dire la vérité, dans le blanc de l’œil, ce pays sera toujours le dernier de la classe, quelle que soit la pertinence des programmes de Gouvernement : Plan Sénégal Emergent (PSE), Stratégie de Croissance accélérée (SCA) ou le Document Stratégique pour la Réduction de la Pauvreté (DSRP).

Pendant qu’on y est, qu’est-ce qui devrait empêcher Me Abdoulaye Wade et à son fils, Macky Sall, de se réconcilier à l’occasion de l’inauguration de la mosquée de Massalikoul Jinane ? Cette réconciliation est devenue une demande sociale. Voir les opposants et le Président Macky Sall s’asseoir côte à côte, pour discuter de l’avenir du Sénégal, devrait être un fait banal, normal, comme cela se passe dans d’autres pays. Sont-ils plus patriotes que vous ?

D’ailleurs, vous verrez tous les acteurs politiques français se réunir autour de la dépouille de Jacques Chirac pour lui rendre l’hommage qu’il mérite. Voilà un bel exemple qu’il faut copier.
En Afrique, les pays qui ont connu la guerre tentent de sortir la tête de l’eau, grâce à un sursaut national et à une conscientisation générale des masses, qui ne souhaitent plus revivre des tensions politiques connues dans le passé. Le Rwanda en est une illustration.

Mais, les acteurs politiques sénégalais, qui ignorent les souffrances telles que la guerre, la famine, le terrorisme, la guerre civile, se mettent à polluer l’atmosphère par des menaces de déstabilisation du pays. Soyons responsables ! Le feu n’est pas un jouet ; Laisser Marième Faye Sall tranquille !

On a un problème de conscience citoyenne, de crise de valeurs politiques, disons de citoyenneté tout court, dont les conséquences malheureuses tapent à nos portes, chaque matin. Voyez ce que la communauté mouride a réalisé sur fonds propres. Donner autant de moyens financiers à un homme politique, il sera incapable de réussir cette réalisation grandiose comme la mosquée Massalikoul Jinan. Au contraire, il va surfacturer ou, tout simplement, détourner les fonds. A qui la faute ?

Je n'ai pas peur de dire la vérité qui vous offense, celle qui vous rappelle que vous êtes sur le mauvais chemin, celle qui violente votre conscience, parce que vous avez choisi d'être en marge des belles règles de la citoyenneté agissante. Que chacun assume ses actes, et l'histoire sera écrite sans rature. Il est impossible d'avoir une société sans couture, lorsque la méchanceté, la haine, la rancœur émaillent nos actes de tous les jours.

Regardons nous dans la glace, interpellons nos consciences et assumons nos responsabilités dans tout ce qui se passe dans ce pays. Ne détournons pas nos regards devant l'ampleur des dégâts que nous-mêmes, avons causés. Des étrangers ne viendront jamais bâtir ce pays à notre place. Faisons notre propre autocritique, notre introspection, comme au lendemain du naufrage du bateau "Le Joola".

Depuis lors, qu'est-ce qui a changé dans nos comportements ? Qu’avons-nous appris de cette leçon si douloureuse, pour changer nos comportements sur les routes, dans les lieux publics, dans nos maisons, sur la route du Magal ou du Gamou, dans nos lieux de travail ? Alors, vous avez tort de vous en prendre à Marième, qui n'est qu'une victime de votre refus d'assumer vos responsabilités.

La reconstruction nationale ne sera pas facile, parce que l'indiscipline triomphe à tous les niveaux, dans ce pays. Or, la discipline est la première vertu, la sève nourricière de tout projet national de redressement d’un pays.

«Même mort, l’ennemi a droit au respect», a dit Jean Marie Le Pen, en rendant hommage à Chirac.





Mamadou Mouth BANE avec leral.net
 



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