Mobilisation des professionnels de santé guadeloupéens pour la vaccination – Journal International de Médecine (inscription) - THIESACTU

Breaking

mardi 29 juin 2021

Mobilisation des professionnels de santé guadeloupéens pour la vaccination – Journal International de Médecine (inscription)




Paris, le mardi 29 juin 2021 – D’inévitables différences existent
en ce qui concerne les taux de vaccination des départements et
régions françaises. Cependant, les écarts demeurent modérés en
métropole. Ce n’est pas le cas dans les départements et territoires
d’Outre-mer. En effet, aujourd’hui, à peine 16,60 % de la
population guadeloupéenne, 15,50 % des Martiniquais, 27,20 % des
Réunionnais et 16,6 % des Mahorais ont reçu une première dose de
vaccin, contre entre 45 et 55 % dans les autres départements du
pays. Seule fait exception la petite Saint-Barthélemy, à la
population majoritairement d’origine européenne, avec 60,88 % de
ses adultes vaccinés.

Des doses reçues mais non administrées

Le retard s’expliquait initialement par un acheminement différé des
doses. Cependant, les difficultés initiales ont été corrigées et il
n’existe plus de risques de pénurie. Dans certains départements, on
constate même que la majorité des doses disponibles sur place n’ont
pas été administrées. Ainsi, à Mayotte au début du mois seules 34,6
% des doses reçues avaient été injectées (contre une moyenne de
89,7 % sur l’ensemble du territoire national).

Défaut d’adhésion

Les professionnels de santé de ces départements, notamment en
Guadeloupe déplorent le poids de la diffusion de fausses
informations sur les vaccins. Les médias locaux n’hésitent pas en
effet à ouvrir régulièrement leurs colonnes à des personnalités qui
ont fait leur spécialité du dénigrement des vaccins et de la
diffusion de théories complètement infondées. Le ministre des
Outre-mer, Sébastien Lecornu a ainsi récemment dénoncé : « On
peut en vouloir à quelques agités qui sont allés faire peur avec
des arguments complètement mensongers sur les réseaux sociaux
»
et dans les médias locaux. Pour lui, il ne fait guère de toute que
la faible couverture vaccinale en Guadeloupe et dans les autres
départements d’outre-mer est le résultat d’un « défaut
d’adhésion
».

Déconstruire les fake-news

Cette situation préoccupe d’autant plus les autorités sanitaires
que les populations ultramarines souffrent plus fréquemment de
comorbidités que celles résidant dans l’hexagone, tandis que les
capacités hospitalières sont également plus restreintes. C’est
pourquoi, l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) de
Guadeloupe en collaboration avec l’ARS a lancé une campagne de
sensibilisation. Des équipes mobiles vont ainsi à la rencontre des
populations au cœur des villages, pour inviter à la vaccination.
Par ailleurs, des concerts bénéficiant de la participation
d’artistes locaux ont été organisés aux abords des centres de
vaccination, afin d’augmenter leur attractivité. Enfin, cent sept
professionnels de santé, médecins, pharmaciens et infirmiers,
témoignent depuis plusieurs jours dans les médias et les réunions
publiques afin de transmettre des informations justes sur
l’efficacité et la tolérance des vaccins. Parmi eux, le Dr
Emmanuelle Ursule-Oulac travaille à la déconstruction des fake-news
qui circulent sur les réseaux sociaux guadeloupéens. De son côté,
le Dr Guy Ursule insiste sur la nécessité de constituer une
véritable immunité collective qui permettra d’éviter les
confinements dont ont beaucoup souffert les habitants de la
Guadeloupe.

Réflexes de rejet

Si la mobilisation de ces praticiens est remarquable, difficile de
prédire l’impact qu’elle pourrait avoir sur une défiance vaccinale
qui est souvent solidement ancrée. La France n’est d’ailleurs pas
la seule à faire face à de tels mouvements d’hostilité d’une partie
de la population appartenant à des minorités ethniques. Aux
États-Unis, depuis déjà plusieurs mois, les alertes concernant les
faibles taux de vaccination des noirs se multiplient. Si les salons
de coiffure afro-américains ont été invités à devenir des «
promoteurs clés pour la vaccination », les réflexes de rejet
demeurent solides.  Pour certains sociologues, ces réflexes
sont pour partie une réponse à des décennies de déconsidération des
personnes noires y compris par le corps médical.

A.H.



from WordPress https://ift.tt/3ju7fR8
via IFTTT

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire