Hier, malgré la pandémie du coronavirus et les mesures restrictives de libertés dont notamment, le rassemblement sur la voie publique, prises par le pouvoir, on notait par ci et là à Dakar et ailleurs sur le territoire national, des scènes de violence et des affrontements occasionnant des blessures, incendie de voitures, destruction de biens privés, caillassement de vitrines, jets de pierre entre les militants et/ou sympathisants du leader de Pastef Les Patriotes, M. Ousmane Sonko et les forces de l’ordre. Est–ce que toutes les mesures ont été prises de part et d’autre, pour éviter ces scènes de désolation et de violence inouïe ?
Par- delà l’affaire Sonko : La problématique du droit et de l’autorité de la loi au Sénégal ( par Massamba Ndiaye)
Non, tout a été fait ou facilité depuis que le présumé viol impliquant le député Ousmane Sonko a été relayé par une certaine presse, moins prudente sur le traitement d’une affaire très grave d’accusation et plus encline au sensationnel voire à la fantasmagorie. Un cocktail explosif. Nous estimons que le chaos indescriptible d’hier, à différents endroits du territoire, pouvait être évité de part et d’autre, si seulement la légalité ou l’application des lois et règlements du pays était de mise, sans aucune faiblesse coupable et sans surenchère politicienne. Au delà de l’affaire présumée de viol impliquant le député Ousmane Sonko, il revient toujours et malheureusement, la question du droit et de l’autorité de la loi ou mieux, la manière dont les autorités chargées d’appliquer ou de faire appliquer la loi, agissent au quotidien.

Objectivement, tout laisse présager que ces affrontements qui ont eu cours hier, pendant de longues heures, ont été voulus, de part et d’autre, pour tester la réaction de chaque antagoniste dans un jeu de rapport de forces et ce, pour plusieurs raisons.


La première raison est liée au traitement de l’affaire par la presse. Une certaine presse s’est jetée sur cet os, le présumé viol, pour instruire à charge contre le leader de Pastef et le désigner coupable, en distillant des informations fausses sur l’identité de la victime ou à la recherche de buzz, en interviewant la propiriètaire du salon de message ou une autre presse qui tend également le micro pour balayer d’un revers de main ces supposées accusations.

Comme si, dans cette affaire gravissime, chaque camp était seulement animé par une volonté de salir, de disculper ou de jeter le trouble dans l’esprit des citoyens sénégalais. Une certaine forme de délation. Nous devons nous garder de tout esprit partisan dans le traitement de l’information et quelle que soit sa nature. La qualité de la personne mise en cause ne doit en aucune manière permettre à un journaliste, de se montrer partial et partisan dans le traitement de l’information. C’est la qualité même de l’information qui est en jeu.

Qui plus est, le journaliste n’est pas, dans le cas d’un viol présumé ou dans toute autre affaire criminelle, habilité à faire le travail de la Section des Recherches de la gendarmerie, pour recueillir le point de vue d’une personne témoin ou appelée à témoigner devant les enquêteurs, en raison même de son statut ou de sa position dans ladite affaire. Et même, jusqu’à annoncer la convocation de M. Ousmane Sonko à la Section des Recherches, alors qu’à ce stade de l’affaire, aucun élément de la police ou du ministère de la justice ne s’est pas encore fendu d’un communiqué pour étaler les accusations de viol. Un moyen idéal pour orienter l’enquête ou faciliter une destruction de preuves sans qu’on n’y prenne garde. Il ne s’agit nullement de dénier à la presse son devoir d’informer juste ou je ne sais une quelconque forme de rétention de l’information. Mais, chaque acteur doit jouer son rôle dans les limites de ses attributions, ni plus ni moins. Tout compte fait, le journaliste, quelque soit son talent ou son aura, doit s’inscrire indubitablement dans le cadre de la déontologie qui régit son travail Et, c’est là où les lois et les règlements en vigueur ont encore tout leur sens dans un Etat de droit et non dans une république bananière.



La deuxième raison est liée à la position de la Section des Recherches de la gendarmerie. Personne ne peut dénier à la Section des Recherches sa place dans cette affaire présumée de viol. Il leur revient de droit, de mener les enquêtes, de faire des recoupements, d’auditionner les personnes impliquées ou non dans l’affaire ou même pouvant permettre d’éclaircir ces éléments de l’enquête. C’est son rôle. Elle agit dans le cadre de la loi fixant et délimitant ses prérogatives. Personne également ne peut douter de sa compétence pour élucider de telles affaires. Soit.

