COVID-19 : la chronique du Dr Pierre Blaise au 7 septembre 2021 – ARS Pays de la Loire - THIESACTU

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mardi 7 septembre 2021

COVID-19 : la chronique du Dr Pierre Blaise au 7 septembre 2021 – ARS Pays de la Loire

La course poursuite s’est jouée tout l’été. Avec en point de mire, la barre, au niveau national, des 50 millions de primo vaccinés.

Le pari est quasi tenu.

Et il produit ses effets.

La vague du variant delta qui promettait d’être sévère a été cassée dans les tous derniers jours d’août et l’incidence reflue.

Même si les effets de ce reflux ne se font pas encore sentir dans les hôpitaux qui restent sous forte pression, sans être saturés pour autant.

Sauf, hélas, dans les outremers, où le taux de vaccination resté trop faible, n’a pas eu le même effet protecteur, alors que le variant delta frappe avec toute la puissance de sa contagiosité extrêmement forte.

Mais ce n’est peut-être qu’une première manche ; la rentrée, avec les brassages de population de retour de vacances, la reprise des collectifs de travail et surtout la rentrée scolaire, ouvre une période de risques, qui appelle à la plus grande vigilance et à la poursuite de l’effort de vaccination. Car du chemin reste à faire avant qu’elle ne puisse nous mettre, avec les autres mesures de protection, à l’abri de nouvelles vagues meurtrières.

Voyons pourquoi ?

Fin juillet, nous sortions d’une troisième vague qui n’avait finalement pu être arrêtée qu’avec des mesures de confinement.

Déclenchée par le variant alpha (dit anglais) elle faisait suite à un long faux plat au sortir de la période des fêtes de noël.

Avec la domination progressive du variant alpha durant le mois de février elle avait pris le relai de la seconde vague de novembre, sans nous laisser de répit.

Un temps, nous avons eu l’espoir que la vaccination montante allait freiner suffisamment cette troisième vague, évitant un confinement.

Las, la contagiosité accrue de 50% du variant alpha et la montée en charge de la vaccination ralentie par des capacités de production et de distribution en Europe encore insuffisantes a douché cet espoir.

Ces 9 mois épuisants, de confinements en couvre-feux, ont fortement atteint le moral de tous. Les soignants sur le front. Soutenus par les acteurs de l’ombre, administration, collectivités locales, société civile.

Les populations, forcées à s’adapter à des mesures toujours difficiles à calibrer tant l’incertitude était forte. Les scientifiques mobilisés sur la compréhension des moteurs de l’épidémie et sur la recherche de parades efficaces faisant face à des controverses, saines, ou des polémiques, parfois décourageantes.

Les plus fragiles ont payé le prix fort. Les plus âgés durant les premières vagues mais également les plus jeunes dont la santé mentale a été touchée pour nombre d’entre eux.

Sans surprise, et comme on le constate trop souvent en santé publique les conséquences négatives de cette pandémie se sont distribuées suivant un gradient social qui a vu les populations d’autant plus à risque et atteintes qu’elles appartiennent à des catégories sociales moins favorisées.

Et ce gradient se retrouve aujourd’hui dans la distribution de la couverture vaccinale et dans l’adhésion à la vaccination.

Au moment où la donne change à nouveau avec cette 4ème vague poussée par le variant delta, nous disposons, avec la vaccination, d’un atout majeur, d’une carte maîtresse pour contrôler l’épidémie.

Son efficacité, peut-être un peu réduite s’agissant du variant delta mais restant importante, a permis d’écrêter cette quatrième vague là où la vaccination, récente, atteignait des niveaux suffisants.

Cependant la distribution de la couverture vaccinale dans la population et sur les territoires reste encore trop inégalitaire.

C’est l’évidence concernant les territoires d’outremer. Mais s’applique également aux territoires et populations socialement défavorisées.

L’achèvement d’une couverture vaccinale suffisante pour aborder sereinement l’hiver demande d’amener ces populations socialement moins favorisées à bénéficier du même niveau de protection que l’ensemble de la population.

Ou même d’un niveau de protection plus élevé puisqu’elles cumulent plus de facteurs de risque selon ce même gradient social.

En mettant ainsi à l’œuvre le principe de l’universalisme proportionné.

Et le même raisonnement devrait s’appliquer au niveau international.

