Poétique et politique des écritures hybrides en scène – Fabula - THIESACTU

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mardi 5 octobre 2021

Poétique et politique des écritures hybrides en scène – Fabula

Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle et Théâtre de l’Aquarium – Cartoucherie de Vincennes

Colloque du Groupe de Recherche sur la poétique de la scène contemporaine (IRET),
en partenariat avec le théâtre de l’Aquarium,
la théâtrothèque Gaston Baty
et les revues Registres et Frictions, Théâtres / Écritures.
Responsabilité scientifique : Pierre Longuenesse

Vendredi et samedi 15-16 octobre 2021 à la Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle et au Théâtre de l’Aquarium  – Cartoucherie de Vincennes

Dans le domaine des sciences « dures », et de la biologie en particulier, l’hybridité se définit par le croisement de deux espèces ou deux genres différents, pour provoquer la naissance de spécimens réunissant, à un degré plus ou moins marqué, des caractères spécifiques des deux parents. Déplacé dans le champ des humanités littéraires et artistiques, le concept désigne des formes marquées par le croisement des genres, des discours, des disciplines, des cultures, croisement tel qu’il génère des œuvres qui dépassent la simple coexistence de caractères issus de sources hétérogènes.

Comment les sciences humaines, et en particulier les études théâtrales, permettent-elles de penser l’hybridité « autrement » ? Nombreux sont les travaux sur l’hybridité en littérature et en théorie esthétique. Dans le domaine des arts de la scène, depuis plus de deux décennies l’hétérogénéité des formes est également interrogée, entre écritures textuelles et écritures « de plateau » – terme qui mérite d’être lui-même discuté. Pour être pertinente, la recherche d’aujourd’hui se donnera pour but d’explorer ces formes sous l’angle de l’articulation entre poétique et politique : en l’occurrence, d’en déceler à chaque fois les enjeux, voire les « impensés », esthétiques et idéologiques – ce denier terme étant pris au sens très général de « système symbolique de représentations » (Foucault 1978 et 2014, Althusser 1976, Macherey 2014). On proposera ainsi plusieurs axes de réflexion, aux intersections multiples, qui aideront à débusquer ces « mythes et idéologies » attachés aux différents usages du terme « hybride » : les dispositifs énonciatifs et l’organisation de la parole ; le paradigme figure/figuration/représentation/présentation ; la nature de la relation entre les éléments hétérogènes du texte ou de la représentation ; ou encore la place du lecteur/spectateur dans le dispositif artistique.

Ce colloque, à la suite de la journée d’étude du 11 juin 2021 au théâtre de l’Aquarium, clôt un cycle de séminaires qui s’est déroulé durant toute l’année 2020-2021.

Programme

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VENDREDI 15 OCTOBRE  – MAISON DE LA RECHERCHE (Paris 5e) –  Salle Athéna

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En bimodal (visio + présentiel) – Jauge limitée à 50 personnes

 

MATINÉE

9h – Accueil

9h30 – Mot d’accueil et Introduction du colloque – P. Longuenesse, PR, études théâtrales, IRET/SN


Approches historiques et théoriques

10h – Jean De Guardia, PR, études théâtrales, IRET / Sorbonne Nouvelle
La théorie classique du théâtre et le fantasme de l’homogénéité.

En s’appuyant sur quelques textes théoriques, cette communication s’attachera à réfléchir  sur la question de savoir si les théoriciens du XVIIe ont vraiment – comme le dit leur réputation – un fantasme d’homogénéité, d’anti-hybridité : y a-t-il vraiment une haine des “ornements” (musique, danse) dans la théorie classique ? Et y a-t-il vraiment une haine de la diegesis didascalique ?

Jean de Guardia est professeur en études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle, spécialiste de littérature française et dramaturgie classique du XVIIe s. Il a publié de nombreux ouvrages et articles, dont, en particulier, Poétique de Molière, comédie et répétition (Genève, Droz, 2007) et Logique du genre dramatique (Genève, Droz, 2018). 

10h30 – Caroline Masini, doctorante en études théâtrales, IRET / Sorbonne Nouvelle
Le geste et l’effort d’agencement dans le théâtre contemporain : pour une politique du passage à la scène.

