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jeudi 31 mars 2022

Grande pharmacie dakaroise : Chronique d’une affaire sans fin

Aïcha Elizabeth Ngoundiam Mbodj contre Aminata Gassama. Ce sont deux pharmaciennes qui se disputent le même lieu pour servir d’officine de pharmacie. Une affaire qui implique aussi le ministre de la Santé, tutelle de la Direction de la pharmacie et du médicament, le Syndicat des pharmaciens privés, l’Institution prévoyance retraite (Ipres). Avec l’arbitrage de la Cour suprême. En tout, ça donne l’affaire de la « Grande pharmacie dakaroise » qui fait beaucoup de bruit.
Grande pharmacie dakaroise : Chronique d’une affaire sans fin
Pour comprendre davantage cette affaire dite de la « Grande pharmacie dakaroise », il faut remonter à l’Hôtel indépendance, sise à la Place de l’Indépendance et qui appartient à l’Ipres. Au rez-de-chaussée de l’immeuble, Aïcha Goundiam Mbodj avait loué un local qui abritait la « Grande pharmacie dakaroise ». Elle exploite donc cette officine de pharmacie sous l’autorisation du ministère de la Santé avec l’arrêté n°13159/MSP/DPH du 4 novembre 1981.

Seulement le 21 janvier 2015, l’Ipres, propriétaire de l’immeuble décide de procéder à des travaux de réfection. Alors, Mme Mbodj est prête à attendre le délai de 6 mois pour reprendre sa place. Elle prend les devants en saisissant le ministre de la Santé et de l’Action sociale d’une « demande d’autorisation de transfert provisoire de son officine en attendant la fin des travaux ». L’Ipres confirme cette réservation du local de 66, 02 mètres carrés par une lettre du 17 décembre 2018, pour un nouveau loyer fixé à 25 000 f le mètre carré, ce que Mme Mbodj a accepté par une lettre du 9 janvier 2019.

Exit Aïcha Ngoundiam, place à Aminata Gassama

Mais le ministre de la Santé a pris une autre option en mettant fin à la location de Aïcha Ngoundiam. « Est abrogé l’arrêté n°013159 du 4 novembre 1981 autorisant Mme Aïcha Elizabeth Ngoundiam à exploiter une officine de pharmacie dénommée ‘’Grande pharmacie dakaroise’’ », écrivait-il. Par conséquent, il a autorisé par arrêté n°000270/MSAS/DPM du 13 janvier 2021, à Aminata Gassama le transfert de l’officine de « Pharmacie Nation », sa pharmacie, de l’avenue Lamine Guèye, Angle Kleber, sur le site exploité par Aïcha Goundiam Mbodj.

Mais déjà, à travers un « Contrat de bail à usage professionnel » en date du 12 août 2020, l’Ipres a approuvé la location par la « Pharmacie Nation ». « Les lieux sont loués à usage professionnel et précisément pour servir de local commercial à la pharmacie de la nation appartenant à docteur Aminata Gassama Baldé », lit-on dans le document. Voilà qui a mis Mme Mbodj dans tous ses états. Elle décide alors de saisir la Cour suprême d’un recours en annulation. Dans son arrêt n°51 du 25 novembre 2021, la Cour suprême annule l’arrêté n°000270/MSAS/DGS/DPM du 13 janvier 2021 du ministre de la Santé et de l’Action sociale portant autorisation de transfert de l’officine de « Pharmacie La Nation » à l’Hôtel indépendance.

Aminata Gassama charge le syndicat, l’ordre…

Dans son mémorandum, après avoir souligné les tracasseries qu’elle a subies entre la Direction de la pharmacie et du médicament, l’ordre des pharmaciens et les syndicats des pharmaciens privés pour le transfert de la « Pharmacie de la Nation », y compris à Diamniadio. Et quand, en 2015, l’Ipres a racheté l’immeuble pour le démolir et le reconstruire, l’épouse d’Abdoulaye Baldé soutient avoir alors déposé son dossier à l’Ipres. « Je dépose (mon dossier) à l’Ipres, elle (Mme Mbodj) prend le journal et commence à m’insulter.

Elle dit qu’il y a une main puissante derrière l’Ipres », raconte-t-elle dans son mémorandum. C’est que beaucoup de gens estiment qu’elle a obtenu l’autorisation de transfert dans les locaux de la « Grande pharmacie dakaroise » au rez-de-chaussée de l’immeuble de la Place de l’indépendance parce qu’elle est l’épouse de Abdoulaye Baldé, un politique un temps proche du pouvoir.

Elle l’a réitéré dans son entretien avec Les Echos en jurant n’avoir « jamais utilisé (sa) parenté avec Macky Sall » pour obtenir quoi que ce soit. « Mon dossier remplit les critères : être de nationalité sénégalaise, titulaire du diplôme de pharmacien, avoir un contrat de bail, avoir un avis favorable de l’ordre des pharmaciens », dit-elle dans son mémorandum. Pour elle, le syndicat des pharmaciens privés, qui soutient Aïcha Ngoundiam Mbodj, est « disqualifié ».
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