C’est tous ; ensemble, que nous sortirons de cette épidémie.

Ou alors les succès de quelques-uns seront compromis par les défaillances ou les difficultés des autres.

Un risque accru de quatrième vague sévère avec l’émergence du variant delta dès le début de l’été.

Alors que le nombre de nouveaux cas, le taux d’incidence et le nombre de personnes hospitalisées étaient revenus, en début juillet 2021, au niveau de juin 2020, le variant delta, apparu en juin 2021, a déclenché, dès le début de l’été, une nouvelle vague épidémique, après avoir progressivement, mais très rapidement, pris la place du variant alpha, responsable de la troisième vague, durant le mois de juin.

La connaissance de ce qui s’était passé, avec ce variant delta en Inde d’abord, en Angleterre ensuite, faisait craindre le pire.

En effet, le potentiel épidémique théorique de ce variant était redoutable.

 Et il avait hélas « fait ses preuves » dans les pays aux populations peu ou pas vaccinées.

Encore et toujours, c’est le taux de reproduction, le R0, le nombre de personnes qu’une personne infectée contagieuse peut contaminer, qui détermine la vitesse de propagation du virus dans une population en fonction de son degré de promiscuité. Degré de promiscuité qui se modère par les mesures barrières et la distanciation.

Nous l’expliquions en détail dans la dernière chronique.

Le taux de reproduction (R0) du virus initial (Chine) était estimé à 3.

Cela veut dire que sans mesures de freinage (vaccination, mesures barrières, isolement des contacts…) une personne va en contaminer 3 en 4 à 5 jours, qui par la suite, en contamineront 9, qui en contamineront 27, …

 Après 5 cycles de transmission d’environ 5 jours soit environ 4 semaines, ce sont 250 personnes qui sont contaminées.

Le variant delta (indien) est 60% plus contagieux que le variant alpha (anglais) lui-même 50 % plus contagieux que le virus original (chinois). On peut donc estimer son taux de reproduction à près de 7. Un peu plus du double de celui du virus initial.

Avec le variant delta, donc, sans mesures de freinage, Une personne en contamine un peu moins de 7 qui ensemble en contaminent 49 qui ensemble… Après 5 cycle de contaminations ce ne sont pas 2 fois 250 donc 500 personnes qui sont contaminées mais… 16 000 !

Ces projections illustrent la nature exponentielle de la diffusion d’une épidémie en l’absence de mesures de contrôle.

Nous avons exposé à plusieurs reprises dans ces chroniques lors des différentes vagues, le double biais cognitif qui rend difficile l’appréhension de l’accélération brutale de l’épidémie et le « retard à l’allumage » qui nous guette si on préfère attendre que les signes de saturation commencent à apparaitre pour éviter de sur-réagir.

Ces projections permettent de mieux comprendre les ravages potentiels de la propagation de la covid lorsqu’elle est portée par le variant delta.

Et explique notre appel à la vigilance extrême mi-juillet, lorsque nous écrivions ne pas savoir quel serait l’impact de la vague en formation, sur le système de soin portée par le variant delta, même s’il était en partie freiné par une vaccination croissante ; mais dont la puissance de freinage sur la transmission, complémentaire des autres mesures, n’était pas connue.

Quelle couverture vaccinale pour l’arrêter ?

Nous expliquions également. Comment estimer le taux nécessaire de couverture vaccinale qui permette de lever toutes les autres mesures de contrôle (mesures barrières, distanciation, isolement des contacts) laissant seule la vaccination et l’immunité naturelle freiner le virus.

Encore une fois, c’est le taux de reproduction qui permet de calculer le taux d’immunité naturelle ou vaccinale qu’il faut atteindre pour empêcher le virus de trouver autour de lui suffisamment de candidats non protégés à infecter.

En effet, avec un taux de reproduction inférieur à 1, l’épidémie régresse ; supérieur à 1, elle croît, puis accélère de façon exponentielle, si rien n’est fait.

Le pourcentage nécessaire de personnes protégées par l’immunité, pour que le taux de reproduction descende spontanément au-dessous de 1 est donné par la formule 1-1/R0.

Avec un R0 de 6 (la dernière estimation du R0 pour le variant delta proposée par le conseil scientifique dans son avis du 25 août), il faut donc que 1-1/6= 0,83, autrement dit 83% de la population soit protégé par l’immunité.

