Le Temoin-En ce Sénégal – se disant Etat de droit, soit dit en passant – sous le magistère du président Macky Sall, la raison du plus fort (politiquement) serait-elle toujours la meilleure ?
RENDEZ DONC À AÏCHA GOUNDIAM MBODJ SA PHARMACIE ! PAR MAMADOU OUMAR NDIAYE
En ce Sénégal – se disant Etat de droit, soit dit en passant – sous le magistère du président Macky Sall, la raison du plus fort (politiquement) serait-elle toujours la meilleure ? Nous espérons, comme le poète La Fontaine à propos du loup et de l’agneau, n’avoir pas à le montrer tout à l’heure ! Une chose est sûre : il est permis de se demander si cela sert encore à quelque chose, au pays du président Léopold Sédar Senghor, de se lever aux aurores, d’investir, de travailler dur, de payer ses impôts et, si possible, d’épargner.
Sans s’occuper d’autre chose que de ses affaires tout en ne se mêlant pas de ce qui ne vous regarde pas. De vivre heureux en vivant caché, en somme ! La brave pharmacienne Mme Aïcha Goundiam Mbodj, fille de l’un des premiers — et plus hauts — magistrats de ce pays doit sans doute se poser ces questions existentielles. Elle qui est en passe de perdre l’officine de pharmacie à laquelle elle a consacré toute sa vie. Une vie de labeur, bien sûr. Cette officine à l’enseigne « Grande pharmacie dakaroise », tous les Dakarois la connaissent. C’est l’une des plus anciennes de la capitale puisqu’elle a ouvert ses portes depuis…1953 à l’angle de la place de l’indépendance – qui portait alors le nom de protêt et où le général De Gaulle prononça son fameux discours « je m’adresse aux porteurs de pancartes » en 1958. C’est par la suite que l’hôtel indépendance fut construit tout à côté avant que l’Ipres (institution de prévoyance retraite du Sénégal) ne mette la main dessus. C’est dans cette officine que la jeune pharmacienne Mme Aïcha Goundiam Mbodj a fait ses premières armes professionnelles.
De 1978 à 1982, elle en a été pharmacienne gérante avant d’être titularisée en cette dernière année. Naturellement, elle est l’un des premiers pharmaciens sénégalais à exercer dans le quartier du plateau à Dakar. Jusqu’en 2015, elle a pu travailler tranquillement. Le 21 janvier 2015, elle reçoit de l’Ipres une injonction de quitter son local commercial pour cause d’importants travaux de réfection en profondeur de l’immeuble l’abritant. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, et se disant que de toutes façons c’est provisoire, la brave dame informe de la situation la Direction de la pharmacie et déménage au 43, Boulevard Djily Mbaye, en face de la mairie de Dakar. Du fait de ce transfert et du manque de visibilité du nouveau site, elle perd 40 % de sa clientèle mais prend son mal en patience. Le cœur en joie et folle d’un immense espoir, elle se dit qu’au bout de la longue nuit, il finira bien parfaire jour et donc ronge son frein. Et puis, elle a confiance aux lois de ce pays qui font d’elle la prioritaire en cas d’achèvement des travaux du superbe immeuble que l’Ipres a construit sur l’emplacement de l’ancien hôtel indépendance.
De fait, les choses se présentent sous de très bons auspices. Le 23 août 2017, au terme de plusieurs visites effectuées sur le chantier, elle écrit au directeur général de l’Ipres pour demander l’attribution d’un local de 66 m2 dans le nouvel immeuble sis place de l’indépendance x rue de Thiong. Elle prend une option ferme et définitive sur ce local. Le 17 décembre 2018, le directeur général de l’époque adresse un courrier à Mme Aïcha Mbodj Goundiam pour l’informer que sa demande de réservation a été approuvée par la Direction générale de l’Ipres et l’invite à se rapprocher de la Direction du patrimoine et de la Logistique « pour les formalités administratives et l’élaboration du contrat dans les meilleurs délais ». Meilleurs délais ? Tu parles ! A partir de ce moment, cette direction du patrimoine a joué au chat et à la souris avec la dame qui ne comprenait décidément pas ce qui se tramait. Jusqu’à ce qu’une âme charitable — un patriote que toutes ces choses révoltaient — lui souffle qu’en fait, « la présidence de la République » a fait pression sur l’Ipres pour que le local sur lequel elle avait pris une option ferme et définitive, autrement dit son ancien emplacement qu’elle devait réintégrer, soit attribué à une de ses consœurs, l’épouse de l’homme politique et ancien ministre Abdoulaye Baldé. Laquelle n’est autre, soit dit en passant, que la fille du défunt homonyme de l’actuel président de la République. Le monde est petit…

Le directeur de la pharmacie et du médicament comme Ponce Pilate !