On étudiera dans cette communication, à travers une relecture historicisée du muthos aristotélicien le devenir contemporain des notions d’étendue, de totalité ou encore d’unité au contact des dramaturgies contemporaines du montage. Ce qui semble aujourd’hui fragmenté a-t-il jamais été unifié ? Quelle idéologie esthétique et politique sous-tend le modèle de « totalité ordonnée » que l’on cherche à prêter au drame, dont on célèbre soit la mort définitive soit le retour espéré ou annoncé ?  

Caroline Masini est dramaturge et achève actuellement une Thèse de doctorat sous la direction de Joseph Danan au sein de l’Institut d’Etudes Théâtrales de l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, intitulée : Politique de la fable contemporaine : du besoin de réel à la nécessité de fiction.


10h55 –
Discussion et pause


S
cènes hybrides : théâtre, danse, scénographie, cinéma (1)

11h15 – Pierre Lesquelen, doctorant en études théâtrales, IRET/ Sorbonne Nouvelle
Julia de Christiane Jatahy : esthétique et politique de « l’entre »

Julia est l’un des spectacles majeurs de ces dix dernières années. Pas tellement pour sa transposition féministe du drame de Strindberg dans le Brésil contemporain, mais pour la friction audacieuse qu’il inaugure entre théâtre et cinéma. Mais le processus d’hybridation ne s’arrête pas là : Julia se met en scène elle-même comme une rencontre toujours impure entre une œuvre du répertoire et un contexte contemporain, entre un objet textuel et une parole vivante. Par la multiplicité des langues également (le portugais et le français) Jatahy problématise ainsi le protocole d’actualisation, offrant une œuvre passionnante dont nous essaierons de comprendre les enjeux esthétiques et politiques.

Agrégé de lettres Modernes, doctorant contractuel puis aujourd’hui Ater en études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle, Pierre Lesquelen prépare une thèse intitulée Les résurgences symbolistes dans la dramaturgie contemporaine (depuis 1990), sous la direction d’Arnaud Rykner. 

11h40 – Élise Van Haesebroeck, MCF, Arts du spectacle, UT2J, Toulouse 
Les Inconsolés d’Alain Buffard, un espace dialogique entre Le Roi des Aulnes de Goethe et l’Annabella de John Ford

 Les Inconsolés est une pièce chorégraphique créée en 2005 par Alain Buffard, affilié à plusieurs courants de la danse contemporaine tels que la danse plasticienne, la danse performative et la non-danse, et l’un des chorégraphes les plus politiques de sa génération. Notre hypothèse est que dans cette pièce l’hybridité est un critère de politicité, en fasant dialoguer la danse, le théâtre d’ombres, l’installation et la poésie.

Élise Van Haesebroeck est  maîtresse de conférences en études théâtrales à l’Université Toulouse Jean-Jaurès.  Responsable du Master en recherche création Écriture Dramatique et Création Scénique, elle a dirigé en 2019-2020 le Centre d’Initiatives Artistiques du Mirail. Dans le cadre de sa préparation de son HDR – accompagnée par Pierre Longuenesse –, ses travaux portent sur les enjeux esthétiques et politiques du trash sur les scènes contemporaines.Elle a publié Identité(s) et territoire du théâtre politique contemporain. Claude Régy, le Théâtre du Radeau, le Groupe Merci : un théâtre apolitiquement politique. (L’Harmattan, 2011) et Le théâtre de Claude Régy. L’eros d’une voix sans bouche  (L’Harmattan, 2016).

12h05 – Mariana Camargo, doctorante en études théâtrales, IRET / Sorbonne Nouvelle
Antoine et Cléopâtre, de Tiago Rodrigues : écriture des corps et de la parole.

Tiago Rodrigues présente au Festival d’Avignon 2015 sa version d’Antoine et Cléopâtre : ni l’espace dramatique ni la fable n’y sont pas représentés, mais racontés à la troisième personne. Parallèlement, dans le lieu scénique – investi par la présence distanciée de deux danseurs performers en jeans et tee-shirts –, les corps racontent et touchent la virtualité du double de l’autre, le personnage de l’autre, sans jamais se toucher entre eux. La communication s’attachera ainsi à analyser le croisement entre narration et représentation, ainsi que le traitement des personnages, fruit d’un équilibre entre incarnation et distanciation par le moyen du corps dansant.