Mais cela ne définit pas directement le taux cible de couverture vaccinale à atteindre.

En effet, l’immunité peut être acquise par le vaccin, mais aussi par la maladie elle-même.

Il faut donc également prendre en compte le fait qu’une partie de la population a fait une forme symptomatique ou asymptomatique et possède donc des anticorps protecteurs. Elle est estimée au décours de la 3ème vague à 25% mais elle est très hétérogène selon les territoires, liés à l’intensité de la circulation virale passée.

Cependant, on ne peut pas simplement soustraire ces 25% des 83% ciblés car une partie des vaccinés, ceux qui ont fait à leur insu des formes asymptomatiques de la covid, sont déjà comptés dans les 83%. Et ils ne sont pas connus systématiquement.

Ensuite, cette cible théorique de 83% immunisé se rapporte à l’ensemble de la population et non pas à la seule population éligible au vaccin. Or on ne vaccine pas les enfants de moins de 12 ans.

Les moins de 15 ans (l’INSEE découpe les tranches d’âge par classe de 5 ans) représentent 18% de la population. La couverture vaccinale maximale possible en vaccinant 100% de la population éligible (les plus de 12 ans) serait donc autour de 85%.

Il faut également tenir compte de l’efficacité du vaccin sur le risque qui nous intéresse ici. Celui d’être contagieux. Elle n’est pas de 100%.

Son estimation pour le variant delta est encore imprécise.

Selon l’avis du conseil scientifique du 25 aout, l’efficacité vaccinale contre les formes symptomatiques par le variant delta pourrait être de l’ordre de 60 à 90%.

Et si de nombreuses premières études montraient que la charge virale était abaissée chez les personnes vaccinées, le CDC américain retrouvait chez les personnes symptomatiques, la même charge virale qu’elles soient vaccinées ou non.

Mais à ce jour, la correspondance entre la charge virale (quantité de particules virale détectées par PCR) et la contagiosité n’est pas établie ! Autrement dit la mesure de la charge virale (viral load) ne dit pas à quel point la personne qui la porte est contagieuse.

Pour toutes ces raisons, il est donc difficile de définir avec exactitude quel est le taux cible de vaccination en population générale pour que la vaccination, à elle seule, puisse éteindre l’épidémie.

Et cela n’est probablement pas utile puisque les dernières études qui montrent que les personnes vaccinées peuvent être contagieuses y compris en étant asymptomatique confirment que le virus restera en capacité de circuler et ne peut donc, même en théorie, être éradiqué.

Mais trois éléments sont robustes quant au rôle de la vaccination pour le contrôle de l’épidémie.

  • Plus la couverture vaccinale est élevée, plus elle contribue à freiner la propagation du virus. Et le chiffre avancé de 90% de personnes immunisées pour amener le taux de reproduction au-dessous de 1 semble plausible.
  • Les vaccins confèrent une protection contre les formes graves de la maladie de l’ordre de de 90% (avis du conseil scientifique du 25 août).
    Aujourd’hui, en France 9 personne hospitalisées ou en réanimation sur 10 sont des personnes non vaccinées.
  • Le vaccin protège donc significativement du risque de forme grave et c’est bien le plus important

En effet, si elle réduit la transmission sans l’empêcher, et que même vacciné on peut être contagieux, la vaccination seule ne suffira pas à éteindre la circulation virale.

Il faut donc la combiner aux mesures barrières, et à l’isolement des contacts pour garder l’épidémie sous contrôle tant que la menace sur la saturation du système de soins persiste.

La forme prise par cette quatrième vague confirme l’apport majeur de la vaccination pour son contrôle.

Ces éléments de discussion restent cependant pour partie théoriques et reposent sur des hypothèses.

Qu’apprenons-nous de la réalité du cours de l’épidémie durant ces dernières semaines ?

Dès la mi-juillet, l’incidence est repartie à la hausse.

Probablement avec le brassage de population favorisé par les congés.

Et avec l’intensité accrue des interactions sociales propres aux vacances.

Et un relâchement des mesures barrière devant la baisse constatée des taux d’incidence en juin et le sentiment de sécurité ressenti par les personnes vaccinées.

