A travers un lettre ouverte adressée au Chef de l’Etat, le Commissaire divisionnaire de police Boubacar SADIO a non seulement ratissé largement mais aussi encore lâché des missiles dans le « Macky ». Des inondations aux sorties de la Première Dame, sans oublier la CEDEAO qui selon lui mérite une autre appelation, la Commissaire Sadio n’y est pas allé de main. Mais Souleymane Jules non plus ne va pas aimer la chute de cette lettre…Lecture
Lettre ouverte au Président Sall : le Commissaire divisionnaire Boubacar Sadio lâche encore des missiles dans le « Macky »
A Son Excellence Macky Sall.
« Une parole pathologiquement instable et un discours spécieux etapocrypheinstillentle doute et sèment le trouble dans les esprits ».
Monsieur le Président de la République, permettez à ma très modeste et insignifiante personne de s’associer à vous pour présenter ses très sincères condoléances à toutes les familles sénégalaises ayant perdu un être cher dans les récentes inondations qui ont plongé le pays dans une situation de calamité indescriptible.

Je disais récemment dans une contribution qui m’avait valu une convocation à la DIC qu’il faut etre doté de certaines qualités et imbu de certaines valeurs pour etre un bon Président de la république ; ainsi avais-je cité la compétence, l’efficacité, le courage dans les prises de décisions, l’honnêteté, le sens de la justice, de l’éthique et de la morale dont on dit qu’elles constituent l’âme de l’Etat.

A cela, il faut ajouter beaucoup d’empathie envers son peuple. Pour ce dernier aspect, je constate, malheureusement, et certainement avec beaucoup de Sénégalais, que vous semblez en manquer ; ce n’est qu’une impression fortifiée par votre démarche. A votre empathie apparente se greffe une condescendance envers les Sénégalais. La condescendance, la morgue, l’orgueil ainsi que l’arrogance ont en commun de toujours de toujours perdre ceux qui s’en prévalent.

Monsieur le Président de la République, comment avez-vous pu prendre tranquillement l’avion pour vous envoler quelque part dans le continent alors que votre pays que voulez émergent est profondément immergé dans les eaux de pluies, alors que votre vaillant peuple vit dans le désarroi, se trouve dans une détresse incommensurable et connait un des moments les plus catastrophiques de sa récente histoire ?

Pendant que vous étiez dans les airs, peut-être dans l’espace aérien du Mali, les Sénégalais souhaitaient très vivement et ardemment vous sentir à leur coté parce que, tout simplement et le plus normalement du monde, voyant en vous le dépositaire de leur salut. Votre présence physique les aurait confortés, encouragés et rassurés ; ils pourraient ainsi dire, avec fierté, que l’homme auquel nous avons confié les destinées du pays ne nous a point abandonnés, délaissés et laissés à la merci des intempéries et à la furie des eaux.

Monsieur le Président de la République,j’ai constaté, et certainement d’autres compatriotes avec moi, qu’à chaque fois que vous subodorez d’éventuels remous, des velléités de manifestations et des mouvements d’humeur de la part des populations, vous trouvez toujours un bon prétexte, une occasion pour précipitamment quitter le pays.

C’est peut-être un hasard ; mais, à mon avis, un tel comportement ne sied pas à une autorité qui doit etre prête et préparée à affronter toutes sortes de défis, à consentir tous les sacrifices nécessaires, même physiques, non seulement pour défendre son pays et protéger ses populations mais aussi pour le maintien et la garantie de la stabilité, de la tranquillité et de la paix sociales. En donnant la désagréable impression de fuir devant l’adversité, je me garderais de dire que c’est réellement le cas, vous pourriez faire croire à certains de vos concitoyens que peu vous chaut le sort de votre pays.

Monsieur le Président de la République, de retour de voyage vous avez pris la très bonne initiative de vous adresser à vos compatriotes pour évoquer le problème crucial de l’heure, c’est-à-dire les inondations.
Alors que l’on s’attendait à une adresse intelligente d’une grande et grave solennité, compte bien tenu de l’ampleur du malheur, vous nous avez servi un discours d’une banale tonalité, fade, sans hauteur ni dépassement, à la limite de la désinvolture.

Au lieu de reconnaitre, honnêtement et en toute responsabilité, les manquements et les dysfonctionnements au niveau de l’Etat et de venir à résipiscence, ce qui n’aurait fait que redorer votre image, vous vousêtes évertué à exclure toute responsabilité de votre gouvernement, en développant des arguties et un argumentaire simpliste à caractère, parfois, fataliste. Pour justifier l’impéritie de votre gouvernement de dormeurs, de noceurs, d’incompétents et d’incapables, vous avez d’abord évoqué les changements climatiques et ensuite fustiger l’indiscipline de vos compatriotes.