Doctorante en études théâtrales et chargée de cours à l’IET de la Sorbonne-Nouvelle, Mariana Camargo termine une thèse intitulée Le geste dansé sur la scène théâtrale contemporaine : Robert Wilson, Romeo Castellucci et Tiago Rodrigues, sous la direction de Joseph Danan. 

12h30 – Discussion

12h45 –  DÉJEUNER – Buffet pour les participants

 

APRÈS-MIDI

Écritures et scènes

14h15 – Alexandra Moreira Da Silva, MCF, études théâtrales, IRET/ Sorbonne Nouvelle
Du texte à la scène : le chantier de traduction théâtrale

Se situant au croisement des langues, des cultures voire des métiers, le traducteur de théâtre se meut dans un espace-frontière nécessairement hybride et pluriel. Dans cette communication, il s’agira d’interroger les enjeux de ce territoire mouvant, entre le texte et la scène, qu’est le chantier de traduction théâtrale.

Alexandra Moreira da Silva est MCF en études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle, membre du Groupe de Recherche sur la Poétique de la scène contemporaine et de l’Institut de Littérature comparée Margarida Losa. Dramaturge et traductrice, elle a collaboré à différents projets de théâtre au Portugal, en Espagne et en France. Ses recherches portent sur les écritures et les esthétiques scéniques contemporaines, la dramaturgie et la traduction théâtrale. Elle dirige la collection de textes contemporains « Domaine étranger » chez Les Solitaires Intempestifs.

 

14h40 –  Romain Bionda, docteur ès Lettres, Université de Lausanne
Les avenirs du drame de l’hybridation : « Mais soudain, un tout petit garçon passe sur le chemin. […] Il passe sur un vaisseau spatial. » (Marion Aubert, Les Aventures de Nathalie Nicole Nicole)

Il s’agira dans cette communication d’évoquer, à partir de textes pour la scène de Marion Aubert et de sa notion « d’Enfant pratique », et en s’appuyant sur les réflexions de J.-P. Sarrazac dans L’Avenir du drame, certains types d’hybridité formelle à l’œuvre dans le théâtre contemporain, et dans certaines œuvres  théâtrales d’anticipation.

Romain Bionda est docteur ès Lettres de l’Université de Lausanne, avec une thèse intitulée Manières de lire les textes dramatiques : métacritique, historiographie, théorie (XIXe-XXIe siècles). Il a (co)dirigé plusieurs numéros de revue sur Les Conditions du théâtre (2017), La Mort de l’auteur (2019), Les Études théâtrales à l’intersection des disciplines (2020) et Le Théâtre de science-fiction (2021). Il est membre associé du Groupe de Recherche sur la Poétique de la Scène Contemporaine au sein de l’IRET.

15h05 – Enzo Giacomazzi, doctorant en esthétique et pratique des arts, UQAM-Montréal / Sorbonne Nouvelle
Le dossier de l’hydroélectricité québécoise sur scène : une esthétique documentaire au service d’une mise en abime d’un processus artistique.

Avec J’aime Hydro (2016), Christine Beaulieu, sur le modèle du théâtre documentaire, propose une enquête citoyenne sur la société d’hydroélectricité d’État Hydro-Québec. Tantôt manifeste, tantôt récit, l’écriture porte et rapporte les paroles des dirigeants politiques de l’entreprise, du gouvernement, et des citoyens. Parce que sur scène différentes temporalités se confondent, où commence et finit la représentation ? Comment la réception du spectateur joue-t-elle un rôle dans l’élaboration du spectacle et ne sommes-nous pas en réalité présents en tant que citoyens plus tôt qu’en tant de spectateurs ?

Enzo Giacomazzi est doctorant en études et pratiques des arts à l’université du Québec à Montréal, en cotutelle avec l’université Sorbonne Nouvelle Paris 3. Co-dirigé par Jean-François Côté et Pierre Longuenesse, son travail de recherche s’articule autour de la question de la marche au service d’une nouvelle interprétation de l’œuvre de Wajdi Mouawad. Membre du Groupe de Recherche Interdisciplinaire en Arts Vivants, il est également collaborateur pour JEU Revue de théâtre.