Mais l’épidémie a connu une cinétique particulière cet été liée à la répartition de la population sur le territoire durant la période d’une part et à la montée en charge concomitante de la vaccination qui a été ouverte à la population générale au début de l’été d’autre part.

Lors du premier confinement de mars 2020, la grande migration des habitants d’Ile de France disposant de lieux de villégiature sur les côtes avait fait craindre une poussée épidémique dans ces territoires d’accueil, en particulier la Vendée. Ce ne fut pas le cas

A l’été 2020, si reprise épidémique il devait y avoir, on l’attendait sur la côte et dans les villes. « Les départs de feux » ont été en Mayenne et en Sarthe dans des départements plutôt ruraux !

Cet été 2021, en revanche, il y a eu une différence marquée entre les départements littoraux, Loire -Atlantique et Vendée touchés plus tôt et plus intensément. Et les départements continentaux Mayenne, Sarthe et Maine-et-Loire touchés plus tard et moins sévèrement.

L’épidémie est en effet repartie de façon intense dès la mi-juillet sur le littoral. Cette fois les migrations des vacances ont entraîné la circulation plus intense du virus.

Les taux d’incidence se sont élevés jusqu’à 150/100 000 en Loire-Atlantique et jusqu’à 122/100 000 en Vendée, alors que ce dernier département avait plutôt été épargné par les vagues précédentes.

Dans les départements de Maine-et-Loire, de Mayenne et de Sarthe, le taux d’incidence s’est élevé plus tardivement plus lentement, pour atteindre un plateau à partir de la mi-août, un peu au-dessus de 100/ 100 000 et jusqu’à 122/100 000 en Maine-et-Loire

Comme les précédentes, cette vague a commencé par les populations jeunes, en particulier les 15-30 ans. Mais de façon plus encore plus marquée.

C’est logique, ce sont ceux qui ont le plus d’interactions sociales pendant l’été et ceux qui se déplacent le plus d’un territoire à l’autre.

Le taux d’incidence des 15-30 s’est élevé dans la dernière semaine de juillet jusqu’à près de 500/100 000 pour les 15-30 ans en Loire-Atlantique et en Vendée. Des taux d’incidence pour cette classe d’âge qui n’avait pas été atteints au cours des deux dernières vagues.

Alors qu’il est resté pour ces populations en deçà de 300/100 000 en Maine-et-Loire, en Mayenne et en Sarthe. Témoignant probablement des déplacements de vacances sur la côte. Avec une accélération moindre.

Les populations de 30 à 45 ans ont été concernées un peu plus tard et de façon moins intense. Avec des taux d’incidence restés à moins de 200/ 100 000 .

Au-delà de 45 ans la hausse du taux d’incidence a été encore moindre. Cela peut s’explique par la conjonction de deux facteurs : des interactions moindres, c’est ce que l’on a également interprété lors des vagues précédentes. Mais aussi probablement l’impact de la vaccination qui n’avait touché que ces populations plus âgées avant l’été.

Une particularité a concerné les moins de 15 ans. Moins touchés que leurs ainés, ils ont cependant été plus impactés que durant les autres vagues. Et ils ont présenté des taux de positivité très élevés de l’ordre de 10% quand les autres classes d’âges restaient autour de 2,5%.

Le taux d’incidence doit cependant être corrélé au regard du taux de dépistage. Comme nous l’avons expliqué maintes fois au cours de chroniques précédentes.

Or, au cours de l’été 2021, le dépistage a atteint des niveaux jamais atteints.

En particulier chez les jeunes de 15 à 30 ans. Comme s’il se dépistaient spontanément au gré des risques liés aux rencontres et aux déplacements. D’autant plus qu’ils avaient eu moins de temps que leurs ainés pour se vacciner.

Les taux de positivité sont d’abord remontés avec le redémarrage de l’épidémie.

Mais assez rapidement, le taux de positivité des tests a baissé en même temps que le taux de dépistage montait, témoignant, comme lors de la période de noël d’un grand nombre de tests préventifs de personnes ne présentant pas de symptômes.

A l’exception très notable des moins de quinze ans, probablement parce que dans cette classe d’âge, ce sont surtout des enfants symptomatiques qui ont été surtout testés.

Cette accélération massive du taux de dépistage a rendu l’interprétation des données délicate.

