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samedi 20 août 2022

Présidentielle de 2024 : Sonko, une candidature sous tension !

Candidat déclaré à la présidentielle de 2024, le leader de Pastef et maire de Ziguinchor (sud devra se préparer à un véritable parcours de combattant. En effet, devenu la principale cible du pouvoir en place après Karim Meissa Wade et Khalifa Ababacar Sall, Ousmane Sonko devra passer plusieurs obstacles dont la controversée affaire « Adji Sarr devenue en quelque sorte un serpent de mer pour qui la justice sénégalaise a du mal à dire le droit. S sudquotidien.sn
Présidentielle de 2024 : Sonko, une candidature sous tension !
Le maire de Ziguinchor (sud) et leader du parti Pastef cherche-t-il à couper l’herbe sous le pied de ses camarades de l’opposition en perspective de la présidentielle de 2024 ? Candidat malheureux classé troisième lors de l’élection présidentielle de 2019, Ousmane Sonko a officiellement annoncé au cours d’une conférence de presse tenue le jeudi 17 août dernier, sa décision de briguer à nouveau la magistrature suprême en 2024.

A travers cet acte de candidature, le président du parti Pastef et tête de liste nationale de la coalition Yewwi Askan wi qui n’a pas pu prendre part aux élections législatives du 31 juillet dernier à la suite de l’élimination de la liste des titulaires de cette dite coalition d’opposition, trace ainsi son chemin en direction de 2024. Dans la peau du leader de l’opposition depuis le ralliement du président du parti Rewmi, Idrissa Seck arrivé deuxième à l’issue de la présidentielle de 2019, Ousmane Sonko veut ainsi prendre de l’avance sur certains de ses camarades de l’opposition.

Cependant, il faut préciser que cette déclaration de candidature du maire de Ziguinchor est encore loin d’être un acquis. Et pour cause, devenue la principale cible du pouvoir en place à abattre par tous les moyens, le leader de Pastef fait aujourd’hui objet d’une surveillance très particulière de la part du régime en place.

D’ailleurs, la controversée affaire « Adji Sarr devenue en quelque sorte un serpent de mer pour qui la justice sénégalaise a du mal à dire le droit et dans lequel Sonko est accusé par cette employée d’un salon de massage de « viols répétitifs et menaces de mort avec arme » est toujours suspendu comme une épée de Damoclès sur sa tête.

Réactivée en début de l’année 2022 avant d’être à nouveau rangée dans les tiroirs du doyen des juges d’instruction, Oumar Maham Diallo, cette affaire semble être une grosse arme contre Sonko que le pouvoir en place n’est pas prêt d’abandonner. Et ce, malgré les risques qu’elle représente sur la sécurité publique mais aussi sur l’intégrité de l’Etat pour ne pas dire sur la survie du régime en place si on part du chaos évité de justesse grâce à l’intervention des hommes religieux à l’image du Khalife général des Mourides à la suite des violentes manifestations de jeunes dans toutes les régions provoquées par l’arrestation de Sonko en mars 2021.

Sonko face au piège qui a emporté Karim Meissa Wade et Khalifa Ababacar Sall

En déclarant sa candidature pour 2024, le leader de Pastef prend ainsi une petite avance sur certains de ses camarades de l’opposition dont Khalifa Ababacar Sall et Karim Wade.

Des responsables présentés alors comme de sérieux adversaires pouvant briser le rêve d’un second mandat pour l’actuel chef de l’Etat lors de la présidentielle de 2019 avant d’être écartés de la course par le biais de manœuvres politico-judiciaires du pouvoir en place et qui a abouti à leur condamnation judiciaire suivie de la déchéance de leur droit civil. Aujourd’hui, seule une loi d’amnistie votée par l’Assemblée nationale pourrait leur permettre de retrouver leur droit civique et d’être éligibles à nouveau.

S’exprimant sur les ententes de la Rfi et de France 24 en décembre 2021, le Président Macky Sall avait clairement exprimé sa position « favorable » à l’esprit d’une amnistie ou d’une réhabilitation » en faveur de Karim Meissa Wade et Khalifa Ababacar Sall. Seulement, depuis lors, aucune action n’a été faite dans ce sens.

Et pourtant, la concrétisation de cet esprit d’amnistie ou d’une réhabilitation au profit de Karim Meissa Wade et Khalifa Ababacar Sall aurait pu favoriser une redistribution des cartes au sein de l’opposition pour ne pas dire un émiettement des voix avec la formation de trois ou quatre coalitions autour de Sonko, Khalifa Sall, Karim Wade et même Malick Gakou. Un scénario qui serait beaucoup plus favorable au pouvoir comme lors des élections législatives de 2017.

Quand Macky Sall prend le contre-pied de Senghor, Diouf et Wade

Cette mise à l’écart de de Karim Meissa Wade et Khalifa Ababacar Sall et d’autres responsables politiques constitue une tâche noire dans l’histoire politique du Sénégal sous Macky Sall. En effet, de tous les quatre présidents qui se sont succédé à la tête du pouvoir exécutif, Macky Sall est certainement celui qui s’est le plus illustré dans des rapports hostiles avec ses opposants.

Entre 2012 et 2017, il a fait arrêter dans le cadre de sa politique de « réduction de l’opposition à sa plus simple expression la quasi-totalité des principaux responsables du Comité directeur du Parti démocratique sénégalais (Pds). En 2019, il a utilisé la justice pour écarter Karim Meissa Wade et Khalifa Ababacar Sall qui étaient présentés comme de adversaires sérieux qui pourraient compromettre sa réélection lors de la présidentielle de cette même année. Pour les autres candidats dont Malick Gackou, c’est par le biais du parrainage considéré comme anti démocratique par la Cour de justice de la Cedao qu’il a été recalé.

Aucun président de la République n’a fait pareil depuis l’indépendance du Sénégal. Le Président Sall est le seul chef de l’Etat à procéder à l’élimination de ses potentiels grâce à des manœuvres politico-judiciaires.

Durant ses vingt ans de règne, le poète président Léopold Sédar Senghor n’a jamais empêché l’un de ses adversaires responsables des trois autres courants politiques de concourir au suffrage des Sénégalais.

Le Président Abdou Diouf qui est arrivé au pouvoir à la suite de la démission du Président, Léopold Sédar Senghor s’est également gardé durant tout au long de ses vingt années passées à la tête du Sénégal d’empêcher son principal opposant d’alors, Me Abdoulaye Wade de participer à une élection.

Et pourtant, il est arrivé parfois que ce dernier, Me Wade, soit accusé des délits aussi graves que l’assassinat d’un juge membre du Conseil constitutionnel (affaire Me Babacar Seye) ou d’attentat à la sureté de l’Etat sans jamais que cela n’aboutisse à une condamnation judiciaire.

Élu président de la République en la faveur de la première alternance politique au Sénégal, le Président Wade s’est toujours gardé de franchir cette ligne rouge avec ses opposants et ce, même après les violentes manifestations de la journée du 23 juin 2011.
Sud Quotidien



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