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vendredi 20 août 2021

Limoux. Aude : “Hors des circuits traditionnels de santé” – LaDepeche.fr

l’essentiel Médecin en Haute Vallée, directeur de l’hôpital de Limoux, infirmier dans les Corbières : Eric Coué, Jean Brizon et Stéphane Dalmau décryptent les données de la Sécu.

Le Dr Eric Coué, longtemps cheville ouvrière de la MSP d’Espéraza, accueille sans sourciller les données de la CPAM. Et notamment le grand écart qui caractérise les Pyrénées Audoises : “Il y a une population de néoruraux qui est hors des circuits traditionnels, qu’ils soient économiques, sociaux ou médicaux. Il ne s’agit pas d’aller dans la caricature, mais ce sont des personnes qui ne fonctionnent pas en ayant recours à la médecine traditionnelle occidentale. On s’est rendu compte de longue date de ce phénomène. Ce sont des gens qui ne font d’ailleurs pas vacciner leurs enfants contre la coqueluche, ou la rougeole, et on a régulièrement quelques poussées de ces maladies.” Et d’évoquer, comme possible facteur, sur le plan logistique, des cabinets médicaux “échaudés” par les délicats débuts de la vaccination et de l’approvisionnement : “Les patients s’inscrivaient par dizaines et la veille des rendez-vous on apprenait qu’il n’y aurait pas les doses. Ça a pu décourager certains libéraux.”

“La proximité”

Un constat qui n’a cependant pas empêché le fonctionnement des deux centres limouxin et quillanais. Au 15 août, les deux sites avaient assumé l’injection de 17 219 doses, auxquelles s’ajoutent 3 000 doses “pour des personnes qui n’avaient pas pu s’inscrire sur Doctolib”, complète Jean Brizon, directeur de l’hôpital de Limoux-Quillan, convaincu que la double structure a “joué la carte de la proximité”. Citant l’ouverture “du centre de Limoux du lundi au dimanche, dès le début, pour toucher une population pour qui la question de la mobilité se pose, avec une accessibilité aux services publics moins forte que dans des zones urbaines” ; et rappelant que le centre quillanais a permis “d’irriguer la Haute Vallée, une zone rurale, de montagne, avec une population isolée, assez âgée, qui n’a pas l’habitude d’utiliser internet”.

Un portrait-robot qui justifiait le fameux “aller vers”, en misant sur les maisons de santé pluridisciplinaires d’Axat et Belvèze-du-Razès, en travaillant de concert avec le Sdis ; en comptant aussi sur les précieux médecins retraités. De quoi compenser “une densité de compétences médicales et paramédicales moins forte que dans les très grands centres urbains”.

“Il a fallu prioriser”

Dans les Corbières, Sébastien Dalmau, vice-président de l’ordre des infirmiers et installé à Tuchan, rappelle que le territoire est caractérisé par l’isolement de certaines de ses zones. “Pour certains, il faut compter 50 minutes pour aller sur les centres de vaccination de Narbonne ou Perpignan.” Les actions ciblées, menées par les interco, la Région ou le Sdis ont certes permis de compenser ce frein.

Mais c’est aussi sur le tissu libéral que la mission a reposé : “On a fait des séances organisées avec la MSP de Tuchan.” Restent des limites matérielles : “Chaque infirmier a droit à un flacon de Moderna par semaine, soit 10 doses. Il a donc fallu prioriser, et on a fait le choix des plus âgés.” Logiques ressenties dans les chiffres, avec une CdC Corbières Salanques Méditerranée qui talonne les interco narbonnaise et carcassonnaise pour les 65-74 ans et les plus de 75 ans. Et doit gommer les retards constatés chez les 20-39 et 40-59 ans.



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