En effet, avec une telle intensité de dépistage, on accroit la détection des personnes asymptomatiques qui seraient passés inaperçues si elles ne s’étaient pas testées.

La croissance relative du taux d’incidence en est artificiellement accrue. Et on ne peut pas distinguer la part d’accroissement due à l’épidémie de la part d’accroissement due au dépistage intense.

Nous nous trouvions donc en août dans l’incertitude, en constatant la persistance d’un plateau élevé alors que le taux dépistage décroissait rapidement sans pouvoir savoir si cette stagnation reflétait les difficultés du virus à se répandre à cause d’un nombre croissant de personnes vaccinées difficile à infecter.

Ou si elle reflétait le retour à l’incidence réelle avec un taux de dépistage plus normal.

Or la question cruciale était de savoir si ce plateau ne se poursuivrait pas par une reprise d’accélération en fin d’été, dans une croissance exponentielle.

Mais heureusement à partir de la troisième semaine d’aout, le taux de positivité a décru lentement avec le taux d’incidence.

Nous étions donc devant une décroissance effective de cette vague.

Et le 4 septembre le taux d’incidence passait au-dessous de 100/100 000 en Loire-Atlantique.

Il est à 79/100 000 pour l’ensemble des Pays de la Loire le 7 septembre 2021.

Le taux de reproduction effectif passait au-dessous de 1 durant la dernière semaine d’aout pour les Pays de la Loire. Confirmant le reflux de l’épidémie.

Le Reff est à 0,77 le 6 septembre 2021.

Elle a été concomitante de l’accroissement très important du nombre de personnes vaccinées. (graphique 1)

Graphique 1 : évolution du taux d’incidence pour 100 000 habitants Pays de la Loire, Source SIDEP.

En effet, en France métropolitaine, les 30 millions d’adultes vaccinés en juin ont achevé leur schéma vaccinal complet au moment des brassage d’été.

A l’entrée de l’été 70% de la population de plus de 18 ans avait fait sa première injection. Au 1er septembre, 72% des jeunes de 12 à 17 ans avaient déjà fait leur première dose. (Voir graphique 2 des courbes de couverture vaccinale première dose par groupes d’âge)

Graphique 2 : évolution par tranche d’âge du pourcentage de population ayant réalisé une première dose de vaccin (population vac
Graphique 3 : couvertures vaccinales (première dose, vaccination complète) par tranche d’âge de population, Pays de la Loire au

Et la moindre incidence des plus de 50 ans, mieux vaccinés a été plus marquée durant cette vague que durant les précédentes.

Témoignant du rôle probable de la vaccination sur cette évolution favorable.

Un impact sur le système de soin resté sous contrôle.

Sans surprise, l’impact sur le système de soin a commencé à se faire sentir trois semaines après le début de croissance du taux d’incidence.

Le taux d’occupation des lits en réanimation par des patients covid a augmenté et il a atteint les seuil d’alerte de 30% à la dernière semaine d’aout avec une cinquantaine de lits occupés par des patients covid. Mais ne l’a pas dépassé. Et décroît désormais. (Graphique 4).

Graphique 4 : nombre de lits de réanimation occupés et taux d’occupation des lits de réanimation par des malades covid+ en Pays

Pour mémoire, en novembre 2020 et en avril 2021 il avait atteint 90% et plus de 160 lits occupés !

En établissements médico-sociaux, dont les EHPAD, un nombre accru de cluster est apparu, puis leur nombre décroit progressivement.

Le taux de vaccination est extrêmement élevé dans les EHPAD, proche de 100%. Mais on sait que la vaccination n’a pas un taux d’efficacité de 100% et que le grand âge est un facteur de diminution d’efficacité des vaccins.

Sans surprise, les investigations des clusters montrent que l’introduction du virus est externe. Probablement par l’intermédiaires de visiteurs et/ou de personnels, probablement lié à un relâchement des mesures barrières.

Mais à la grande différence des vagues précédentes de 2020, la mortalité et les formes graves y sont devenues rares.

Les contaminations en dépit de la vaccination, plus fréquentes chez les personnes très âgées que chez les plus jeunes est probablement à mettre sur le compte d’un possible déclin de l’immunité vaccinale avec l’âge.

Ces personnes ont été les premières vaccinées, il y a 6 à 8 mois.

