L’APR est une exception dans le landerneau politique sénégalais au vu de son parcours en 03 ans (2008/2012). Dernier des partis nés à cette époque, il est arrivé au pouvoir laissant derrière des formations qui triment depuis plus de 40 ans. Mais, à l’exercice du pouvoir une autre Apr est née avec des problèmes structurels et des querelles de clochers qui n’ont pas affecté sa compétitivité électorale.
Politique : L’APR face à son destin! (une analyse de Mamadou Mouth Bane)
Instabilité Aux Postes Directeur De Cabinet Et De Secretaire General De La Presidence

Depuis 2012, le président de la République Macky Sall n'arrive pas à stabiliser son cabinet à la présidence de la République. Aux stations de Directeur de cabinet et de Secrétaire général, les hommes font des escales et continuent leur chemin comme à la gare des Beaux Marchés.

Abdoul Aziz Mbaye, Mme Aminata Tall, Oumar Youm, Makhtar Cissé, Jean Maxime Simon Ndiaye, Mouhamed Boun Abdalah Dione, Oumar Samba BA, Mahmoud Saleh ont défilé dans l’une de ces stations. A ce rythme de départs et d’arrivées dans le Cabinet présidentiel, on peut retenir que Saleh etOumar Samba BA partiront sur la pointe des pieds tels des mannequins en pleine prestation. Car la fluidité de la circulation dans le cabinet du président semble être une approche de management du chef prompt à changer ses proches collaborateurs.

C'est aussi à l'image du Gouvernement où la seule constante parmi les ministres demeure Abdoulaye Daouda Diallo qui reste l'unique ministre et membre fondateur de l’Apr à ne l'avoir jamais quitté depuis 2012 année de sa nomination au Ministère du Budget. Cette inamovibilité, il la partage avec sa sœur de parti, Mme Mariama Sarr. En dehors des Ministres des partis alliés (Ps/Afp), aucun autre ministre de l’Apr ne peut jurer son maintien dans le gouvernement, au prochain remaniement puisque, lorsqu’il s’agit de «couper des têtes», le président de l’Apr ne «sabre» que les responsables de son parti. Il est difficile alors de le croire lorsqu’il dit «je ne lâche pas l’Apr» dans la mesure où, des actes qu’il pose tous les jours, apparaissent un rejet systématique du parti au profit d’autres formations.

Par exemple, les ministres alliés Serigne Mbaye Thiam, Mme Aminata Mbengue Ndiaye, Alioune Sarr, Alioune Ndoye, Samba Sy n’ont jamais quitté le gouvernement depuis leur entrée. Ce qui donne du crédit à ceux qui parlent de «Gouvernement de quotas», du fait que souvent, le président Sall fait du changement de poste pour poste. On se rappelle Malick Gackou de l’Afp a été remplacé par Alioune Sarr au Ministère du Commerce. Aminata Mbengue Ndiaye a remplacé Ousmane Tanor Dieng au HCCT et a été succédée par Alioune Ndoye à la pêche.

Quels soient compétents ou pas, ils restent dans le gouvernement pour des raisons purement politiques. Et curieusement, les ministères dirigés par les alliés socialistes ont connu les plus grandes crises depuis 2012: Education et Hydraulique sous Serigne Mbaye Thiam, Pêche sous Alioune Ndoye.


On se demande entre le président Sall et Alioune Cissé entraîneur des Lions, qui change le plus son groupe? A chaque match, une nouvelle équipe, Sadio Mané étant presque l'unique constante. Du côté de l’équipe gouvernementale, les véritables constantes sont les ministres des partis alliés : PS/AFP.


Mais pourquoi le président Macky se débarrasse tout le temps de ses Directeurs de Cabinet et de ses Secrétaires Généraux ? Des rumeurs ne manquent pas sur des fautes qu'auraient commises certains sur cette liste de Directeurs de cabinet et de Secrétaires généraux.

Aujourd’hui, les heureux nommés à ces postes (SG-DC) devraient avoir des soucis à se faire au vu de ces nombreux départs dans le cabinet présidentiel en 8 ans. Si certains ont quitté leur poste ( DC ou SG) pour entrer dans le Gouvernement comme Makhtar Cissé qui a fait une escale à la Senelec avant de revenir pour occuper le Ministère du Pétrole ou Oumar Youm pour devenir ministre des Collectivités Locales puis des Transports, d'autres ont été tout simplement remerciés pour un aller simple (sans retour) à l’instar de Jean Maxime Simon Ndiaye.

Au niveau du Secrétariat général du Gouvernement également, a été remarquée cette même instabilité dans le choix des hommes. A cette station, les «aller-retour» entre Seydou Guèye et Abdou Latif Coulibaly ont été remarquables. Toutefois, le départ de certains a suscité beaucoup d'incompréhensions et de commentaires. C'est le cas de Jean Maxime Simon Ndiaye et Mohamed Boun Abdallah Dione, surtout ce dernier dont la loyauté envers Macky Sall n’a jamais souffert d’aucune fissure.Les interrogations sur son départ s’enchaînent, car, il est connu par tous pour sa fidélité inoxydable au président Macky Sall et pour son engagement sans calcul. Au lendemain de la réélection du président Sall, il était impossible de prédire le départ de Boun Dione du cabinet présidentiel d’ici 2024.