Bien évidemment, ce serait trop gros de demander directement à Mme Aïcha Goundiam Mbodj (qui, après la lettre de l’Ipres a emprunté 50 millions de francs pour commander du matériel !) d’aller se faire voir ailleurs. Il fallait agir avec finesse. Le 31 août 2020, le Directeur de la pharmacie, Yéri Mbagnick Diop, adresse un courrier comminatoire à Mme Mbodj pour lui dire qu’elle a effectué le transfert de son établissement en 2015 « sans autorisation ». On peut dire qu’il a mis du temps à s’en apercevoir, le brave professeur ! Après lui avoir rappelé que le déplacement d’une pharmacie d’un site à l’autre ne se fait qu’après autorisation du ministre de la Santé et de l’Action sociale, il semble lui tendre la perche…sous forme de mise en demeure ! « …Cependant, les travaux sur le site abritant la pharmacie dakaroise étant terminés, je vous prie dès réception du courrier de faire parvenir à la Direction de la pharmacie et du Médicament, dans un délai d’un mois, un contrat de bail en bonne et due forme ou un acte de propriété. passé ce délai, vous devrez prendre vos dispositions pour régulariser votre transfert au 43, boulevard Djily Mbaye ».
Voilà la situation dans laquelle s’est retrouvée coincée la pauvre Mme Aïcha Goundiam Mbodj : la Direction de la pharmacie et du Médicament la somme de produire un contrat de bail ou un acte de propriété dans l’immeuble qu’elle veut réintégrer alors que, selon toute vraisemblance pour ne pas dire de sources sûres, ledit contrat de bail a déjà été établi au profit de la bienheureuse Mme Abdoulaye Baldé. Au terme du délai imparti, le Directeur de la pharmacie et du Médicament aura alors beau jeu de dire : « je vous ai donné votre chance, vous n’avez pas pu produire les documents demandés dans le délai imparti, donc vous ne devez-vous en prendre qu’à vous-même ». Puis, comme Ponce Pilate, le procurateur romain qui avait condamné à mort Jésus Christ, il pourra aller tranquillement se laver les mains en s’écriant : « Je suis innocent du sang de ce juste ! » Depuis plus d’un mois, Mme Mbodj et son époux, le célèbre enseignant en psychologie à l’Université de Dakar, Mamadou Mbodj, ont envoyé une multitude de lettres à la présidence de la République et au Médiateur de la République notamment. A la présidence, on assure avoir transmis leurs courriers au ministre de la Santé et de l’Action sociale. Et, donc, au Directeur de la pharmacie et du Médicament ! Et pourquoi pas au directeur général de l’Ipres tant qu’on y est ? L’Ipres qui a joué un très sale rôle dans cette affaire.
Le drame de Mamadou Mbodj et de son épouse ? Eh bien, contrairement à Abdoulaye Baldé, ils n’ont pas de valeur marchande au marché à bestiaux de la transhumance. preuve de la veine de pendu de Baldé : son dossier à la CREI a bénéficié d’un enterrement de première classe, le procureur qui voulait l’arrêter a été viré en pleine audience, lui a été promu au bureau de l’Assemblée nationale et, jamais trois sans quatre, son épouse va refaire son retour dans le plateau de Dakar après avoir perdu l’emplacement de l’ancienne pharmacie de la nation de feu Majmouth Diop !




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