Or, la poussée épidémique que connait aujourd’hui Israël, dont la vaccination a été la plus précoce et la couverture un temps la plus importante au monde, semble à mettre sur le compte d’un déclin de l’immunité vaccinale au-delà de 6 mois.

C’est ce qui justifie aujourd’hui la proposition d’un rappel de vaccination aux personnes de plus de 65 ans au moins 6 mois après leur dernière injection.

Même si cette proposition, partagée d’ailleurs avec d’autres pays européens fait débat dans les instances internationales qui considèrent plus urgent de vacciner la population mondiale avant de proposer des rappels dont beaucoup ne sont peut-être pas indispensables. En tout cas s’il s’agit d’avoir un impact sur la transmission.

Quelles leçons pouvons-nous tirer de cet épisode épidémique qui semble refluer à ce jour, même si les nouveaux brassages de la rentrée avec la reprise de l’école, des activités d’intérieurs et des collectifs de travail pourraient ranimer les « braises encore chaudes » de cette vague encore récente, soufflant le chaud et le froid !

D’une part très logiquement, grâce à la vaccination ciblée d’abord sur les personnes les plus âgées et/ou présentant des comorbidités à risque, et/ou en situation de précarité, la covid devient progressivement une épidémie des populations plus jeunes.

Comme les populations de moins de 60 ans sont moins à risque de présenter des formes graves, la pression sur le système de soins est logiquement moindre.

Cependant, comme le virus circule désormais surtout au sein des classes d’âges actives, plus nombreuses, qui ont des interactions sociales importantes, le nombre de personnes susceptibles d’être infecté reste important.

Or des pourcentages faibles de formes compliquées peuvent se traduire par des nombres importants de personnes atteintes de formes graves si la population touchée est importante.

Menaçant alors le système de soins et la santé de la population.

C’est ce que l’on redoutait au début de l’été avec la poussée de variant delta.

Et compte tenu de l’expérience des pays touchés avant nous par ce virus, cela a justifié l’intensification massive de la campagne de vaccination, durant l’été et la mise en place de l’incitant fort à se vacciner que représente le pass covid.

En effet le risque de devoir reconfiner en cas de quatrième vague au variant delta était réel compte tenu de sa contagiosité accrue. Nous l’avons montré plus haut.

Le pass évite un confinement qui s’imposerait à tous.

Il met en œuvre une forme de confinement qui s’applique aux personnes qui font le choix de ne pas se vacciner ni de se soumettre à des tests itératifs, et s’applique dans certaines circonstances ou espaces à plus haut risque de transmission, pour protéger les plus vulnérables même vaccinés.

Il permet aux personnes vaccinées ou qui acceptent de se tester de ne pas devoir subir de confinement généralisé.

Il laisse la possibilité de décider de se vacciner ou non au prix de contraintes certes fortes mais choisies.

L’alternative eut été l’obligation vaccinale. Certes plus à même de permettre d’atteindre une couverture vaccinale auprès des populations socialement moins favorisées, dans une logique d’universalisme proportionné.

Mais son acceptabilité eut été probablement moindre alors que le temps était compté face au variant delta.

La situation dramatique des Antilles est là pour le rappeler.

Les taux de vaccination commencent à devenir important et sont une aide précieuse pour maitriser les vagues de covid.

Mais nous l’avons vu, la vaccination ne suffit pas à elle seule, à ce niveau de couverture, à éliminer le virus.

Trois axes stratégiques et une vigilance s’imposent alors que la rentrée vient de s’effectuer.

Tout d’abord, poursuivre la vaccination des personnes à risques et les personnes de plus de 80 ans encore non vaccinées qui sont difficiles à atteindre, en déployant une stratégie « d’aller-vers ».

Elles sont les plus menacées par le covid aujourd’hui.

Ensuite, achever la plus rapidement possible la vaccination des jeunes d’abord pour les protéger du covid et des conséquences des ruptures de scolarité et de socialisation, pour atteindre un taux de couverture vaccinale de la population générale qui permette d’approcher des 90%.

L’épidémie se transforme. Les jeunes sont désormais les plus concernés par l’épidémie. Les risques de la vaccination sont sans commune mesure, beaucoup moins importants, que ceux de la covid elle-même. D’autant plus si on prend en compte les conséquences des mesures de contrôle comme le confinement, les fermetures de classes ou les cours en distanciel. Surtout pour les catégories sociales les moins favorisées.

