La caravane de la sensibilisation : un entretien avec de jeunes bénévoles qui plaident pour l’éducation des filles au Sénégal – UNESCO - THIESACTU

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mercredi 2 juin 2021

La caravane de la sensibilisation : un entretien avec de jeunes bénévoles qui plaident pour l’éducation des filles au Sénégal – UNESCO

Les femmes représentent jusqu’à plus de 50 % de la population sénégalaise, mais elles sont peu nombreuses à être alphabétisées. Les normes de genre nuisibles, la pauvreté, le mariage précoce, la grossesse précoce et non désirée, les tâches ménagères et la fourniture de soins ont un impact disproportionné sur les filles, sur la continuité de leur apprentissage et sur leur parcours éducatif.

La pandémie de COVID-19 a exacerbé les défis existants pour l’éducation des filles. La fermeture des écoles à l’échelle nationale a poussé un nombre croissant de filles à l’abandon scolaire, certaines risquant de ne jamais retourner en classe. Pour y remédier, le Mouvement Citoyen BanlieueUP a lancé une campagne de sensibilisation embarquée sur une caravane mobile afin de soutenir la rescolarisation des filles.

Entretien avec Ndeye thioro Teuw et Ndiack Dieng, deux des 12 jeunes bénévoles qui ont inlassablement plaidé pour l’éducation des filles à bord d’une caravane mobile sillonnant les banlieues de Dakar, au Sénégal.

La caravane a parcouru 14 banlieues de Dakar. Pourquoi est-il important de plaider pour l’éducation des filles dans ces quartiers ?

Ndeye thioro : Il est devenu essentiel de maintenir les filles à l’école pour construire un monde plus équilibré. Nous devons défendre le droit des filles à l’éducation et encourager celles-ci à affronter et à surmonter les obstacles sociaux, culturels et économiques. À cause de la pandémie, de nombreuses filles ont tendance à abandonner l’école et à travailler dans des petits magasins pour soutenir financièrement leur famille, en particulier dans les zones éloignées. Les messages de la caravane ont contribué à sensibiliser les communautés et à encourager les filles à poursuivre leurs études.

Ndiack : L’éducation permet aux filles de connaître leur histoire et leurs valeurs, de construire leur propre avenir dans un monde globalisé en pleine mutation. Le maintien des filles à l’école développe le capital humain et constitue un facteur transversal qui influe sur l’emploi, la santé et la capacité des femmes à revendiquer leurs droits. Je pense qu’il était crucial de se concentrer sur l’éducation des filles dans les banlieues parce que c’est là que les filles ont été les plus nombreuses à abandonner l’école.

Grâce à ses messages diffusés par haut-parleur, la caravane a touché au total 20 000 personnes au niveau communautaire. Selon vous, quel type d’impact ces efforts de plaidoyer ont-ils eu ? Comment ont-ils été reçus ?

Ndeye thioro : Dans ma banlieue de Pikine, la campagne a eu un impact fort et immédiat sur l’administration locale ainsi que sur les jeunes femmes et leurs parents. Nous avons également interagi directement avec les membres de la communauté, pour toucher les filles qui risquaient d’abandonner leurs études et celles qui étaient en retard sur leur inscription à l’école.

Ndiack : La caravane a diffusé ses messages dans les langues nationales. Par exemple : « Yaye booy xaléla baayima ma Jangui ! » ce qui signifie « Maman, je suis jeune, laisse-moi aller à l’école pour apprendre ! » et « Lou goor meune, jigeen meen na louko raaw! » ce qui signifie « Tout ce qu’un homme peut faire, une femme peut le faire et plus encore ! ». Les messages mettant en vedette des femmes qui réussissent ont également joué un rôle déterminant. Nous avons reçu beaucoup de commentaires positifs de la part de parents qui ont promis de faire de leur mieux pour que leurs filles continuent d’aller à l’école. De nombreux parents ont contribué en s’exprimant directement dans le haut-parleur de la caravane sur le maintien des filles à l’école.

Vous avez été parmi les 12 jeunes bénévoles qui ont reçu deux formations sur l’égalité des genres et sur le travail de plaidoyer. Comment ces nouvelles compétences et connaissances vous ont-elles aidés à plaider pour l’éducation des filles ?

Ndiack : Ces sessions de formation m’ont doté d’outils pertinents pour plaider en faveur de l’éducation des filles. Par exemple, j’ai appris comment le fait d’investir dans une éducation de qualité pour les filles permettrait à l’Afrique de tirer parti du dividende démographique pour stimuler le développement par la science et la technologie. J’ai aussi appris que l’inclusion sociale et économique des femmes est la base d’un développement durable et inclusif au Sénégal.

Que retiendrez-vous de cette expérience ? Que faut-il faire pour promouvoir l’éducation des filles à l’avenir ?

Ndeye thioro : Ça a été une belle expérience. Pour les efforts futurs, nous devons œuvrer ensemble à promouvoir l’éducation des filles. Nous avons l’intention de poursuivre ce travail dans les années à venir afin d’accroître l’impact, car le travail est loin d’être terminé.

Ndiack : J’ai eu l’honneur de participer à ce projet et de contribuer à notre société en maintenant les filles à l’école. La caravane est une approche innovante qui permet de toucher beaucoup de personnes au niveau local et son impact a été immédiatement ressenti au sein des communautés. Il est important de soutenir davantage d’organisations locales comme BanlieueUP dans leur travail sur la promotion du leadership des femmes et de l’éducation des filles au niveau local.

Chacun des 12 bénévoles s’est directement engagé auprès d’au moins 50 chefs de famille, soit un total de 600 personnes. On estime que 1 000 personnes ont également été touchées dans chacune des 20 communes par le système audio de la caravane et 300 000 autres personnes ont été touchées par le biais des réseaux sociaux.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Taxawau Banlieue, Aar Jangu Xaleyu Jigeen Yi » (ce qui signifie « Pour les banlieues, pour l’éducation des filles ») soutenu par l’ambassade du Portugal au Sénégal. Mis à part la campagne de sensibilisation réalisée par la caravane, BanlieueUP vise à soutenir 60 filles dans les trois banlieues de Pikine, Guédiawaye et Rufisque en leur offrant des fournitures scolaires et des masques anti-COVID et en assumant le coût de leurs soins de santé universels pendant toute une année.

En savoir plus :

Photo: © Mouvement Citoyen BanlieueUP



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