15h30 –  Discussion et pause

16h-17h30 – Rencontre avec  les écrivains Michel Simonot, Philippe Malone et (sous réserve) Claudine Galéa, en partenariat avec la Théâtrothèque Gaston Baty et les revues Registres et Frictions, théâtre-écritures, autour de leurs derniers ouvrages publiés chez Espaces 34, dans la nouvelle collection « Hors Cadre. Rencontre animée par Pierre Longuenesse, Jean-Pierre Han et Céline Hersant.
Hybridité des formes et question de la représentation

Fiction ou réalité ? Théâtre récit ou théâtre poème ? Face à l’actualité, à la mémoire ou à l’histoire, que peut et fait l’écriture théâtrale, ou destinée à la scène ? Un moment de dialogue avec des écrivains qui se saisissent, poétiquement et politiquement, de la société et du monde d’aujourd’hui, et sont en même temps conscients des pièges possibles de la représentation.


17h30 –
cocktail

Soirée – Dîner du colloque

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SAMEDI 16 OCTOBRE – CARTOUCHERIE DE VINCENNES – THÉÂTRE DE L’AQUARIUM – Petite Salle

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En présentiel


MATINÉE

10h – Accueil

Scènes hybrides et dialogue interartistique : théâtre, danse, scénographie, cinéma (2)

10h30 – Céline-Marie Hervé, docteure en études théâtrale, IRET / Sorbonne Nouvelle
Gratte-théâtre : subversion par l’hybridation et démangeaisons scénographiques

Fin 2018, un extrait de Femmes de méninges (de Clémentine Cluzeaud et Bérénice Guénée), est présenté à l’Espace Chapiteaux de La Villette. Cette forme hybride, créée par deux scénographes et traitant des femmes artistes, oscille entre conférence, théâtre classique, théâtre d’objet, installation, manipulation marionnettique… L’objectif revendiqué – « [d]écaler le réel en y mêlant la fiction pour troubler et interroger le spectateur » –, trouve sa réalisation dans les trous ménagés par l’hétérogénéïté de la forme.

Après un DNSEP de pratique scénographique préparé à l’École Supérieure des Arts-Décoratifs de Strasbourg (2010), Céline-Marie Hervé soutient en 2018 sa thèse en études théâtrales et scénographie, préparée sous la direction de Catherine Naugrette. Elle a publié plusieurs articles, entre autres sur l’écriture théâtrale scénographique du drame (Les Nouveaux matériaux du théâtre, PSN, 2018), ou sur le rapport du dispositif photographique à la scénographie chez Beckett, pour La Photographie au théâtre – XIXe-XXe s. (dir. B. Joinnnault, Septentrion).

10h55 – Ervina Kotolloshi, docteure en études théâtrales, IRET / Sorbonne Nouvelle
La présence d’une caméra-miroir, l’image de soi en tant que partenaire dialogique

Dans la représentation _jeanne_dark_ de Marion Siéfert, une comédienne joue sur scène et en même temps sur Instagram en live. Face à la caméra-miroir qui lui tend le téléphone portable, elle se raconte, danse, filme, se métamorphose, s’adresse aux publics en ligne. La présence du téléphone portable introduit sur scène un dialogue disproportionné entre l’ici et ailleurs. Ainsi, l’hétérogénéité des formes (dramatique et épique), des dispositifs (scénique et numérique), des regards (présence en chair et en os et cadrage de l’image), des publics (en ligne et dans la salle) propose un regard distancé sur les usages quotidiens du numérique.

Ervina Kotolloshi, chargée d’enseignement à l’IET, a soutenu en 2020 une thèse intitulée Les représentations des usages des réseaux socio-numériques dans les mises en scène contemporaines, sous la direction de Daniel Urrutiaguer.

11h20 – Marion Boudier, MCF, arts du spectacle, Université Picardie-Jules Verne, Amiens
Joël Pommerat, Guillermo Pisani,  Joris Lacoste : l’hybridité des formes comme lieu de rencontre avec l’autre

En s’appuyant sur l’analyse de trois créations (Contes et légendes, Là tu me vois et Jukebox), il s’agira de montrer comment la diversité des formes énonciatives, autant que des canaux même de communication (du réel au virtuel, de l’image au texte), peut être source de mise en scène de l’altérité, et de création d’une structure dialogique aussi bien à l’intérieur des propositions scéniques que dans la relation à leurs publics.

Membre junior  de l’IUF depuis 2021, MCF en arts du spectacle à l’Université Picardie Jules Verne (Amiens), Marion Boudier est également depuis 2013 dramaturge de Joël Pommerat pour des créations au théâtre et à l’opéra. Elle est l’auteure de plusieurs articles et livres sur le théâtre contemporain. Ses recherches portent sur les écritures contemporaines, la dramaturgie, les processus de création, l’acteur et le document, les liens entre art, pédagogie et recherche.

