La grève des camionneurs qui marque l’actualité en cette fin d’année dernière et en ce début de nouvel an a des dessous vraiment renversants. L’éclairage d’un des acteurs de ce mouvement d’humeur révèle des parcours jalonnés de tracasseries et de corruption. Mais le plus sidérant dans ses révélations, est que dans ce ras-le-bol des camionneurs, c’est comme si certaines forces de sécurité leur imposer le « tu vas me corrompre par force ! »
Grève des camionneurs : les dessous d’une colère gonflée par la corruption et d’autres tracasseries
A entendre Mame Gor Diop (nom d’emprunt) camionneur, les ¾ de leurs tracasseries sont liés à la corruption, mais leur ras-le-bol se résume en trois axes.

Transporteur de camion interurbain et même transfrontalier, lui et ses camarades, très majoritairement sont toujours en règle, car conscients qu’ils sont contrôlés chaque fois qu’ils passent devant un membre des forces de sécurités. Pourtant rares sont les fois ou même en règle, ils ne laissent tomber quelque chose dans la sarcelle d’un flic ou gendarme.

De Dakar à Ngoudiane, au rythme de 1000 francs par contrôleur, facilement ils leur laissent discrètement entre 10 à 12 000 FCFA. Et pourtant aucun motif ne leur est collé, ni papiers non en règle, pneus usés, surcharge ou quoi d’autre. Pour lui, voir certains de ces agents véreux, leur demander de « laisser quelque chose » est sous une autre forme de dire « tu vas me corrompre par force ou je te colle un motif ». Et c’est un de leurs lots quotidiens.

Pourtant il y a anecdote qui l’avait vraiment marqué. Car un policier très professionnel l’avait arrêté à Thiès et après un contrôle rigoureux lui a non seulement remis ses pièces, mais a ajouté « Diop non seulement tes papiers sont en règle, mais machalah rien à dire sur l’état de ton camion ».

Pourtant une désagréable surprise l’attendra sur le même trajet. Car entre Sindia et Rufisque, il a subi cinq contrôles où chaque fois il « laissait tomber » 1000 FCFA lui et un autre chauffeur à chaque arrêt, soit un total de 10 000 francs. Diop avoue que s’il n’était pas son propre chauffeur ou avait confié son camion à quelqu’un d’autre, il n’aurait jamais crû à de tels propos.

L’autre tracasserie est leur passage sur les ponts-bascules. « Car là aussi, en cas de surcharge, c’est légitime tu paies, mais là où ça blesse c’est que même quand ils n’ont rien à te reprocher tu vas débourser 2000 Francs sans aucune raison valable », nous confie-t-il.

La troisième frustration est que les voies sont non seulement étroites, mais des parkings ne sont pas non plus prévus sur leur parcours, pourtant des marges sécuritaires ne sont même pas là pour qu’ils puissent se garer en cas d’urgence.

Et quand ils ont la malchance de se voir forcés de se garer non loin de la chaussée, bonjour les sabots et ils sont obligés de décaisser 30 000 francs, de gré ou de force.

Et malheureusement de nombreuses associations ont déposé des plaintes auprès des autorités, mais sans réponse adéquates, depuis des années, s’est-il désolé.

Un appel, sinon même un cri du cœur est lancé au ministre des transports, mais aussi au président Macky Sall. En tout cas lui et ses camarades restent déterminés !



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