Mais, dans le cadre de cette affaire, nous estimons qu’elle devait avoir une réaction proactive, afin de ne laisser planer aucune suspicion de complot ou de règlement de comptes politiquse. En effet, elle pouvait, dès qu’elle a eu la déposition de la plaignante et après avoir vérifié quelques formalités d’usage, tenir un point de presse ou de faire un communiqué en vue de couper cours à toutes les informations distillées par ci et par là dans la presse et de rappeler à l’ordre tout un chacun à se conformer à la loi, ne serait – ce que pour montrer son autorité et pour éviter que les droits de la plaignante et de la personne mise en cause ne soient bafoués. Au plus, le silence de la Section des Recherches de la gendarmerie sur l’affaire a facilité le déploiement d’une surenchère pitoyable, bafouant toutes les règles de bienséance et a donné même l’occasion à l’avocat de la propriétaire du salon de massage Sweet Beauté, maître Bassirou Baldé, de sortir de ses gonds et de l’accuser ouvertement de tentativement d’intimidation et de harcèlement psychologique pour pousser sa cliente au parjure. Et à ce jour, aucun démenti de la Section des Recherches de la gendarmerie. Des allégations très graves.

Cependant, même si son travail se fait très souvent dans l’ombre, nous estimons que dans cette affaire, un certain pragmatisme aurait permis d’éviter ces scènes de violence ou à tout le moins, de les étouffer dans l’oeuf parce qu’elle sait pertinemment qu’il ya des actes administratifs à effectuer avant que le député monsieur Ousmane Sonko ne puisse déférer à sa convocation. La Section des Recherches de la gendarmerie connaît le droit et a l’obligation de se conformer à la loi en dépit même du fait qu’elle est ou agit sous l’autorité du procureur de la République. Elle ne peut pas aller à l’encontre des dispositions de la loi.



Par ailleurs, elle avait la possibilité de se conformer à la loi et devait légalement faire comme dans l’affaire du député faussaire Boughazellli, qui non seulement a été pris en flagrant délit, demander la levée de son immunité parlementaire. Ou est – ce qu’il est permis, aujourd’hui à Ndoumbélane, de s’affranchir de la loi lorsque la personne incriminée est un adversaire politique du chef de clan Macky Sall ? Toute la question est là et c’est à la fois dommage et regrettable que nos concitoyens puissent ne serait-ce qu’une seule fois, penser voire douter de votre impartialité dans l’exercice de votre mission. Un simple respect de la légalité des actes et des formes de procédure, aurait amplement suffit afin d’éviter cet embrasement d’hier et faire taire toutes ces suspicions de complot ou de chasse à l’homme. La Section des Recherches a le devoir impérieux de diligenter l’enquête en toute objectivité, en toute impartialité, en toute indépendance et en toute responsabilité et c’est à ce niveau seulement que le peuple sénégalais l’attend et non à une compromission, qui ternira à jamais son image. Faites juste votre travail avec dignité et en respectant scrupuleusement les droits de chacune des parties.

La troisième raison est liée à la posture de la personne mise en cause dans cette affaire présumée de viol. En effet, monsieur Ousmane Sonko, après avoir balayé d’un revers de main, ces accusations, qu’il juge ignobles et c’est son droit le plus absolu de les rejeter. Mais là, n’est la question parce qu’il aura en temps opportun, la latitude de s’expliquer devant les enquêteurs et de rejeter en bloc ces accusations. Cependant, la manière dont il a communiqué sur cette affaire en pointant du doigt le chef de clan Macky Sall, son ministre de l’intérieur, monsieur Antoine Félix Diome et le procureur de la République Serigne Bassirou Guèye d’être derrière cette machination sordide en vue de le salir, laisse la porte grandement ouverte à ses militants et sympathisants le choix d’utiliser la rhétorique du complot politique et de se préparer à la résistance. En tout état de cause, il ne fallait pas s’attendre à autre chose. C”est une forme de réponse du berger à la bergère. Ainsi, les militants et sympathisants se sont donné comme boucliers humains en vue de protéger leur leader politique, monsieur Ousmane Sonko, devant un guet-apens tendu par les forces de l’ordre et ce, malgré leurs dénégations tous azimuts. Pourquoi donc, tout ce dispositif de répression à la Cité Keur Gorgui ?

Cette posture victimaire et au – delà même de l’affaire présumée de viol, est la suite logique de toute une serie d’accusations que le régime du chef de clan Macky Sall a portées à son encontre sans y apporter la moindre preuve. Le leader de Pastef Les patriotes, monsieur Ousmane Sonko, est perçu par beaucoup de nos concitoyens comme l’ennemi à abattre ou à disqualifier dans le champ politique, après monsieur Karim Meissa Wade et monsieur Khalifa Ababacar Sall et l’adversaire le plus redoutable contre le système pernicieux d’accaparement systématique de nos deniers publics. Nous avons déjà évoqué ce fait dans une contribution : lhttps://https://ift.tt/3tKqXuI, en mettant en exergue l’adversité politique et le choix même du système de valeurs à mettre en oeuvre au Sénégal, deux conceptions diamétralement opposées. Une lutte à mort pour prendre le dessus parce qu’en vérité, dans la forme comm...



from Leral.net - S'informer en temps réel https://ift.tt/3d0EjwW
via gqrds
Share To:

ThiesActu

Post A Comment:

0 comments so far,add yours