11h45 – Discussion et pause


12h –
Corentin Jan, doctorant, études germaniques, Sorbonne Nouvelle 
Personnages hybrides sur les scènes allemandes contemporaines : jeu, arts plastiques et hétérogénéité des matériaux chez Susanne Kennedy et Ersan Mondtag

Dès la parution des thèses de Hans-Thies Lehmann, les scènes allemandes ont été prises pour exemples de l’émergence d’un théâtre postdramatique qui joue avec le mélange de matériaux hétérogènes ou la complexité des signes théâtraux. Nous nous intéresserons à deux artistes – Susanne Kennedy et Ersan Mondtag –, qui déstabilisent dans leur recherche plastique les formes de jeu et les routines dramaturgiques du théâtre allemand. Dans les deux cas, le travail de création fait émerger des personnages hybrides, dont l’humanité semble se troubler et muter vers d’autres identités. Il s’agira d’observer plus précisément si l’hétérogénéité des matériaux participe effectivement d’une catégorie nouvelle de « théâtre total », ainsi que les critiques germanophones qualifient l’esthétique des deux artistes, ou bien si ces derniers travaillent à renouveler les formes de distanciation théâtrale en inquiétant le jeu traditionnel sur les scènes allemandes institutionnelles par des détours plastiques.

Agrégé d’allemand, Corentin Jan est doctorant en études germaniques et théâtrales à la Sorbonne Nouvelle et à la Ludwig-Maximilian-Universität de Munich. Sous la direction de Florence Baillet et Christopher Balme, ses recherches portent sur les controverses esthétiques et institutionnelles du théâtre allemand contemporain. Parallèlement, il mène une activité de traducteur et de dramaturge.

12h25 – Georgia Kanellopoulou, doctorante en études théâtrales, IRET / Sorbonne Nouvelle
La Petite dans la forêt profonde de Philippe Minyana, mis en scène par Pantelis Dentakis : l’effet boomerang de l’hybridité

Récit tiré du mythe sanglant grec de Procné et Philomèle, raconté dans les Métamorphoses d’Ovide et adapté par Philippe Minyana en 2008, La Petite dans la forêt profonde est un texte qui alterne entre narration et action théâtrale. Dans sa mise en scène au Festival d’Avignon de 2021, Pantelis Dentakis, en utilisant plusieurs dispositifs énonciatifs (acteurs, micro-sculptures, deux écrans, musique), fait de la pièce un spectacle multidisciplinaire, voire “indisciplinaire”. Dans cette communication, il s’agira, donc de montrer comment l’hybridité double (textuelle et scénique) réussit à créer une ambiance d’horreur qui implique le spectateur plutôt que le distrait. À travers le dialogue entre plusieurs formes d’art, le conte fantastique ouvre vers un dialogue du spectateur avec la part d’ombre de ses propres fantasmes.

Le champ de recherche de Georgia Kanellopoulou porte sur la maladie incurable dans le drame contemporain (notamment français et grec). Elle est doctorante en études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (en cotutelle avec l’Université Aristote de Thessalonique), sous la direction d’Arnaud Rykner, tout en poursuivant une carrière de médecin dermatologue-vénéréologue en Grèce.

12h50 – Discussion

13h15 – DÉJEUNER – Buffet pour les participants

APRÈS-MIDI

14h45 – Emeline Jouve, PR en études américaines, UT2J, Toulouse
La nouvelle avant-garde théâtrale étasunienne ou le principe de monstruosité

L’hybridité est constitutive de la monstruosité : le monstre est en effet un être hybride, duel, résultant de l’union entre deux entités apparemment incompatibles ; son identité est singulière puisque les géniteurs donnent naissance à une identité tierce. Comme nous le verrons, la monstruosité est un concept opérant pour rendre compte du positionnement de la nouvelle avant-garde théâtrale américaine du nord, du point de vue du fond et de la forme.