Enfin protéger du risque lié à la baisse d’immunité des plus fragiles par la mise en œuvre progressive du rappel pour les personnes de plus de 65 ans vaccinés depuis plus de 6 mois.

Une vigilance particulière s’impose avec la rentrée.

Même si les enfants ne se contaminent pas plus que les adultes, le virus circule également parmi eux, d’autant plus que le variant delta est très contagieux.

Certes l’école est un milieu éducatif encadré propice à la mise en œuvre efficace de mesures de prévention.

Elles existent : aération, limitation des brassages, port du masque, lavage des mains, vigilance au moment des repas…

Mais la reprise de l’école est aussi source de reprise de multiples activités et de multiples occasions de brassages en dehors même de l’école, et donc pas toujours dans les mêmes conditions de maitrise des gestes barrière.

Les collectifs de travail des adultes actifs vont également reprendre

Et la fin des beaux jours va réactiver les risques de transmission par aérosols en intérieur.

Nous ne savons pas si la quatrième vague a dit son dernier mot ou si elle va reprendre de la vigueur avec la rentrée.

La vigilance reste donc de mise.

Et après ? quel avenir ?

Il nous faudra continuer à surveiller si de nouveaux variants plus contagieux n’apparaissent pas et surtout s’ils n‘échappent pas à l’efficacité des vaccins.

Le variant « mu » identifié en Colombie et en Equateur classé variant « à suivre » par l’OMS a été identifié en France et en Europe. Mais de façon épisodique et transitoire. Il ne semble pas réussir à s’imposer face au variant delta.

Il est trop tôt pour savoir s’il fait courir un danger de reprise épidémique au-delà des territoires où il est actif. C’est pourquoi il est surveillé de près.

Mais rien n’indique aujourd’hui qu’il va se répandre, à l’instar des précédents variants qui se sont imposés.

Ceci nous rappelle encore une fois la dimension internationale de cette « pandémie », « Par définition ».

En effet, tant que la vaccination mondiale n’est pas significative, nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle poussée de variants capables de nous « secouer » encore.

La vaccination large de la population pourrait raccourcir de façon très importante la dizaine d’années qu’il faut à une pandémie pour devenir une endémie bénigne.

La covid 19 deviendrait alors une maladie dont on acquière les anticorps protecteurs dans l’enfance, protégé alors des formes graves à l’âge adulte, sauf situation particulière.

Il n’est pas impossible, en effet, que ce coronavirus entre dans le rang des quatre autres coronavirus qui l’ont précédé et circulent aujourd’hui sans poser de problèmes.

Si le risque de forme graves persiste, il n’est pas impossible qu’il faille envisager d’organiser une vaccination régulière, comme pour la grippe, pour toute ou partie de la population.

Nous n’en sommes pas là.

Seul l’avenir le dira.

La vaccination, un atout et une chance pour retrouver une vie sociale normale.

Aujourd’hui nous avons la chance de disposer de vaccin d’une efficacité qui dépasse les attentes initiales.

Avec un recul jamais égalé.

En effet, dans toute l’histoire des vaccins, aucun effet secondaire démontré n’est apparu au-delà de quelques mois après la vaccination (ce sont plusieurs dizaines d’années pour certains risques environnementaux (amiante), c’est plusieurs années parfois pour des effets indésirables liés aux médicaments, (médiator par exemple).

Or nous avons un recul de plusieurs mois portant sur trois à quatre milliard de personnes vaccinées sous une surveillance accrue par l’attention mondiale portée à ce virus et ces vaccins. Jamais nous n’avons eu un tel recul aussi rapidement pour un vaccin.

Certes des effets secondaires graves sont survenus, dramatiques évidemment pour les personnes concernées. Mais ils sont effectivement apparus très tôt. Même très rares, ils ont été très vite identifiés et des mesures de prévention ou d’éviction efficaces ont été mises en œuvre.

L’évolution de cette quatrième vague dans le monde ces derniers mois est venu confirmer à quel point la vaccination vient renforcer, même si elle ne suffit pas à elle seule, notre arsenal pour retrouver une vie d’interactions sociales « normales ».

Ensemble, saisissons cette chance.

En solidarité.



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