Jean Maxime Simon Ndiaye est connu pour sa neutralité politique. Mais il semblerait qu'il ne s'entendrait pas avec une personnalité influente dans l'entourage proche du Président de la République. Ses absences répétées pour des raisons médicales ont été aussi avancées pour expliquer son départ.


Le président Sall a ses propres critères d'appréciation qui orientent ses choix. Il connaît mieux que quiconque les profils, la moralité et les compétences des femmes et des hommes qui l'entourent. Mais ce qui demeure intolérable, c’est de mettre le clientélisme politique au-dessus de la compétence.

Le Cas Saleh

Mahmoud Saleh Directeur de cabinet du président

Les révélations du Ministre Chef de Cabinet du président de la République Monsieur Mame Mbaye NIANG (MMN), ont installé un malaise jusqu'au sommet des Institutions. Une confusion troublante est née des propos de l'ancien ministre du Tourisme qui a véritablement posé une question de bonne gouvernance et de transparence dans le choix des hommes. De l'avis du Chef de cabinet du président Sall, le nouveau Directeur de cabinet Mahmoud Saleh n'a pas le grade (Hiérarchie A) indispensable, pour occuper cette fonction. On pouvait douter de la véracité de tels propos s'ils sortaient de la bouche d'un opposant. Mais non, c'est une personne avertie pour sa proximité avec le chef de l'Etat qui a levé le lièvre. Le Ministre MMNest une pièce centrale dans le «IPhone» de la famille Sall.

Par la suite, le 02 Décembre 2020, un groupe dénommé : «Le Collectif pour la Restauration de l'Ethique en Politique (CREP)» a, par le biais de son conseiller El Moustapha NDIAYE, saisi la Cour suprême pour un recours en annulation du décret nommant Monsieur Mahmoud Saleh au poste de Directeur de Cabinet du Président de la République. Ensuite, le Collectif a adressé le 03 Décembre 2020, une lettre au Chef de l’État Macky SALL pour solliciter la communication du décret nommant le Directeur de Cabinet qu'il doit remettre à la Cour suprême.

Dans le premier courrier, on peut : «Que 04 jours après c’est-à-dire le 01 novembre 2020, le Président de la République procédant à de nouvelles nominations a pris 04 décrets dont le décret N°2020-2103 portant nomination de Monsieur Mahmout SALLEH au poste de Ministre d’Etat Directeur de Cabinet du Président de la République ; Que le décret en question a été rendu public et largement diffusé le même jour à travers sa lecture faite devant la presse convoqué à cet effet au palais de la République ; Que c’est contre cette décision N° 2020-2103 que le présent recours en annulation est dirigé».

Les auteurs du recours en annulation ajoutent que «le décret N° 2020-2021 du 1er Novembre 2020 doit être annulé pour excès de pouvoir».

Dans leurs argumentaires, le Collectif ajoute : «il ressort des dispositions du décret n°2007-909 du 31 Juillet 2007 portant organisation et fonctionnement de la Présidence de la République que le Directeur de Cabinet est nommé parmi les fonctionnaires de la hiérarchie A ; Qu’ainsi donc en application du texte précité ne peut valablement être nommé Directeur de cabinet du Président de la République que seuls les agents remplissant les conditions prévues par les dispositions légales en vigueur ; Or, le sieur Saleh promu au poste de Directeur de cabinet ne remplit nullement les conditions exigées ; Qu’en effet il n’est ni de la hiérarchie A et ne justifie, au jour de sa nomination d’aucun diplôme encore moins d’un niveau équivalent à la hiérarchie A».

En outre, il soutient que «sa nomination ne repose sur aucun texte législatif ou réglementaire en vigueur ; Qu’en nommant un Directeur de cabinet qui, manifestement ne satisfait pas aux conditions exigées par le décret 2007-909 du 31 Juillet 2007 le Président de la République n’a pas donné de bases légales à sa décision ; Qu’il s’en suit que sa décision encourt l’annulation pour excès de pouvoir ; Qu’il faille en conséquence d’annuler le décret 2020-2103 en date du 1er Novembre 2020 portant nomination de Monsieur Mahmoud SALEH au poste de Ministre d’Etat, Directeur de cabinet du Président de la République».

Le 03 Décembre 2020, dans un autre courrier adressé au Chef de l’Etat, et dont l’objet est : «Demande de mise à disposition du décret 2020-2103», le Collectif écrit : «En vertu de vos pouvoirs constitutionnels, vous avez à la date du 1er Novembre 2020 pris un décret N°2020-2103 portant nomination de Monsieur Mahmoud SALEH au poste de Ministre d’Etat, Directeur de Cabinet du Président de la République. En effet, cette décision bien qu’ayant un caractère individuel nous intéresse à plus d’un titre. Pour cette raison nous vous prions de bien vouloir mettre à notre disposition une copie du décret N°2020-2103 en date du 1er Novembre 2020 portant nomination de votre Directeur de Cabinet ».

Aujourd'hui, le Président de la République a les mains liées, car il est tenu de respecter la décision de la Cour suprême si cette dernière cassait le décret de nomination de Saleh. Son remplacement serait alors une obligation de bonne gouvernance et de respect de...



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