Entre théâtre et musique : approches poétiques et politiques

15h10 – Raphaëlle Tchamitchian, docteure en études théâtrales, IRET / Sorbonne Nouvelle
Dramaturgie / jazz, une hybridité fondatrice du théâtre de Suzan-Lori Parks

Le rapport à la Black music a été déterminant pour quantité d’auteurs dramatiques africains-américains : de James Baldwin à August Wilson en passant par Notzake Shange, tous ont prêté allégeance à la musique, forme paradigmatique de la mise en voix de l’expérience noire. Cette communication propose d’explorer la relation intermédiale entre dramaturgie et jazz dans le contexte de la génération post-black de la fin des années 1980 jusqu’à aujourd’hui, dans le but de mettre au jour l’indissociabilité du politique et du poétique dans ces dramaturgies. L’exemple proposé est celui de Suzan-Lori Parks (1963), autrice célèbre aux États-Unis mais inconnue en France. La communication s’attardera notamment sur la manière dont Parks renouvelle le langage (invention de vocabulaire, détournement de l’orthographe, poétisation de la langue) en lien avec le modèle musical.

Raphaëlle Tchamitchian est docteure en Études Théâtrales de l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, avec une thèse intitulée Dramaturgie / jazz. Le théâtre de Suzan-Lori Parks : poétique et expérience créatrice, sous la co-direction de Sylvie Chalaye (Sorbonne Nouvelle) et de Brent Hayes Edwards (Columbia University). Elle a enseigné en tant qu’ATER en Études Théâtrales à la Sorbonne Nouvelle.

15h35 – Discussion

15h45 – Romain Fohr, MCF, études théâtrales, IRET / Sorbonne Nouvelle
Hybridité poétique et métaphysique des créations de Josse De Pauw

LOD Muziektheater interroge les liens entre théâtre, musique, lumière et scénographie dans une approche poétique. Tous les médias scéniques ré-interrogent nos appréhensions de spectateurs et nous plongent dans les non-dits, le sensible, l’inénarrable, l’intraduisible.  

Romain Fohr est MCF à l’IET de la Sorbonne Nouvelle. Écrivain, comédien, scénographe et metteur en scène, il travaille en France (Comédie-Française, Athénée, Centre Dramatique et opéra nationaux de Bordeaux) ainsi qu’à l’étranger en partenariat avec l’Institut Français. Spécialiste de la scénographie, il a publié Scénographie, 40 ans de création (avec Luc Boucris et J.F. Dusigne), Du décor à la scénographie. Anthologie commentée de textes sur l’espace scénique, La Scène circulaire aujourd’hui (avec G. Freixe) à L’Entretemps. 

16h10 – Marion Coste, docteure en littérature française, et Clara Roupie, doctorante en études théâtrales
L’hybridité artistique au service de la désacralisation opératique : Ubu, Opéra par la Péniche Opéra.

Ubu, Opéra est, en 2002, une création de Vincent Bouchot pour la compagnie Péniche Opéra, alors en résidence à l’Opéra-Comique. Nous essaierons de montrer comment, par l’hybridation musique/théâtre, le genre de l’opéra est désacralisé, dans une optique politique de démocratisation de l’art. 

Marion Coste est professeur agrégée de lettres modernes, et docteur ès lettres, actuellement PRAG à l’IUT de Neuville-sur-Oise. Elle est membre du laboratoire AGORA de l’université Cergy-Pontoise. Sa thèse (publiée aux PSN,  2017), sous la direction de Mireille Calle-Gruber (Sorbonne-Nouvelle – LM) et de Laure Schnapper (EHESS – musicologie), porte sur l’influence de la musique dans l’œuvre de Michel Butor. Elle a également publié « Votre Faust » de Butor ou la création en partage en 2019 aux Presses Universitaires de Franche-Comté, après avoir accompagné comme dramaturge la compagnie La Cage, créatrice du spectacle. 

Clara Roupie, doctorante contractuelle puis ATER à l’IET de la Sorbonne Nouvelle, termine actuellement sa thèse en études théâtrales sur la compagnie Péniche Opéra (1982-2015), sous la direction de Catherine Treilhou-Balaudé (IET / IRET), et la co-direction de Gilles Demonet (Institut de Recherches en Musicologie, Sorbonne).

16h35 – Discussion – mot de conclusion – Verre de l’amitié


17h30-19h –
Au théâtre de la Tempête – Rencontre avec l’équipe du spectacle Silencio, création bilingue français/portugaise, texte et mise en scène de Guilherme Gomes et Cédric Orain, Théâtre de la Tempête.  

Soirée – Représentation du spectacle à 20h30



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