Devant le sinistre national causé par les fortes pluies de ces derniers jours, le ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique est sur le pied de guerre. Chargé de dérouler le Plan Orsec (Plan national d’Organisation des secours), Aly Ngouille Ndiaye a effectué une tournée hier dans les zones inondées de la capitale, pour constater de visu les dégâts causés par les inondations.
Aly Ngouille Ndiaye , «Nous sommes en train de finaliser le travail»
Il y a eu beaucoup de dégâts en raison d’une forte pluviométrie ces derniers jours. Le plan Orsec a été lancé (avant-hier) et vous êtes chargé de le mettre en œuvre, où en êtes-vous ? Quelles sont les mesures qui ont été prises jusque-là ?


Effectivement, le Sénégal a connu ces dernières 96 heures des pluies diluviennes sur toute l’étendue du territoire natonal. Des pluies qui ont occasionné des inondations. Nous avons connu un pic de 216 mm à Sokone. Palmarin a également eu plus de 200 mm. Beaucoup d’endroits ont enregistré plus de 100 mm de pluies, Thiès, Ziguinchor, Sédhiou… Pratiquement toutes les régions ont été touchées. Ce qui a occasionné le lancement du Plan Orsec depuis dimanche. Nous avons demandé à tous les gouverneurs de nous faire le point de la situation de toutes les régions. Nous avons tenu une réunion hier (avant-hier, Ndlr) avec le ministre de l’Eau et les différents services pour planifier les opérations de secours.


A la date d’aujourd’hui, est-ce qu’on peut avoir une idée sur le nombre de sinistrés enregistrés sur le plan national ?


Pour l’instant nous avons enregistré six décès liés aux conséquences des pluies. Nous sommes encore en train de répertorier les sinistres. Jusqu’à hier soir (avant-hier dimanche, Ndlr) des gens sortaient de l’eau au niveau de Keur Massar. Nous sommes en train de finaliser le travail avec l’Administration, pour pouvoir faire un recensement exhaustif des personnes qui ont été touchées. J’ai fait le tour aujourd’hui (hier) de pratiquement toute la région de Dakar, pour constater de visu le niveau de sinistres chez les populations.


Pour Dakar, est-ce que vous avez déjà quantifié le nombre de sinistrés ?


Tous les préfets de la région ont déjà fait les rapports envoyés au gouverneur qui les a compilés. Ce qui nous permet d’avoir une bonne appréciation des différentes interventions que nous aurons à faire. Donc, nous avons une très bonne idée des sinistrés.


C’est une situation qui était pourtant envisageable, parce que les experts avaient annoncé une très forte pluviométrie. Est-ce que des mesures avaient été prises pour anticiper cela ?


Comme chaque année avant l’hivernage, nous avons ce que nous appelons une matrice d’actions prioritaires, qui regroupe autour du ministre chargé de l’Eau et de l’assainissement, la protection civile, les Sapeurs-pompiers… et tous les services qui interviennent pour préparer l’hivernage. Cette année, on s’attendait à ce qu’il y ait beaucoup de pluie, mais on ne s’attendait peut-être pas à ces pluies diluviennes qui, aujourd’hui certainement du fait des changements climatiques, existent partout dans le monde. C’est pratiquement les mêmes images que l’on voit partout, et le Sénégal n’est pas en reste. Donc, on savait qu’il y aurait beaucoup de pluie, mais on ne s’attendait pas à ce qu’elles viennent de façon ininterrompue pendant pratiquement 72 heures, avec de fortes intensités.


Pour beaucoup d’experts également, le Plan décennal de gestion des inondations n’a pas été exécuté à 100%. Où en êtes-vous ?


Mais, c’est logique parce que le plan n’a pas encore fait 10 ans. Ce qu’il faut se demander, c’est ce qui a été exécuté sur le planning et sur la base du budget qui a été dégagé.


Vous en êtes à quel pourcentage d’exécution ?


Je ne saurais le dire parce que le président de la République avait demandé au ministre chargé de l’Eau et de l’assainissement de faire un point de situation, qui lui sera certainement présenté avec des chiffres et réalisations à l’appui. Je pense que dans les jours à venir, nous aurons de façon précise le niveau d’exécution de ce plan qui a été lancé à l’arrivée du chef de l’Etat.


Aujourd’hui, le mal est déjà là, quelle est la stratégie finale entérinée par l’Etat pour faire face à cette situation de crise ?


Les inondations, ça existe dans tous les pays du monde. Aucun pays du monde n’est à l’abri des inondations. Les inondations, c’est une quantité d’eau reçue dans un endroit bien déterminé et dans un temps déterminé, et qu’on ne parvient pas à évacuer. Ce qui s’est passé au Sénégal, c’est une pluie qu’on n’a pas l’habitude de voir dans un délai très court. On parle même de deux heures dans certaines localités qui ont reçu plus de 100 mm. Personne ne peut dire qu’il n’y aura plus d’inondations. Si je prends Dakar, la capitale du pays, il y a beaucoup d’endroits où le réseau d’assainissement n’existe pas. Et quand le réseau d’assainissement n’existe pas, l’eau va dans un exutoire naturel. Et quand les eaux sont piégées dans un exutoire naturel, on n’a pas d’autres alternatives que de les faire dégager par un système de pompage, par exemple. C’est ce qui se passe aujourd’hui dans beaucoup de villes. Le Président Macky Sall a fait beaucoup d’investissements. Vous avez entendu parler du Programme d'assainissement des dix villes qui est actuellement en cours. A Dakar, le plan décennal a permis de sortir beaucoup de quartiers de l’eau. Vous vous rappelez comment était l’hôpital Philippe Maguilène Senghor en période d’hivernage ! Aujourd’hui, on en parle plus parce qu’il y a eu des travaux, la Zone de captage aussi depuis longtemps, il n’y avait plus d’inondations. Donc, des efforts importants sont en train d’être faits pour l’assainissement à Dakar et dans d’autres villes du pays.


Mais qu’est-ce qui est en train d’être fait dans l’immédiat pour soulager les populations ?


Dans l’immédiat, c’est le Plan Orsec. Nous allons mobiliser les moyens pour aider les populations à sortir de cette situation.


A combien s’élèvent ces moyens visant à tirer de la souffrance les populations ?


Certainement vous pourrez les avoir dès demain (aujourd’hui). De toutes les façons, nous avons déjà commencé à mettre en œuvre tout ce qu’il faut sur le terrain, après avoir fait le tour des différents points critiques de Dakar.


Quelles sont les prochaines étapes de votre tournée ?


Nous avons fait quelques points de la région de Dakar, les départements de Guédiawaye, Pikine, Rufisque et Dakar. Maintenant, nous allons sûrement faire d’autres régions, où les populations sont très touchées. Mais les pluies ne sont pas encore à l’arrêt.



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