Le directeur général de l’ONAS a, de manière méprisante, mis tous nos problèmes d’assainissements sur le dos des Sénégalais qu’il accuse d’avoir une tendance exacerbée à vouloir toujours procréer sans limite. C’est à croire que la grande majorité de vos cadres est constituée d’imbéciles à la cervelle de moineau ne pouvant débiter que des idioties et des sornettes.
Monsieur le Président de la République, ma très modeste et insignifiante personne s’associe encore à vous pour condamner ce qui s’est passé au Mali voisin avec la destitution de votre frère et ami, le Président Ibrahima Boubacar Keita.

Qu’on le veuille ou non, il s’agit bel et bien d’un coup d’Etat, peut-être « soft », mais un coup d’Etat quand même. Permettez-moi d’exprimer, d’abord, un coup de cœur par rapport à la situation actuelle. Il ne s’agira pas pour moi de jeter l’anathème sur les jeunes officiers qui ont courageusement assumé leurs responsabilités. On nous parle de rétablissement de l’ordre constitutionnel ou institutionnel, c’est selon.

Mais enfin, de quel ordre parle-t-on ? Un ordre bafoué, piétiné, avili et trahi par le Président Ibrahima Boubacar Keita qui a commis toutes sortes de forfaitures politiques pour se maintenir au pouvoir.

Le Président IBK a instauré un régime autocratique, népotique, clanique et familial ou les différents membres se livraient à la luxure et avaient un penchant prononcé pour le luxe. Avec IBK ce sont des détournements de deniers publics aussi bien de la part de responsables civils que de hauts gradés de la hiérarchie militaire, toutes les formes de prévarications et de malversations ; la vassalisation de toutes les institutions, notamment une cour constitutionnelle corrompue et une assemblée nationale croupion présidée par un usurpateur. Pendant ce temps des militaires patriotes et engagés aux différents fronts se faisaient tuer, amputer faute d’équipements adéquats.-

Monsieur le Président de la République, devant une telle situation de désagrégation jamais atteinte dans leur pays, les populations maliennes, dépitées et excédées, se sont massivement soulevées pour y mettre un terme.

Les forces de défense et de sécurité qui ont pour missions essentielles, on semble ou feint de l’oublier, de défendre l’intégralité du pays, de veiller à la stabilité et à la solidité des institutions à travers un jeu démocratique respectueux des valeurs et principes républicains, n’ont fait que parachever une crise qui avait atteint son point paroxystique.
Les militaires ont agi ainsi pour mettre un terme à l’anarchie et au désordre institutionnel créés par le Président IBK et éviter que leur pays dont ils sont amoureux et fiers ne sombre dans le chaos. Leur action a pris la forme d’un coup d’état, certes condamnable sur le principe mais tout aussi salutaire parce que tout simplement libérateur d’un peuple subissant les affres d’une ploutocratie éhontée, avide, cupide, arrogante, peu soucieuse des intérêts des maliens et totalement indifférente à leurs légitimes aspirations de vivre à l’abri du besoin et de la peur, dans un environnement sécurisé, de tranquillité publique et de paix sociale. Mon coup de gueule porte sur les orientations que semblent prendre les auteurs du coup d’état ; chasser IBK, ne devrait etre qu’une première étape. Une autre étape, qui ne me parait pas trop visible et qui est tout aussi crucial, est de traduire en justice tous les malfaiteurs, prévaricateurs et autres détourneurs de deniers publics ; sinon le combat aura perdu tout son sens.

Monsieur le Président de la République, la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) s’est très tôt engagée pour gérer la crise malienne avec des initiatives malheureuses et pas réalistes, souvent dictées par les intérêts crypto personnels des dirigeants des pays qui la composent. Les Présidents Alassane Ouattara et Alpha Condé ont très tôt voulu faire adopter une ligne dure et sans concession aucune, tout simplement, parce qu’il y a dans chacun de leurs pays respectifs les prémices du syndrome malien.

Ils ont voulu pousser la CEDEAO à agir sans délai et vigoureusement pour conjurer toutes tentatives de mutinerie ou tout risque de contagion chez eux. Vous avez été d’une grande lucidité en vous y opposant avec fermeté et en proposant que la question soit examinée de manière sereine et judicieuse pour éviter de faire subir au peuple malien les conséquences néfastes d’une répression irréfléchie, je vous en félicite honnêtement.

Il y a que la CEDEAO souffre congénitalement et originellement d’un très grave déficit de crédibilité dans la mesure où certains de ses émissaires avaient perdu toute légitimité aux yeux des maliens ; il s’agit du Président Alassane Ouattara et de vous-même. La Cote d’Ivoire et le Sénégal, évoquant opportunément et hypocritement leur souveraineté nationale, n’avaient-ils pas, bruyamment, ostensiblement et gaillardement refusé de se soumettre aux décisions de l’organe communautaire ? Cela n’était-il pas un défi humiliant qui a beaucoup entamé la crédibilité de la CEDEAO ? Il y a beaucoup contradictions, de paradoxes et de gamineries dans le comportement de nos roitelets d’Afrique de l’ouest. L’organe communautair...



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